Ce que prépare Chakib Khelil (I)

Ce que prépare Chakib Khelil (I)

L'auteur de cette contrinution est un connaisseur des rouages internes du monde pétrolier. En 2014, il avait annoncé ce qui allait se produire et qui se produit sous nos yeux, aujourd'hui.

La presse algérienne indépendante est désemparée parce que la logique qu’elle utilise n’arrive ni à expliquer le retour de l’enfant prodige, ni à percer la stratégie du clan présidentiel.

En revanche, le retour de Chakib Khelil ne fut pas une surprise pour les initiés qui savaient qu’il n’a jamais été loin du Clan présidentiel et qu’il était appelé à reprendre du galon un jour ou l’autre. Les signes annonciateurs de ce retour sont connus de tous :

  • La justice algérienne ne l’a pas jugé et n’a pas saisi ses biens en Algérie (son appartement F16 du Val d’Hydra et les villas construites par BRC à Oran);
  • Les justices étrangères (italienne et américaine) ne l’ont pas, non plus, inquiété.
  • Le décès (ou l’assassinat selon certains) d’Hugo Chavez en 2013 qui ne pourra plus être un obstacle;
  • Le sabotage à distance du secteur de l’énergie et la nomination ou promotion des cadres dirigeants du secteur, y compris l’actuel ministre de l’Energie Salah Khebri qu’il avait chargé de privatiser la formation des ingénieurs à l’IAP, ainsi que l’actuel PDG de Sonatrach (lettre ouverte) ;
  • L’éviction sans ménagement des personnes qui ont osé l’attaquer;
  • L'invitation à la réception organisée par l’Ambassade d’Algérie à Washington qui a été utilisée comme un message pour faire faire pression sur certaines personnes susceptibles de témoigner contre lui durant le procès Sonatrach1.

Lorsque le clan Bouteflika s’est senti menacé par la disparition du FFR et l’érosion des réserves de change, il a précipité le retour de Chakib Khelil en prenant soin de neutraliser les derniers généraux qui lui restaient hostiles, ce qui a contribué à choquer un grand nombre de sympathisants du clan présidentiel.

Tous les membres du Clan ont des raisons de craindre Chakib Khelil car ils savent qu’il a géré la distribution d’un butin de corruption de plusieurs milliards de dollars (comptez vous-même: environ 200 millions de dollars avec Snam auxquels il faut ajouter les 3% de commissions associés aux marchés attribués à une vingtaine d’autres sociétés, sans oublier BRC et les actions d’Anadarko). Son retour est loin d’être une diversion, c’est au contraire une pièce maitresse dans l’échiquier du complot contre l’Algérie.

La raison est très simple : il est le seul à avoir la connaissance technique et juridique de la suite à donner aux outils de privatisation du secteur de l’énergie qu’il a mis en place. Ces instruments juridiques vont bientôt cautionner un vaste programme d’endettement externe qui fait partie de la feuille de route du clan présidentiel. En fait, le recours à l’endettement externe a toujours fait partie de la feuille de route et devait avoir lieu après le 4e mandat. Il a été avancé à cause de la baisse des prix du pétrole.

Le régime de Bouteflika demande aux zaouïas qui ont été inondées de subventions de renvoyer l’ascenseur en accueillant le futur sauveur de l’Algérie avant de l’introniser. La suite, on la connait. Il sera reçu par les Universités et dans des forums sécurisés consacrés à l’économie algérienne avant d’être "honoré" par les partis de l’Alliance qui le présenteront comme le sauveur de l’Algérie.

En parlant de la crise financière, un internaute s’interroge : "Nos dirigeants n’ont rien vu venir. Réalisent-ils, au moins, la gravité de l’heure ? Pas sûr". Non, mon frère. La vérité est hélas plus grave. Le cercle des initiés sait que Chakib Khelil et Bouteflika ont programmé la destruction de l’Algérie avec une recette très simple qui consiste à favoriser l’économie informelle pour faciliter la fuite des capitaux et à délaisser les capacités des secteurs public et privé algériens pour recourir aux importations et aux services rémunérés en devises. Ce clan s’est appuyé sur l’expertise juridique, financière et technique de Chakib Khelil pour assécher la rente des hydrocarbures en sabotant les gisements sans développer l’exploration ou assurer une transition énergétique et sur le savoir-faire des islamistes qui ont parfaitement réussi le sabotage de l’école en vue de tarir la relève en ressources humaine capable de relever les défis qui nous attendent.

Contrairement aux autres candidats du Clan présidentiel, Chakib Khelil est le seul à promettre la continuité sans aucune mesure d’austérité, en avançant qu’il a la solution pour "redresser la situation économique du pays". Chakib Khelil a déclaré qu’il faut rompre avec les discours pessimistes : "Au pire, il y a l’endettement extérieur", dit-il avec morgue. Il reprend intégralement le message du FMI qui considère que "la diminution rapide de l’épargne budgétaire signifie que l’Algérie devra emprunter davantage pour financer les déficits futurs". En plus du "recours accru" à l’emprunt obligataire national, le FMI recommande aux autorités "d’envisager l’endettement extérieur et d’ouvrir le capital de certaines entreprises publiques au secteur privé, de manière transparente".

La presse française s’est intéressée au "candidat aussi ouvertement pro-américain" et parle "d’une entente entre Washington et certains milieux algériens" pour son retour.

Beaucoup de questions concernant Chakib Khelil turlupinent les Algériens. Pourquoi prend-il, à son âge, le risque de faire de la politique en Algérie au lieu de profiter de ses millions avec sa famille dans les iles caraïbes ou ailleurs?

La réponse s’inscrit dans la logique militaire du complot. Chakib Khelil est un agent en service commandé qui n’a pas été admis à la retraite car il doit terminer sa mission. C’est le Ahmed Chalabi algérien qui va être présenté comme le sauveur en mesure d’obtenir des lignes de crédit de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Ces prêts seront consentis à l’Algérie par les milieux de la finance internationale en échange d’un nouveau cadre législatif favorable aux multinationales (la privatisation du secteur des hydrocarbures avec des garanties contre la nationalisation servira de caution). Bloomberg a rappelé dans une récente interview que Chakib Khelil a «tenté de rendre l’amont pétrolier algérien plus attractif aux investisseurs étrangers et que l’ex-ministre algérien appelle à octroyer des participations majoritaires aux étrangers …" (Bloomberg interview chakib-khelil). (Lire aussi : Ce que prépare Chakib Khelil (II))

Sid Kaci

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Commentaires (5) | Réagir ?

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khelaf hellal

Il va faire en Algérie ce qu'il a fait en Argentine lorsqu'il était chargé de mission à la Banque Mondiale : Attirer un déluge de fonds vautours américains qui vont ensuite enfoncer le pays dans une crise financière pire que celle de l'époque Chadli et Abdelhamid Brahimi.

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mohand tawdect

Il ne restera donc aux algériens soucieux de leur avenir que " ellah yestarna" susceptible de les épargner s'Il daigne s'occuper d'inconsciences !

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