Deux ou trois choses qu'il faut savoir sur Mohamed Boudiaf

Deux ou trois choses qu'il faut savoir sur Mohamed Boudiaf

1. Mohamed Boudiaf, né à M'Sila le 23 juin 1919, a été assassiné le 29 juin 1992, au cours d'une conférence des cadres qu'il tenait dans la ville d'Annaba. Un sous-lieutenant du groupe d'intervention spécial (GIS), Lambarek Boumaarafi, jeta une grenade pour faire diversion et tira à bout portant sur le président le tuant sur le coup. La motivation de son assassinat est toujours sujette à controverse, entre la piste d’une action isolée commise par un militaire ayant des sympathies islamistes et celle d’un complot plus vaste impliquant des officiels et des généraux de l'armée. Une commission d’enquête instituée par le gouvernement algérien en été 1992, écarta la thèse de l’«action isolée» d’un officier de l’armée ayant agi par conviction islamiste.

2. Boudiaf venait de rentrer, six mois plus tôt, d'un long exil, sur initiative des chefs militaires algériens, au lendemain de la démission du président Chadli Bendjedid (au soir du 11 janvier),suite à la suspension des élections législatives qui avaient vu le FIS l'emporter. La démission de Chadli avait laissé un vide constitutionnel et l'armée dût créer un Haut Comité d’État, en charge provisoire des pouvoirs de chef de l'État. C'est ce HCE que Boudiaf avait présidé jusqu'à son assassinat.

3. Mohamed Boudiaf est une personnalité marquante de la révolution algérienne, un leader, ou le leader du déclenchement de la lutte armée en 1954, membre fondateur du Front de libération nationale (FLN), un des chefs de la guerre d'indépendance algérienne et membre du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), au poste de ministre d'État de 1958 à 1961 puis vice-président jusqu'en 1962, il entre en opposition contre les premiers régimes mis en place à l'indépendance de son pays. Le 20 septembre 1962, alors que le bureau politique constitue la première assemblée nationale algérienne, Mohamed Boudiaf fonde en opposition son propre parti, le Parti de la révolution socialiste (PRS). Le 23 juin 1963, il est arrêté sur le pont d'Hydra4, puis séquestré à Tsabit4 dans le sud algérien où il entame une grève de la faim avec ses compagnons de cellule. Il sera détenu avec 3 autres prisonniers dont Mohand Akli Benyounes4 durant plusieurs semaines avant d'être transféré vers Saida4, où il retrouvera Salah Boubnider en prison. Il réussit à faire passer une lettre à sa famille où il dénonce sa séquestration ; l'affaire est médiatisée4. Il est transféré une dernière fois près de Sidi Bel Abbes4. L'exil vers la Suisse lui est proposé mais il refuse. Il prend position contre la nouvelle constitution et la politique du régime. Condamné à mort en 1964 par le régime Ben Bella, il quitte l'Algérie et rejoint la France puis le Maroc. Il œuvre au sein de son parti, et anime à partir de 1972 entre la France et le Maroc plusieurs conférences où il expose son projet politique pour l'Algérie, et anime la revue El Jarida1. Son livre Où va l'Algérie, qui livre un témoignage lucide sur l'après-indépendance et la prise du pouvoir par les militaires4, résume ses propositions politiques. En 1979, après la mort de Houari Boumedienne, il dissout le PRS et va se consacrer à ses activités professionnelles en dirigeant à Kénitra au Maroc une briqueterie.

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Commentaires (2) | Réagir ?

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Atala Atlale

Ceux qui ont ramené cet grand homme et l'on ensuite trahi, paient aujourd'hui leur acte eux et ceux qui se sont tus devant l'imposture actuelle.

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klouzazna klouzazna

La vie de ces grands hommes est le symbole même de l'ultime sacrifice... leur vie est une bougie qui éclaire les autres tout en se consumant !!!