Ferhat Mehenni depuis Nice : "Il n’y a aucune entente avec les Kabyles qui sont contre nous"

Ferhat Mehenni ouvert au rassemblement avec tout Kabyle qui souhaite travailler pour la Kabylie.
Ferhat Mehenni ouvert au rassemblement avec tout Kabyle qui souhaite travailler pour la Kabylie.

L’invitation de l’actuel président du Gouvernement provisoire de Kabylie (GPK) Ferhat Mehenni, par l’association culturelle et sportive kabyles de Nice (sud-est de France) à l’occasion de la célébration du double anniversaire berbère et noir, a suscité moult interrogations.

En effet, arrivé à Nice dans l’après midi du samedi 7 mai, Ferhat Mehenni a animé une conférence débat au parc Phoenix, situé sur la promenade des Anglais, où ont eu lieu les festivités samedi 7 mai. Il a été invité en tant que "témoin actif et vivant du printemps berbère 1980", a souligné le président de l’association, M. B.B. qui a tenu à démentir toute relation de l’événement avec les activités du GPK et sa politique.

L’invitation du public faite par voie d’affichage et sur les réseaux sociaux a subi une critique sévère. Le président de l’association a préféré parler de "mauvaise publicité menée par certains" contre l’ACSK Nice qui est "apolitique", précise-t-il. Celui-ci a expliqué sur la page facebook de ladite association que le retard de l’événement est dû à la non-disponibilité des membres et les difficultés de trouver une salle qui abritera les activités dont une exposition accompagnée d’un buffet à volonté, une projection de film documentaire sur les événements du printemps berbère et noir, une conférence débat et un récital de musique animée par Ali Ferhati.

Le président de l'Anavad était-il attendu dans les Alpes Maritimes ? Une question qui se pose du moment qu’il n’y avait pas beaucoup de monde en comparant l’événement notamment aux autres manifestations déjà organisées par l’association.

Le conférencier était aussi déçu et a exprimé son mécontentement auprès des membres de l’association du fait qu’il soit présenté en tant que "témoin" et non comme président de la Kabylie.

A notre question sur sa position et sa réaction quant aux Kabyles qui n’adhèrent pas à son projet pour l’autodétermination de la Kabylie Ferhat Mehenni nous répond avec toute méfiance que "si ces Kabyles ont leurs arguments à avancer qu'ils le fassent eux-mêmes à ce sujet". Puis poursuit son argumentaire : "La Kabylie qui est pour notre mouvement elle a montré sa force et ses capacités lors de la marche du 20 avril dernier. Si les autres se mettent devant nous parce qu’ils défendent l’Etat algérien ou l’Algérie unie et indivisible, là il n’y a aucune possibilité d’entente avec eux. Et si on est plutôt pour l’idée de sauver la Kabylie et lui donner ainsi qu'à ses enfants un avenir de dignité et de liberté là nous sommes ouverts au dialogue".

De Nice, Mounir Outemzabt

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Commentaires (16) | Réagir ?

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Aghioul Aghyoul

Qu'est-ce qui nous diffère des autres Algériens?

Quelques heures auparavant, un article publié ici même sous le titre "Les salafistes à l'assaut de la Kabylie" prouve qu'il ne reste aucune différence.

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Youba Zyarri

ALLIANCE KABYLE ET CHAWI VITE TRES VITE !!!!!!!!

On le sait maintenant que la guerre de libération de l’Algérie avait commencé simultanénement dans les Aurès et en Kabylie, les deux grandes régions amazighophones et montagneuses du pays. Elle fût également possible grâce à une alliance Aurès-Kabylie.

Malheureusement l’ingérence panarabiste (nassérisme et baathisme) a confisqué l’indépendance de l’Algérie en remettant le pouvoir à l’armée des frontières. Pour réussir ce complot, il fallait à tout prix casser l’alliance Kabylie-Aurès. C’est ainsi que les colonels Amirouche (Kabylie) et Si el Houas (Aurès) furent "donnés" à l’armée française par l’armée des frontières acquise à Nasser. Celui-ci avait auparavent donné l’ordre au chef des services secrets égyptiens (Fathi Dhib) de liquider l’idéologue du FLN : Abane Ramdane. On se rappelle que le projet de société proné par Abane Ramdane était celui d’une Algérie Algérienne, i. e. avec ses composantes amazighophones et arabophones. Ce projet était aux antipodes de celui des panarabistes qui eux voulaient "se substituer au colonialisme français" en faisant de ce pays un "pays arabe et musulman". Depuis donc qu’ils ont procédé à une véritable coup d’état en 1962 contre les vrais révolutionnaires algériens et le GPRA, ils se sont évertuer à :

éradiquer tout ce qui peut rappeler l’amazighité de ce pays (arabisation des villes berberes, suppression des radios Kabyles et chaouis, interdiction des prénoms amazighs, changement du nom de la JSK, etc...) ;

faire un nettoyage "éthnique" (guerre en Kabylie en 1963 contre FFS) ; Appauvrissement extrême des deux régions :aucun investissement pendant 40 ans dans les Aurès et en Kabylie ;

Liquider tout dirigeant politique ou militaire venant de ces deux citadelles amazighs : Tahar Zbiri, Saîd Abid, Krim Belkacem, Mohamed Khider, etc... ou à les exiler tels Aît ahmed, Boudiaf, Med Harbi, etc...

� faire taire toute élite intellectuelle de ces deux bastions amazighs : Kateb Yacin, Mouloud Mammeri, etc...

Et enfin et surtout A PLANIFIER UNE DIVISION SCIENTIFIQUE DES KABYLES ET DES CHAOUIS POUR ASSOIR UNE DICTATURE ARABO-BAATHISTE d’abord et ARABO-ISLAMISTE ensuite. La stratégie machiavélique du pouvoir consistait à entretenir une "guerre fratricide secréte entre les Kabyles et les Chaouis" par sécurité militaire interposée. Les agents Kabyles devaient s’occuper des Aurès, et les agents Chaouis s’occuper de la Kabylie. Les uns étaient taxés de "Qbayli lkarouch, Qbayli elfayeh", les autres étaient des "BTS". Les uns étaient accusés "d’être manipulés par la France", alors que le pouvoir lui même avait permis à la France de poursuivre ses essais d’armement chimique à Colom Béchar (base B2 Namous) jusqu’à tous récemment. Les autres étaient accusés "d’avoir accaparés l’armée".

Bref, le complot semble avoir bien réussi pour le pouvoir dictatorial puisqu’à la longue une "méfiance" existe bel et bien entre les deux communautés. En s’attaquant à tout ce qui est authentiquement algérien, c’est à dire en détruisant le dénominateur commun des Kabyles et des Chaouis (amazighité), les stratèges du pouvoir ont poussé les Kabyles plus vers le projet de société d’une Algérie laïque et ouverte sur l’Occident, et les Chaouis plus vers le projet de société d’une Algérie arabo-islamiste et parti intégrante du "monde arabe". On se souvient de la fameuse déclaration choquante de l’écrivain Tahar Ouattar après l’assassinat de Tahar Djaout où il disait que c’était une "perte pour sa famille et la France".

Les fanatiques islamistes, monstres enfantés par le pouvoir et dont le projet de société est le même que celui du pouvoir (une république islamique) concentrent leur massacre sur ces deux bastions amazighs parce que ce sont les seuls à même de déjouer leur plan.

Il est donc temps que les Kabyles et les Chaouis fassent leur "auto-critique", et qu’ils tentent de renouer le dialogue afin de rétablir des rapports de confiance mutuelle. Ils représentent la colonne vértébrale de l’Algérie, et seule une nouvelle alliance Aurès-Kabylie pourrait mettre fin à la crise, au fanatisme et au terrorisme qui a déjà fait plus de 200 000 victimes. Cette nouvelle alliance Kabylie-Aurès permettre de remettre l’Algérie sur son véritable socle, et de redéfinir le projet de société en l’arrimant sur les réalités algériennes notamment l’amazighité.

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moh arwal

BRAVO

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