Le groupe français Canal+ en voie de fermeture ?

Le groupe français Canal+ en voie de fermeture ?

Blocage de son projet d'accord avec beIN, vote massif de défiance des journalistes de sa filiale iTELE, chute des cours sur fond d'hémorragie d'abonnés: après une semaine noire, Canal+ cherche les moyens de restaurer la confiance en interne et à l'extérieur.

Vendredi, les journalistes de la chaîne d'info iTÉLÉ ont voté massivement (89,5%) une motion de défiance à l'égard de leur direction. En cause: l'annonce de la réduction d'un quart de la rédaction et des projets de publi-reportages. Vendredi soir, Canal+ a renouvelé son soutien à la direction de la chaîne.

En colère, les journalistes réclament des engagements déontologiques clairs et davantage de moyens. Car leur nouveau directeur, Serge Nedjar, nommé fin mai, a non seulement évoqué des interviews sur commande mais aussi annoncé le non-remplacement de quelque 50 CDD et pigistes. "Avec un quart des effectifs en moins, iTELE ne sera plus en mesure d'assurer sa mission convenablement", s'insurge la SDJ.

Le malaise qui règne à iTELE s'est encore accru après l'annonce du départ de Bruce Toussaint, le matinalier vedette, qui part co-animer "C dans l'air" de France 5. Mais la crise interne à iTELE s'ajoute à la tempête qui secoue le groupe, mis en danger sur son modèle en place depuis 30 ans: des abonnements chers pour un mélange de sport et de cinéma.

Concurrencé dans la fiction par les Netflix et autres plateformes de SVOD, le piratage et les chaînes gratuites et, dans le sport, par beIN qui a raflé la plupart des droits du foot, Canal+ a perdu 500.000 abonnés en 5 ans. Même s'il en garde encore 3,9 millions.

Vincent Bolloré, qui a pris le pouvoir à Canal+ à l'été, pensait avoir trouvé la solution: un accord exclusif avec beIN, dont les abonnés seraient devenus en partie les siens. Mais jeudi, l'Autorité de la Concurrence a dit non. Et invité Canal+ à proposer des offres moins chères et se réinventer.

Chute du cours de Vivendi

Entre-temps, le cours de Vivendi, maison mère de Canal+, a encore chuté: il a perdu 8% cette semaine, sous les 16 euros, et lâché un tiers de sa valeur depuis l'arrivée de Bolloré à Canal+ en juillet. Autre mauvais signe, les têtes d'affiches se bousculent vers la sortie, comme Maïtena Biraben, Yann Barthès, Grégoire Margotton ou encore Ali Baddou.

Jeudi, Vincent Bolloré a pris la parole dans "Le Monde" pour avancer quelques pistes stratégiques: les émissions en clair, longtemps la vitrine glamour de canal+, seront ramenées à une ou deux heures par jour seulement - Thierry Ardisson et son "Salut les Terriens" va par exemple passer sur D8 - et côté tarifs, les offres seront segmentées. Selon lui, "le sort de Canal+ ne se joue pas sur un animateur".

A ses yeux, ce sont les 1,5 milliard d'euros de recettes d'abonnement qui comptent, pas les 60 millions de recettes publicitaires que rapportaient le clair. Il cherche aussi son salut dans les petites chaînes en clair, D8 en tête, où Vincent Bolloré vise 8% d'audience, deux fois plus qu'actuellement. Pour marquer son territoire, Canal+ va rebaptiser D8, D17 et iTELE en C8, CStar et CNews.

Plus question de brandir une fermeture de la chaîne, car "cette entreprise est redressable, c'est pourquoi j'y ai investi", a lancé l'homme d'affaires. Il cite en exemple le groupe de télévision britannique Sky, qui "fait face à la même concurrence et gagne beaucoup d'argent".

Autre piste, le développement d'un concurrent de Netflix, baptisé "Watch", qui sera lancé "en fin d'année", annonce-t-il. ll vise l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et l'Amérique du sud, en accord avec des opérateurs télécoms, dont Telecom Italia, détenu à 24,7%.

Son maître mot reste celui de synergies dans les contenus, entre musique (Universal), films et séries (Canal+), jeux vidéos (Gameloft qu'il vient de racheter), internet (sa filiale Dailymotion), concerts (L'Olympia), émissions de flux (D8)... Un concept encore à concrétiser, selon les analystes.

AFP

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Commentaires (2) | Réagir ?

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klouzazna klouzazna

C'est l'emprise des spéculateurs de la finance sur les médias... qui est à l'origine de ce type de désastre médiatique !!!

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Rabah IBN ABDELAZIZ

une petite BONNE NOUVELLE, Amar Ghoul (el ghoula la grande gueulle quitte le gouvernement, et aussi celui qui à viré le gouverneur de la banque centrale est viré à son tour. Disant le petit sadique c'est énervé il n'à pas eu sa petite pillule blanche pour rêver tranquille en couleur avec son écharpe de minable président des imbéciles heureux, même le ministre en charge du parlement qui était déjà menacé par le minus bouderbouka le pompiste de naftale à el oud. La charette vas s'énerver et virer sellal (el faghaghires et hachakoum echaouias) . Un pure Algérien lui aurait cracher sur la tranche et le mettre à la porte du gouvernement, que vous voullez vous boucharitta à décidé autrement. Un navet mal lavé et vieux en charette pour l'éxécutif : c'est pas mal ya dahdouh.