Amnesty International s’alarme des violations des manifestations en Algérie

Amnesty International s’alarme des violations des manifestations en Algérie

Les autorités algériennes doivent cesser leurs tentatives visant à museler les manifestants pacifiques, a déclaré aujourd’hui Amnesty International à la veille du procès de quatre manifestants du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC) à Ouargla. Tahar Belabes, et trois autres membres du CNDDC sont accusés d'avoir participé à des «rassemblements non armés» en 2015. Ils risquent un an de prison pour avoir manifesté pacifiquement contre le chômage à Hassi Messaoud.

"Emprisonner ces militants pour avoir pris part à des manifestations pacifiques serait une grave atteinte au droit à la liberté d'expression et de réunion. Leur seul «crime» est d’avoir revendiqué les droits des chômeurs. Ils ne devraient même pas être jugés - et encore moins condamnés une peine d'emprisonnement. Les accusations portées à leur encontre doivent être abandonnées immédiatement", a déclaré Magdalena Mughrabi, directrice adjointe du Programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International.

Amnesty International les considérerait comme des prisonniers d'opinion, s’ils sont emprisonnés pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression et de réunion pacifique. Les manifestants demandent aux compagnies pétrolières et gazières basées à Hassi Messaoud - y compris des filiales de Sonatrach – d’employer plus d’algériens issus du sud du pays.

Tahar Belabes employé par l'une des filiales de Sonatrach à Hassi Messaoud, a été licencié en Février 2015 vraisemblablement pour ses activités militantes, notamment pour son implication dans les manifestations anti-gaz de schiste qui ont eu lieu dans le sud du pays au cours du premier semestre de 2015. Plusieurs personnes, y compris les membres du CNDDC, ont été poursuivies pour leur participation dans ces manifestations.

Le procès commence dans un contexte de répression des manifestations pacifiques à travers le pays. Sept manifestants purgent des peines d'emprisonnement d'un an à Tamanrasset pour avoir manifesté contre le chômage, l’exploitation du gaz de schiste et pour la défense des droits des travailleurs dans les sociétés minières opérant dans la région en décembre 2015. Amnesty International les considère comme des prisonniers d'opinion.

"Les autorités algériennes semblent recourir de plus en plus à des poursuites pénales comme moyen de faire taire les manifestants. Plutôt que d'emprisonner les militants pacifiques, les autorités devraient répondre à leurs demandes. La recrudescence de la répression ne constitue pas une réponse à la montée du chômage ou à la dégradation de la situation économique, qui est exacerbée par la baisse des prix du pétrole ", a déclaré Magdalena Mughrabi.

Les autorités algériennes s’appuient sur un arsenal juridique répressif pour étouffer la dissidence. En effet, une autorisation préalable est obligatoire pour tenir des rassemblements publics et à Alger, l’interdiction des manifestations reste toujours en vigueur. Les manifestations contre la pauvreté, le chômage et la corruption sont fréquentes dans le pays, riche en pétrole.

A.I.

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Commentaires (1) | Réagir ?

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Bachir Ariouat

Amnesty internationale elle est dans son rôle, mais que font les ignares Algériens pour dénoncés de ces brutes, qui emprisonnent, tuent, assassinent pour conserver leurs postes et s'ingurgiter des produits pétroliers. rien, donc ils ont profitent et ils ont raison de le faire, puisque nous leurs tendons nos postérieurs pour en plus nous frapper en leur disant merci.