Le pétrole bien parti pour s'installer au-dessus des 50 dollars

Le pétrole bien parti pour s'installer au-dessus des 50 dollars

Les prix du pétrole poursuivaient leur ascension mardi en cours d'échanges européens, soutenus par l'affaiblissement du dollar et les menaces pesant sur la production au Nigeria, dans un marché par ailleurs apaisé par l'attitude plutôt coopérative affichée par l'Arabie saoudite.

Vers 10h00 GMT (12h HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août valait 50,78 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 23 cents par rapport à la clôture de lundi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en juillet gagnait 20 cents à 49,89 dollars.

"Les prix du pétrole ont continué à gagner du terrain alors que les inquiétudes concernant des attaques visant des infrastructures pétrolières au Nigeria ainsi qu'un dollar plus faible ont contribué à soutenir les prix et pousser le Brent à un plus haut en sept mois", commentait Michael Hewson, analyste chez CMC Markets.

Plusieurs installations pétrolières, concentrées dans la région du delta du Niger, ont été attaquées ces dernières semaines. La plupart de ces attaques ont été revendiquées par les Vengeurs du delta du Niger (NDA), un groupe aux intentions clairement séparatistes, qui dit militer pour une meilleure répartition des revenus de l'or noir au Nigeria.

Par ailleurs, un nouveau groupe rebelle issu cette région pétrolière, la Force conjointe de libération du delta du Niger (JNDLF), a menacé lundi de mener des attaques imminentes contre des cibles stratégiques à travers le Nigeria.

Selon les analystes de PVM, la production de pétrole nigériane aurait baissé de 170.000 barils par jour après les attaques d'oléoducs perpétrées ce week-end, permettant au Brent de s'installer au-dessus des 50 dollars le baril et de s'afficher au plus haut en près de huit mois tandis que le WTI devrait lui emboîter le pas sous peu.

Le cours du Brent est en effet monté mardi jusqu'à 50,94 dollars, un maximum depuis le 12 octobre 2015.

En outre, les prix du pétrole continuaient à bénéficier d'une nette dépréciation du dollar, accentuée lundi par un discours de la présidente de la Réserve fédérale américaine (Fed) Janet Yellen qui a semblé doucher tout espoir d'une nouvelle hausse des taux d'intérêt ce mois-ci.

Or, tout report d'un nouveau resserrement monétaire américain, une perspective qui rendrait le dollar plus rémunérateur et donc plus attractif pour les investisseurs, tend à peser sur le billet vert, favorisant à l'inverse les achats de pétrole, libellés dans cette monnaie et donc rendus moins onéreux pour les investisseurs munis d'autres devises.

Par ailleurs, plusieurs analystes soulignaient que le WTI bénéficiait des dernières estimations sur les stocks du terminal pétrolier de Cushing (Oklahoma, centre-sud) établies par le cabinet privé Genscape, selon lequel ces réserves auraient baissé d'un peu plus d'un million de barils la semaine dernière.

Le cours du WTI "pourrait se renforcer si cela est confirmé par les données de l'American Petroleum Institute (API) mardi et par l'Energy Information Administration (EIA, une antenne du département américain de l'Énergie) mercredi", soulignaient les analystes de PVM.

De façon plus générale, l'optimisme actuel des marchés pétroliers "découle de la réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de la semaine dernière après que l'Arabie saoudite - via son nouveau ministre de l'Énergie al-Faleh - a adopté une position moins agressive et obstinée concernant la stratégie de production du pays et le maintien de ses parts de marché", estimait Michael van Dulken, analyste chez Accendo Markets.

Les analystes de Commerzbank faisaient par ailleurs remarquer que Ryad avait relevé ses tarifs d'exportations de pétrole pour le mois de juillet à destination des consommateurs asiatiques et américains, semblant ainsi témoigner de son optimisme sur une résorption durable de la surabondance d'or noir dans le monde.

En revanche, le royaume les a parallèlement abaissés vers l'Europe, témoignant de sa volonté de continuer à défendre ses parts de marché face à l'Iran et à la Russie.

AFP

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elvez Elbaz

La malédiction continue!