El Khabar, Rebrab et la maladie de Bouteflika

Le palais d'El Mouradia, une présidence désormais sans locataire.
Le palais d'El Mouradia, une présidence désormais sans locataire.

La combine du ministre Grine et l’état grave dans lequel se trouve Abdelaziz Bouteflika ont partie liée.

Tout observateur de la faune politique algérienne l’aura compris : l’affaire du référé décidé par le clan et exécuté par Hamid Grine pour faire capoter l’achat d’El Khabar par Ness Pro est cousue de fil blanc. Elle fait partie d’un ensemble d’intrigues dont lesquelles excelle le clan Bouteflika pour neutraliser l’opinion et la presse.

La coterie a compris depuis quelques mois qu’elle ne pourra continuer à exhiber aux caméras le chef de l’Etat. Le temps et la crise qui s’est invité jouent contre elle. L’homme est usé. Il ne tient plus et les invités, même triés sur le volet pour donner un semblant de change se font de plus en plus rares. Alors on a recours à Lakhdar Brahimi et quelques obscurs potentats africains sans aucune influence.

En effet, la fin de règne devenant imminente, la coterie de Zéralda est réduite à chercher les parades. A ruer dans les brancards, même au prix d’un délitement des institutions. Jamais d’ailleurs l’Etat ne s’est aussi gravement confondu avec les tenants du pouvoir. La concentration de la décision et le népotisme ont eu des conséquences catastrophiques sur le fonctionnement normal des institutions.

La grave maladie qui handicape de plus en plus le chef de l’Etat et de fil en aiguille la probable organisation d’une présidentielle anticipée obligent désormais la coterie à multiplier les raids de neutralisation et de détournement de l’opinion publique. Il faut bien meubler l’effarant vide laissé par la paralysie des institutions et surtout préparer le coup d’après. Autrement dit, celui qui va permettre à la coterie aux affaires depuis 1999 au mieux de se maintenir ou tout au moins de demeurer intouchable.

Le complot ourdi se veut comme un traitement de choc. L’enjeu est de taille. Et la vente du groupe El Khabar tombe très mal, elle ne l’arrange pas du tout. L’argument de l’article 25 est un bien piètre artifice pour faire capoter la vente. Voire même liquider ce grand journal qui est l’un des seuls de la presse arabophone à avoir gardé sa crédibilité et une distance raisonnable du pouvoir.

Il est manifeste que l’influence de ce groupe médiatique et sa profondeur sociale font craindre aux Bouteflika et leurs obligés le pire s’il tombe entre les mains d’un groupe privé, étranger à sa sphère, comme Cevital. Donc, pour la coterie tout est clair : il faut donc brouiller les pistes de compréhension, neutraliser les capacités de réaction de ce qui reste de l’opposition et de l’opinion publique en gardant le contrôle absolu sur tous les circuits d’information et de décision. Ceci pour paraphraser Ulmann et Wade dans Shocke & Awe

Alors ? Alors on se prépare au pire, voire à rendre inévitable ce qu’on croyait impossible à advenir.

Yacine K.

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Commentaires (4) | Réagir ?

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moh arwal

amin arabi an arvah youbas

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veriteAMER

Les clans des hyènes enragés s’entre bouffent par technique d’embuscade ! C’est la triste routine des tournantes qui en découle et mise en place par les éternels affamés de tous les pouvoirs : ça dure depuis plus de 60 ans déjà... ces guerres de « succession » font rage derrière les rideaux médiatiques à peine opaques... Rebrab fait partie d’un gros clan aux crocs sanguinolents ! le clan au pouvoir actuel maffieux et corrompu subit des attaques en règles de clans en ébullition croissante en puissance et en menace ... l' objectif c' est 2019 SI toutefois l' édifice algérien ne cède pas totalement avant cette échéance fatidique... cependant il n' y a pas lieu de s' en offusquer outre mesure puisque le système de « gouvernance » algérien est génétiquement monté par des réflexes sanguinaires type barbare, tribaliste dans son organisation avec son archaïsme en guise de carburant : depuis 60 ans ce système a à son triste palmarès des millions d' égorgés, de torturés de déplacés, d’ exilés, de bannis et de disparus définitifs. La liste est trop loin d’être exhaustive. Pour ce constat simple objectif et sans concession, je n’arrête pas de maudire le père ABSOLU de cette machine meurtrière qu’est Hadji Messali... la seule période ou les algériens ont connu la paix, la sérénité et les respects intracommunautaires est bel et bien celle allant de 1830 à 1954 …de cette manière l’Algérie converge, sans l’once d’un doute, vers les aurores de 1830 : l’Histoire bégaye car l’Algérie ne fait pas exception aux règles Immuables du Temps !!! Ce dernier est juste Incorruptible !!!

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