Bouteflika : de la propagande en lieu et place de gouvernance

Le chef de l'Etat malade, qui dirige l'Algérie ?
Le chef de l'Etat malade, qui dirige l'Algérie ?

Le gouvernement de Bouteflika est dans un tel état de délabrement qu’il démarre actuellement une campagne de propagande pour cacher son incompétence à gérer le pays.

Avec grand sérieux, le ministre de la Communication, Hamid Grine, a osé affirmer pendant la Journée internationale de la liberté de la presse qu’en Algérie, la liberté d'expression existe, qu’elle est totale et que le pays a intégré le rang des nations où la liberté d'expression est totale. Hamid Grine ne doit pas être habile avec les ordinateurs et Internet. S’il l’avait été, il aurait pu voir sur le site de Reporters sans frontière que l’Algérie sous son gouvernement est au 129e rang sur 180 pays, ce qui le met dans le tiers des pires pays pour la liberté de presse. Chose encore plus choquante, l’Algérie de Bouteflika a perdu 10 points au classement en 2016. Il lui est reproché ses promesses non tenues et des pressions directes et indirectes qui n’en finissent pas de s'abattre sur la presse indépendante. L’organisme cité aussi le retrait soudain de plusieurs annonceurs publicitaires sous pression ce qui a causé des baisses de revenus publicitaires pour les quotidiens critiques envers le pouvoir algérien. L’organisme réprouve aussi les propos du porte-parole du FLN sur la presse française.

En fait, il y a actuellement un tel respect de la liberté de presse en Algérie que sous prétexte qu’ils ont "porté atteinte" à l’image du chef de l’Etat, il a été interdit d’émettre des visas d’accès à des journalistes français. Les propos du secrétaire général du FLN, Amar Saâdani, qui a réagi à la publication d'une photo montrant Bouteflika très affaibli, viennent pourtant d’être contredits par une vidéo de la récente visite de Ban Ki-moon. Dans cette vidéo de l’audience accordée au secrétaire général de l’ONU, on voit là aussi un Bouteflika perdu, au regard figé dans le vide, et ce, quelques jours avant le passage du premier ministre français. Ce n’est que la faute du gouvernement algérien qu’Abdelaziz Bouteflika qui n’est plus en mesure d’assumer ses lourdes responsabilités de chef d’Etat soit encore en poste. Dénoncer tous ceux qui s'offusquent de le voir dans ce lamentable état, n’est pas quelque chose que l’on pourrait s’attendre d’un pays qui dit faire la promotion de la liberté de presse.

Bref, à l’inverse des propos d’Hamid Grine, et comme le confirme les médias internationaux, la liberté de la presse est en recul en Algérie. Cela pourrait même empirer puisque le gouvernement tente actuellement d’utiliser ses médias pour faire mieux passer ses campagnes de propagandes. Dans le message adressé aux journalistes la veille de la célébration de la Journée mondiale de la presse, le président Abdelaziz Bouteflika a invité les journaux du pays à participer à l'effort de la réforme nationale. Il insiste sur le rôle que le secteur de l'information devra jouer pour que cette réforme soit réussie. Selon les propos du président, "le secteur de l'information dans notre pays fournira un service important à notre société en contribuant à expliquer l'impératif de la consolidation de l'Etat de droit et à convaincre de la nécessité de réhabiliter l'effort et le travail et de promouvoir la qualité, des valeurs qui permettent d'être au diapason des pays émergents parmi lesquels l'Algérie mériterait légitimement sa place." Bref, les médias doivent montrer ce que le gouvernement voudrait bien qu’ils voient.

Que les propos du gouvernement évacuent complètement sa responsabilité dans le désastre financier dans lequel est actuellement le pays ne semble pas le déranger. Une information équilibrée dans un pays qui a une vraie liberté de presse demanderait que les deux côtés de la médaille soient examinés. Le gouvernement devrait alors reconnaître ses torts et agir pour donner une place réelle à la population dans la gestion du pays. Dans l’état où est actuellement l’Algérie, un gouvernement d’union nationale où le peuple reprendrait en main les leviers du pouvoir semble l’avenue la plus prometteuse. Mais pour que cela arrive, il faudrait cependant une presse libre qui montre la situation économique de l’Algérie comme elle est et pointe les responsables du gâchis.

Ce n’est cependant pas ce que l’on voit. Actuellement, selon le gouvernement et ses propagandistes, il n’y a rien ni personne à changer à la tête de l’État. Cela même si sans dire qu’il en est la cause première, le gouvernement confirme que l’Algérie fait face à une dépendance quasi totale aux recettes des hydrocarbures accompagnés par une implosion de ses importations commerciales avec une augmentation spectaculaire de leurs coûts. Ceci l’oblige donc de recourir à ses réserves de change qui fondent sans qu’il n’y puisse faire grand-chose. Ce que le gouvernement voudrait, c’est que les Algériens croient que ce qui arrive à l’Algérie est la faute du monde entier, et non de ses dirigeants.

Michel Gourd

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Commentaires (5) | Réagir ?

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Bachir Ariouat

C'est depuis 1962, voir avant, cela remonte a l'époque des bureaux arabes, que le peuple Algérien a été soumet à des propagandes des uns et des autres, contre ses intérêts dans son pays, sur ses terres, contre sa culture, son histoire et sa langue, alors cela fait que continuer, et cela continuera c'est le peuple ne prend pas en charge son pays.

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Med Sadi

"Il est beau le lavabo", un refrain d'une chanson satirique d'un animateur de télé. C'est qu'ils veulent entendre des journalistes, en particulier et du peuple, en général. Mais la réalité est là. Le pays est au bord du précipice. Ne faut-il pas sonner l'alarme pour redresser la situation? Ils le refusent quitte "à faire un grand pas en avant". (Dixit Kaïd Ahmed). Que le Bon Dieu nous préserve de ce malheur.

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Ceux qui peuvent le redresser, c'est le peuple pas, ceux qui le dirigent actuellement, le lavabo boucher lorsqu'il est plein il déborde, alors qu'attend le peuple, que ce soit un autre envahisseur qui vient le délivrer comme à l'époque de pour livrer notre pays à une autre puissance étrangère, comme ceux qui sont à la tête aujourd'hui et ceux qui été à sa tête avant l'arrivée de la France en Algérie.

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