Scoutisme, dites-vous ?

L'inmovible Nouredine Benbraham a fait courbette à Bouteflika espérant un poste au gouvernement
L'inmovible Nouredine Benbraham a fait courbette à Bouteflika espérant un poste au gouvernement

"C'est l'esprit qui compte. Notre loi et notre promesse scoutes, quand nous les mettons vraiment en pratique, éliminent les raisons que peuvent avoir les nation de se disputer entre elles et de se faire la guerre." Lord Baden Powell.

Le patriotisme, le code Q, le morse, le sémaphore, les randonnées pédestres et leurs signes de piste, le matelotage et autant d’autres trucs et astuces que l’on enseignait pour préparer des enfants, pas plus haut que trois pommes, à affronter les aléas et les difficultés qui font la vie dure à l’homme en particulier et à la communauté en général. Une formation paramilitaire en bonne et due forme. C’était tout ça dans les camps scouts pour honorer Lord Baden Powell, le père fondateur de ce mouvement et de l’esprit scout.

Mohamed Bouras, l’initiateur des Scouts musulmans Algériens (SMA), un creuset dans lequel se sont forgés tant de personnalités historiques, tant de moudjahidines, et autant de chahids, était loin de se douter que son mouvement allait devenir l’objet de tant de convoitise, de récupération et parfois même de chantage par les hommes politiques, et du coup, l’embrigadement décidé par le président Houari Boumediene des troupes scouts et de leurs nouvelles appellations : achbal Houari Boumediene a été la première estocade portée à ce mouvement, censé être neutre et apolitique, et n’est pas allé sans nous rappeler les Jeunesses Hitlériennes de triste mémoire et le culte de la personnalité de "la révolution à braire." À la mort de ce dernier, les scouts retrouvent leurs titres de noblesse, et tentent, vaille que vaille, de revenir à leurs vieux instincts que sont l’instruction, la débrouille et la libre créativité non sans se débarrasser et se démarquer des activités politiques : parades et festivités nationales qui, durant la décennie noire, leurs ont coûtés la vie à une dizaine de jeunes louveteaux.

Désormais, la situation sécuritaire à considérablement limitée leurs activités champêtres et forestières, plus de sorties hasardeuses, plus de feux de camps et leurs veillées, plus de jeux d’orientation et d’observation de la nature. Le mouvement a commencé à se vider de sa substance et de ses enseignements. Et le coup de grâce n’est venu que d’un des leurs, l’ex-commandant général des scouts Nouredine Benbraham, en s’alignant corps et âmes au côté du président Bouteflika lors de sa première investiture, sûrement alléché par une promotion gouvernementale, a sabordé l’âme et l’esprit de ce mouvement

C’en était fini pour les SMA et leurs neutralité. Dès lors , les scouts se sont recroquevillés sur eux-mêmes, ne sachant même pas faire un paquetage de sac-à-dos et encore moins faire la marche à pieds, et sont devenus plus aussi roublards, et pour cause, l’embrigadement et l’allégeance au puissant du moment leur offre depuis 3 quinquennats durant le gîte et le couvert et les voyages. Scoutisme, dites-vous ?

Brahim Ferhat

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Commentaires (2) | Réagir ?

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elvez Elbaz

Sans scrupules, tels des nuisibles ils salissent même les endroits sacrés dans lesquels se forgent les rêves innocents de l'enfance et de l'adolescence, comme le scoutisme!

Ces prédateurs, larbins du cartel du clan dit présidentiel sont décidément insatiables de rapine et de corruption.

Bande de ripoux... !

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khelaf hellal

Un autre râtelier ouvert dans la grande mangeoire du pouvoir pour s'assurer l'allégeance des scouts et leur reconnaissance du ventre. Le patriotisme monnayé en pièces sonnantes et trébuchantes pour capter les faveurs et jouir du confort et des privilèges que procure la proximité du bienfaiteur qui les distribue pour rempiler mandat après mandat.