Le pétrole chute, plombé par une offre élevée et la déprime des marchés

Le pétrole chute, plombé par une offre élevée et la déprime des marchés

Les cours du pétrole ont chuté mardi, entraînés non seulement par un accès général de déprime des marchés financiers, mais aussi par différents éléments laissant craindre une offre élevée de brut et d'essence.

Le cours du baril de référence (WTI) pour livraison en août a perdu 2,39 dollars à 46,60 dollars sur le New York Mercantile Exchange, au lendemain d'une séance de clôture aux Etats-Unis pour la fête nationale.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a reculé de 2,14 à 47,96 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE).

Aujourd'hui, l'environnement était de façon générale à l'aversion au risque à travers toutes les classes d'actifs, a résumé Bob Yawger, de Mizuho Securities.

Frappés par une résurgence des craintes liées à la victoire fin juin au Royaume-Uni des partisans d'une sortie de l'Union européenne (UE), les investisseurs quittent depuis le début de la semaine les Bourses et les marchés de matières premières au profit de valeurs refuges comme les obligations d'Etat.

Dans le même mouvement, le dollar se renforce et, selon la corrélation inversée avec les prix du brut, cela met sous pression les cours du pétrole, car ils sont libellés en monnaie américaine et en deviennent moins intéressants pour les investisseurs munis d'autres devises, a noté M. Yawger.

A ce contexte général défavorable venaient s'ajouter des actualités plus spécifiques au marché du pétrole et, dans l'ensemble, guère susceptibles d'inciter à l'optimisme concernant une résorption de la surabondance d'or noir dans le monde.

Le marché a de nouveau pris connaissance d'une hausse de la production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) en juin, après un rapport de Bloomberg selon lequel elle s'est accrue (...) à son plus haut niveau depuis janvier, a rapporté dans une note Tim Evans de Citi.

La hausse de la production de l'Opep menace de retarder le rééquilibrage du marché mondial, a-t-il prévenu. Tout au long du printemps, les cours avaient été soutenus par des problèmes de production chez plusieurs membres du cartel, dont la Libye, le Venezuela et, surtout, le Nigeria, premier exportateur africain.

Désormais, on assiste à une reprise de l'offre au Canada, non membre de l'Opep, et au Nigeria, a mis en avant John Kilduff, d'Again Capital.

Même si les sabotages perdurent dans le pays d'Afrique de l'Ouest, sa production semble se rétablir tout comme celle du Canada, premier fournisseur en pétrole des Etats-Unis, après de vastes incendies au printemps.

Quant à la Libye, l'annonce dimanche de la fusion des deux compagnies pétrolières nationales laisse présager à certains analystes à moyen terme une augmentation de la production.

Reste que (...) l'on risque de ne pas assister à court terme à une reprise conséquente de la production, puisque plusieurs oléoducs et gisements sont sous le contrôle de multiples factions et milices, a relativisé dans une note Matt Smith, de ClipperData.

Enfin, aux Etats-Unis, le niveau élevé des stocks d'essence déprimait les investisseurs et attisait leur attention à l'avant-veille de chiffres hebdomadaires officiels sur l'offre américaine de produits pétroliers.

En gros, il n'y a plus de place pour stocker de l'essence sur la côte Est, a conclu M. Yawger. Donc, cela ne sert à rien d'en fabriquer, ce qui est à la fois négatif pour les cours d'essence et de pétrole brut.

AFP

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