L'Algérie attachée aux contrats de gaz à long terme

L'Algérie attachée aux contrats de gaz à long terme

L'Algérie, un des principaux fournisseurs en gaz de l'Europe, n'est pas prête à renoncer aux contrats d'approvisionnement à long terme et leur indexation sur les cours du pétrole, comme le souhaitent ses clients qui les jugent non compétitifs, a indiqué mardi le ministre algérien de l'Energie

Quels sont les organismes qui vont accepter de financer des projets de longue durée portant sur des contrats d'approvisionnement à court terme, s'est interrogé M. Salah Khebri lors d'une conférence de presse.

Selon le ministre, qui s'exprimait en marge d'un forum d'affaires sur l'énergie réunissant l'Algérie et l'Union européenne (UE), les contrats à long terme apportent aux clients la sécurité des approvisionnements tout en permettant à l'Algérie d'investir à long terme dans les installations gazières.

Le ministre algérien réagissait à une déclaration le même jour du directeur général adjoint du géant énergétique français Engie (ex-GDF Suez), Pierre Chareyre, qui a plaidé pour une révision du système des contrats à long terme. "Autrefois, Engie et la plupart des entreprises européennes s'approvisionnaient avec des contrats de fournitures à long terme indexés sur les prix du pétrole mais ces dernières années ces contrats ont été largement déconnectés du marché européen (...)", a affirmé M. Chareyre devant les participants du forum Algérie-UE.

Selon lui, avec l'évolution des écarts entre les prix du pétrole et du gaz, ces contrats se sont avérés non compétitifs et ne reflètent plus la réalité du marché européen.

M. Chareyre a ajouté que ces contrats d'une durée de 25 à 30 ans rencontreront des difficultés commerciales à l'avenir, à moins que cette règle (des contrats à long terme Ndlr) ne change au moins pour les exportations de gaz et de GNL (gaz naturel liquéfié) à destination de l'Europe.

"Nous avons besoin d'une visibilité à long terme", a rétorqué le directeur général des hydrocarbures au ministère algérien de l'Energie Mustapha Hanifi, interrogé par l'AFP.

L'Algérie a consenti à d'importants investissements pour acheminer le gaz à ses clients notamment via les trois gazoducs dédiés à l'Europe dont le coût doit être amorti sur 25 ans minimum, a-t-il insisté. La production de l'Algérie, troisième fournisseur avec la Russie et la Norvège de l'Europe, est d'environ 90 mds de m3 par an, selon des chiffres officiels.

AFP

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