Ahmed Ouyahia opposé à la solution de l'endettement extérieur

Ahmed Ouyahia tresse des louanges au chef de l'Etat devant les membres du RND.
Ahmed Ouyahia tresse des louanges au chef de l'Etat devant les membres du RND.

Dans cette allocution, donnée à l’ouverture de la 1ère session du Conseil national vendredi à Zéralda, Ahmed Ouyahia, S G du RND tresse des lauriers pour le chef de l'Etat et prévient sur la solution de l'endettement extérieur pronée par le premier ministre.

J’entamerai mon propos en adressant en votre nom à tous, nos plus sincères condoléances et celles de l’ensemble des militants du Rassemblement National Démocratique, à nos frères du Front Polisario et, à travers eux à l’ensemble du peuple sahraoui pour la perte du regretté Mohamed Abdelaziz, Secrétaire Général du Front Polisario et Président de la République Arabe Sahraoui Démocratique. A ces condoléances, nous joignons la réaffirmation de notre solidarité au peuple sahraoui frère jusqu’à la consécration de ses droits inaliénables à l’autodétermination et à la liberté.

Mesdames et Messieurs de la Presse Nationale,

Chers frères Chères sœurs, membres du Conseil National,

Je souhaite la bienvenue aux représentants de la Presse nationale et leur dis notre grande considération ainsi que l’attachement de notre parti à la liberté de la presse qui est inséparable du pluralisme politique. M’adressant à vous, chers frères et sœurs membres du cet auguste conseil national, je voudrais tout d’abord vous féliciter de nouveau pour votre élection à cette Instance suprême de notre Rassemblement entre deux congrès. Avec 31% de femmes soit 129 sur 421 membres, et 27% de jeunes, soit 110, la composition de ce Conseil National représente une avancée importante concrétisée par notre parti.

Cette avancée augure je l’espère, d’autres encore, pour le renforcement organique du Rassemblement, mais aussi et surtout, pour l’intensification de notre engagement sur la scène nationale, à un moment où, les défis s’accumulent devant notre pays. Aussi, permettez-moi, de partager d’abord avec vous, quelques remarques sur la situation nationale, avant d’aborder les questions relatives à notre parti.

Mesdames, Messieurs,

Parler de l’accumulation des défis devant notre pays n’est pas une formule excessive, et l’actualité le confirme sans cesse. Le premier de ses défis est sécuritaire, et se traduit d’abord par les menées du terrorisme qui subsiste encore dans notre pays, et c’est le lieu de rendre hommage à l’Armée Nationale Populaire pour son engagement et ses sacrifices mais aussi pour ses succès remarquables dans l’éradication du terrorisme résiduel.

Nous notons aussi avec regret la persistance de crises dans notre voisinage et qui menacent notre pays, à l’image des retards dans la restauration de la paix au Nord Mali, ou des difficultés qui se dressent devant le Gouvernement d’Union nationale en Libye, ou encore des risques pesant sur la garantie du cessez-le-feu au Sahara Occidental par la MINURSO, depuis que ce mécanisme a été paralysé par l’occupant marocain.

Dans ce contexte, nous rendons hommage à notre vaillante Armée qui veille à la sécurité de notre territoire, et nous nous inclinons à la mémoire de ses martyrs du devoir, nos martyrs, tout comme nous saluons ses succès contre les réseaux du crime transnational qui tentent d’inonder le pays avec la drogue et avec les armes de guerre.

En parlant de la sécurité et de la stabilité du pays, nous avons également à l’esprit les manœuvres subversives promues par certaines puissances étrangères revanchardes, exploitant quelques mercenaires politiques qui revendiquent aujourd’hui l’indépendance de la Kabylie ou l’autonomie du M’Zab.

Certes, l’Algérie s’est largement immunisée avec la politique de réconciliation nationale qui a cimentée notre société, grâce à la clairvoyance et à l’engagement du Moudjahid Abdelaziz Bouteflika, que Dieu lui donne santé et longue vie.

L’Algérie dispose aussi d’une armée qui démontre au quotidien la compétence et la bravoure de ses officiers, sous-officiers et djounouds, et qui est dirigée par des moudjahidine toujours fidèles au serment qu’ils ont fait aux Glorieux Chouhada de la Révolution de Novembre,,à leur tête le Moudjahid Abdelaziz Bouteflika, Chef Suprême des Forces Armées.

De plus, nos compatriotes rappellent à chaque occasion leur attachement à l’indépendance nationale et à l’unité de l’Algérie. Cependant, la sécurité nationale et la stabilité nationale exigent la vigilance de tous et la contribution de chacun, et, chacun doit assumer sa part.

La tragédie nationale dont les blessures n’ont pas encore été cicatrisées est là pour nous rappeler le prix des certitudes excessives ou des négligences mortelles. Alors, pêchons aujourd’hui par excès de prudence et de vigilance, plutôt que d’être surpris encore une fois.

Mesdames, Messieurs,

Le second défi majeur auquel est confronté notre pays réside dans l’effondrement brutal des prix du pétrole sur le marché mondial, une chute qui a frappé tous les pays exportateurs de pétrole ou de gaz qui ont été contraints à prendre des mesures d’ajustement.

L’Algérie n’échappe pas à cette réalité, même si les décisions financières prises par M. le Président de la République durant la décennie précédente, permettent à notre pays d’avoir une légère marge de manœuvre encore, et même si le Gouvernement déploie des efforts méritoires pour gérer cette situation tendue avec le minimum de conséquences encore.

Néanmoins, nous ne devons pas négliger les risques qui découlent de cette conjoncture, comme nous ne devons pas céder aux appels aux solutions de facilités dont le recours à l’endettement extérieur, lequel en cas d’excès, pourrait dans quelques années, hypothéquer la souveraineté économique du pays, et exposer la population à des mesures sociales dramatiques comme cela fut le cas déjà dans le cadre de l’ajustement structurel sous l’égide du FMI, alors que l’Algérie était dans l’incapacité de faire face au remboursement d’une dette extérieure qui culminait à 30 milliards de dollars.

Le souvenir de cette douloureuse expérience, conjugué avec nos difficultés financières actuelles, doit nous encourager à accélérer la mise en œuvre des réformes économiques nécessaires, tout en préservant la justice sociale.

Cette crise financière nous invite aussi à encourager toutes les capacités productives dans le pays, pour offrir plus d’emplois à nos enfants et réduire la facture de nos importations laquelle, sera de plus en plus insupportable sauf à emprunter pour acheter la production des autres comme nous l’avons vécus il y à peine 20 ans. Des pas concrets sont déjà accomplis dans cette mutation économique et sociale, mais le pays a besoin d’aller davantage de l’avant.

Mesdames et Messieurs,

La prise en charge des défis nationaux que je viens d’évoquer nécessite un consensus national, ou, à tout le moins de la sérénité dans le pays. Le Rassemblement appelle à l’avènement d’un consensus politique dans le respect de la Constitution, des institutions de la République ainsi que de la volonté du peuple exprimée démocratiquement par la voie des urnes.

En attendant cela, nous appelons tous les acteurs à concourir à la préservation d’un climat de sérénité qu’exige d’ailleurs l’opinion nationale.

Le Rassemblement qui fait de la défense de l’Etat démocratique et républicain la raison majeure de sa présence sur la scène politique, n’acceptera jamais que l’Etat soit outragé dans l’impunité, car cela n’est dans l’intérêt de personne comme nous l’a enseigné un passé encore récent.

Le Rassemblement déplore l’agitation et les surenchères tapageuses qui en définitive, profitent d’abord aux manœuvres internes ou externes qui ciblent les intérêts collectifs des Algériens.

Le dialogue est une tradition ancestrale de notre peuple et il permet de gérer les divergences et les différends. Nous appelons donc à une utilisation plus grande de cette vertu civilisationnelle.

L’Algérie vient de consolider son Etat de droit et ses libertés démocratiques à l’occasion d’une révision constitutionnelle qui date de quelques semaines seulement. Cette révision, je le rappelle, a renforcé les droits politiques de l’opposition. Elle a apporté aussi des garanties supplémentaires à la liberté d’investir dans le respect de la loi. Cette même révision a aussi consolidé la liberté de la presse en général, dans le respect de la loi, de nos valeurs, ainsi que de la dignité et des droits de chaque citoyen.

La révision constitutionnelle a également conforté l’indépendance du pouvoir judiciaire, qui est la pierre angulaire, de notre Etat de droit, de notre Démocratie, ainsi que de la garantie des droits de chacun de nous.

Alors, à défaut de solutions par la voie du dialogue, veillons à ce que la Justice arbitre tous les désaccords, et sanctionne toutes les violations de la loi. Par cela nous ferons l’économie des agitations et des surenchères qui alimentent l’inquiétude des citoyens.

Chers frères et sœurs membres du Conseil National,

Face aux défis nationaux que je viens d’évoquer, le Rassemblement National Démocratique a des responsabilités patriotiques à assumer. Notre parti vient de réussir son cCongrès, mais en fait, ce succès n’est qu’un nouveau départ, pour conforter notre famille politique et la mettre davantage au service de l’Algérie.

Conforter le Rassemblement c’est consolider le dialogue, la démocratie et la stabilité dans nos rangs.

Le projet de Règlement intérieur que Votre honorable assemblée aura à discuter complétera le Statut adopté par le Congrès, et ces deux textes constitueront ensemble, une Charte canalisant la conduite de chaque militant.

Assumer nos responsabilités patriotiques c’est aussi mettre en œuvre les Résolutions adoptées par notre 5e Congrès. Parler des résolutions de notre congrès c’est en rappeler d’abord la Résolution politique qui a arrêté des positions très claires, notamment le soutien constant de notre Rassemblement à son Excellence le Président Abdelaziz Bouteflika auquel nous rendons de nouveau hommage pour sa clairvoyance à l’origine des avancées sécuritaires, politiques, économiques et sociales que nul ne peut nier, ainsi que son rôle fédérateur et stabilisateur au sein de notre pays.

Parler des décisions de notre Congrès, c’est évoquer aussi sa Résolution économique et sociale qui énonce des propositions concrètes pour dépasser la crise financière et aller vers une économie diversifiée et compétitive, une économie à même d’assurer l’avenir du pays et de ses jeunes générations, une économie capable de pérenniser la justice sociale et la solidarité nationale.

Parler des résolutions de notre Congrès c’est évoquer également le Programme d’action qu’il nous a défini pour porter le message de notre Rassemblement au sein de la population, et pour semer un espoir légitime dans le pays qui dispose d’atouts nombreux.

Ce sont là autant de questions sur lesquelles vous aurez à débattre et décider, en même temps que vous aurez à élire le nouveau Bureau national.

Je me limite donc à cela, et souhaite plein succès à notre réunion.

Gloire aux Martyrs,

Vive le Rassemblement national démocratique,

Vive l’Algérie.

Ahmed Ouyahia

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