Ebranlés par l’assassinat de Jo Cox, des Britanniques appellent à l’annulation du référendum

L'assassinat de cette députée  a secoué plus d'une Britannique.
L'assassinat de cette députée a secoué plus d'une Britannique.

L’assassinat jeudi dernier de la députée travailliste pro-européenne Jo Cox, par un forcené affilié a un mouvement xénophobe porte-drapeaux de l’extrême-droite, a provoqué une onde de choc à travers tout le Royaume-Uni, au point où des voix se sont élevées pour appeler à l’annulation du référendum sur le maintien ou non du la Grande-Bretagne au sein de l’Union européenne, prévu jeudi prochain.

Une pétition ayant récolté les signatures de plus de 20.000 personnes en l’espace de quelques heures, circule depuis samedi matin. Il s’agit effectivement d’un texte en forme de déclaration, publiée sur le web site du parlement, soulignant clairement que l’assassinat de la députée Jo Cox est un meurtre motivé politiquement.

Ceci dit l’appel à l’arrêt d’une mascarade qui a transformé le pays en champ de bataille, intervient dans une atmosphère de consternation généralisée, dénonçant fortement la tournure qu’avait pris la campagne du référendum sur le Brexit, caractérisée par une violence inouï, soldée malheureusement par l’assassinat d’une femme politique, et une grande activiste pour les causes justes, qui s’était engagée vivement en faveur du maintien de son pays au sein de l’Union européenne. Le sentiment d’indignation des Britanniques a été incontestablement accentué par les propos tenus ce matin lors de la première comparution devant un tribunal londonien, de Thomas Mair, l’homme inculpé dans le meurtre de Jo Cox. Le mis en cause dans ce crime odieux a franchi un autre cap dans la provocation, en lançant justement devant les juges : «Mort aux traîtres, Royaume-Uni libre».

Pour l’heure, le gouvernement britannique qui semble déstabilisé par cet évènement tragique inattendu, est contraint de réagir face à cette mobilisation en faveur de l’annulation du scrutin, dans un délai restreint, car la pétition a dépassé les 10.000 signatures, cap exigé qui lui octroie à plus forte raison une forme de légitimité. En tous cas la mobilisation est telle que la pétition pourrait très facilement franchir la barre des 100.000 signatures, avant le jour du scrutin, ce qui pourrait le cas échéant déclencher un débat au parlement pour examiner cette requête populaire exigeant l’annulation en bon et due forme du référendum sur le Brexit.

Cela étant, les signataires de la pétition considèrent a juste titre que la campagne du référendum sur le Brexit a permis aux mouvements de l’extrême droite et aux extrémistes de tous bords, d’investir la scène en entretenant sans limites leurs discours racistes et somme tout xénophobe, sur fond de violences excessives, soldés malheureusement par l’assassinat d’une députée travailliste, dont le seul tort est d’avoir choisi le cosmopolitisme et la suppression des frontières dans l’espace européen. En tous cas, un grand nombre de Britanniques considère que ce référendum n’a désormais plus aucune raison le validant, surtout que l’idée de la tenue d’une telle consultation est à l’origine une manœuvre politicienne, mise au point par le gouvernement Conservateur diriger par David Cameron, pour un seul et unique objectif, assurer sa réélection en 2015. La Grande Bretagne, précise en substance le texte de la pétition, est une démocratie parlementaire, et c’est au parlement de déterminer si le pays reste ou quitte l’Union, plutôt que de soumettre cette question au peuple de s’y prononcer par voie référendaire, on aurait évité, lancera un des signataires de la pétition, l’aboutissement tragique d’une campagne explosive, qui risque de faire plonger le pays dans une très grave crise politique.

De Londres, Boudjemaa Selima

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