Le clan Bouteflika et l'immobilisation générale de l'Algérie

Abdelaziz Bouteflika, le parrain tire les ficelles d'une opération de neutralisation des forces vives du pays.
Abdelaziz Bouteflika, le parrain tire les ficelles d'une opération de neutralisation des forces vives du pays.

Dans le but d’assurer leur mainmise sur l’Algérie, le clan Bouteflika et ses alliés montent actuellement de toutes pièces un scénario de déstabilisation du pays. Pendant ce temps, les fonds algériens fuient le pays qui risque de mourir exsangue bien avant les quatre années de vaches maigres annoncées.

Quand le Rassemblement national démocratique (RND) a mis les Algériens en garde contre les tentatives de déstabilisation du pays, il n’a mentionné aucun nom précis. Alors que le chaos gagne le pays en raison des politiques calamiteuses du clan au pouvoir, le RND pointe de supposées puissances étrangères qui tenteraient de semer les germes de la sédition dans certaines régions. L’endoctrinement des citoyens pour qu’ils recherchent des actions subversives de mercenaires politiques, là où il n’y a qu’incompétence économique est commencé.

Le soutien indéfectible du RND au président de la République Abdelaziz Bouteflika et l’affirmation que l'Algérie continue actuellement d'avancer sur la voie du développement, dans la stabilité et dans l'unité sont autant d’indices du manque de crédibilité de la dénonciation. Les informations financières sur lesquelles se fondements les dirigeants du RND pour faire leurs affirmations sont d’ailleurs fausses. Contrairement à ce qu’ils affirment, les contraintes financières subies par l'État algérien en raison de la chute des prix des hydrocarbures, ne sont pas partagées également par tous les pays producteurs d'hydrocarbures à travers le monde. Ceux qui ont su diversifier leur économie sont beaucoup moins touchés économiquement que l’Algérie.

La vision des dirigeants politiques du RND est d’ailleurs peu fiable. Il ne semble pas leur venir à l’esprit qu’une partie des ennemis d'une Algérie forte, stable et en paix est dans leurs propres rangs. Cette vision idéologique obtuse du réel fait que ces individus voient des complots d’ennemis invisibles dans des réactions normales de la population face aux conséquences de l’incurie de leurs dirigeants. La révolte des chômeurs ou les divisions communautaires au M'zab ne sont pas le fait d’étrangers malveillants, mais le résultat de l’incapacité du gouvernement à géré l’économie du pays. Le mauvais état de l'Ecole algérienne dans son sens large n’est pas du a des étrangers, mais a ceux qui sont supposés gérer le système scolaire.

Pour cacher leur incompétence, les dirigeants de l’Algérie jettent donc actuellement leurs fautes sur tous ceux qu’ils peuvent. Poursuivre le journal Le Monde permet d’occulter le fait que plusieurs dirigeants algériens et des membres de leur famille sont mentionnés dans les «Panama papers». Il est plus facile de dire que les médias étrangers médisent du gouvernement plutôt que d’admettre que l’argent du peuple algérien s’entasse actuellement dans des comptes secrets cachés dans des paradis fiscaux. Refuser d’admettre la réalité empêche cependant les Algériens de récupérer d’importantes sommes qui sont de plus en plus nécessaires en raison de la baisse des revenus. Si le Monde est poursuivi pour avoir porté atteinte à l’honneur et au prestige de l’une des plus importantes institutions du pays, pourquoi ne pas faire de même pour les Algériens qui ont fraudé le pays et qui se promènent librement dans les rues et les antichambres du pouvoir ? Leur présence nuit beaucoup plus à la réputation de l’Algérie que toutes les photos du président.

Le chef de mission du FMI pour l'Algérie, Jean-François Dauphin, a d’ailleurs mis les points sur les «i» dans ce domaine. L'Algérie, qui a déjà perdu trop de temps, peut encore s'ajuster au choc et faire progressivement des réformes, mais doit agir de toute urgence. Accuser les étrangers plutôt que de faire des réformes suffisantes pour redresser l’économie algérienne amènera des difficultés économiques sévères. La promesse qu’a faite Abdelaziz Bouteflika à son premier mandat de créer un modèle de croissance plus diversifié pour l'Algérie, doit être maintenant réalisée. S’il ne peut le faire, ce qui semble être le cas, il doit remettre le pouvoir à un gouvernement d’union nationale qui pourra sauver le pays. Toutes ces tactiques de replis et ces attaques contre des étrangers ne vont mener qu’à l'épuisement des marges de manœuvre budgétaires et l’augmentation de la violence pour mater le peuple qui crie sa douleur de vivre sous le joug d’un gouvernement économiquement inculte.

Adepte d’expédients et de solution à court terme, Abdelmalek Sellal estime l'année 2016 comme étant la plus difficile parce qu’il est dedans. Il dira la même chose en 2017 s’il est encore au pouvoir. Le gouvernement a beau estimer que la production nationale doit conquérir l'Afrique, il doit se rappeler que la demande est un besoin solvable. L’idée est bonne, mais chaque investissement dont être soigneusement analysé avec des outils économiques et non politique. Les dictateurs, comme les chevaux sur lesquels on paris ne gagnent pas toujours la course. Les joueurs invétérés vous diront que d’acheter des billets de loterie n’est vraiment pas la meilleure manière de se bâtir un futur. Quand on comprend que l'Algérie importe 35 fois plus de produits industriels qu’il n’en exporte, il n’y a pas besoin de chercher très loin ou est son problème de base.

Jusqu’à maintenant, l’Algérie n’a survécu au gouvernement Bouteflika qu’en raison de la rente pétrolière. Le premier ministre Abdelmalek Sellal a d’ailleurs candidement avoué récemment que la valeur du travail n'existe plus en Algérie et que le pays a un sérieux problème de liquidité. L’estimation que les réserves de change permettront de tenir encore trois à quatre ans à la chute des recettes est à courte vue et ne tient pas compte des imprévus. Plutôt que de se servir des sommes engrangées pour acheter des poissons pendant quatre ans, il vaudrait mieux les utiliser pour apprendre aux Algériens à pêcher.

Michel Gourd

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Commentaires (10) | Réagir ?

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Algerie Algerienne

Pourquoi 'demander' a bouteflika et de partir... ? Regarder plutot la recette du Burkina.... https://news. vice. com/video/revolution-in-burkina-faso-the-fall-of-compaor

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Rabah IBN ABDELAZIZ

Ce que vous dites est vrai: la charette ou bouteflika comme vous l'appelez : C'est les Généraux surtout ceux qui faisaient la pluie et le beau temps à l'épôque qui ont assassiné Monsieur BOUDIAF : joseph aboulkir, nazzar, touati, les lamari :Med Et Smaïn. Aujourd'hui il est en place : comme on chez moi : Hna Imout Kaci. Voilà mon ami. En 1999 les algériennes et algériens portaient le the short : BOUTEF : depuis cette date à ce jour :ils ont portaient la corruption, el hougra, la misére noire et ce n'est pas finis pour notte pays ?. Saha Ftourkoum.

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