L’Algérien arrêté en Autriche était lié aux attentats de Paris

Adel Haddadi et Mohamed Usman
Adel Haddadi et Mohamed Usman

Adel Haddadi (Algérien) l'un des deux djihadistes présumés arrêtés en Autriche en décembre dernier dans un camp de réfugiés a avoué qu'il devait initialement faire partie des kamikazes programmés pour frapper Paris le 13 novembre, écrivent mardi Le Monde et Le Parisien.

Adel Haddadi, un Algérien de 29 ans, faisait partie à l'origine du seul commando non européen du 13 novembre en compagnie d'un Pakistanais de 22 ans, Muhamad Usman, arrêté en même temps que lui en Autriche en décembre. "Ils m'ont dit que je devais aller en France, pour y accomplir une mission, et que je recevrais des instructions là-bas", a-t-il confié le 12 février aux policiers autrichiens.

Les deux hommes, Adel et Muhamad, ont voyagé ensemble de Syrie jusqu'à l'île grecque de Leros le 3 octobre 2015 avec les deux frères irakiens qui se sont fait exploser aux abords du stade de France. Au total, 139 migrants présumés sont passés à Leros ce jour-là et les enquêteurs cherchent à savoir si d'autres commandos présumés ne se sont pas glissés parmi eux.

La découverte des vrais faux passeports des frères irakiens du stade de France avait immédiatement inquiété les services de renseignement français, indique une source policière.

"L'enquête a confirmé que plusieurs membres du commando parisien avaient traversé les frontières européennes au sein des flux de migrants", ajoute-t-elle. "On ne peut exclure que des commandos dormants soient dans la nature. Reste à savoir où ils se trouvent en Europe".

Seule leur interpellation sur l'île de Leros pour détention de faux passeports, le 3 octobre, empêchera Adel Haddadi et Muhamad Usman de poursuivre leur route vers Paris avec les deux kamikazes de Saint-Denis, précise Le Monde. Ils reprendront trois semaines plus tard leur chemin à travers l'Europe avant d'être de nouveau arrêtés le 10 décembre dans un camp de réfugiés en Autriche.

Selon Le Parisien, Adel Haddadi a évoqué le rôle clé d'un homme se faisant appeler "Abou Ahmad", qui depuis Rakka, la capitale de l'Etat islamique en Syrie, a joué le rôle de recruteur et d'intendant. Ce dernier aurait confié à ses recrues un téléphone portable disposant de numéros préenregistrés, ainsi que des faux passeports.

Les deux hommes auraient été interpellés à Leros parce qu'Usman, qui est Pakistanais, ne parlait pas bien arabe, tandis que son compagnon algérien était incapable de décrire Alep, ville supposée de sa naissance, précise le quotidien.

Remis en liberté trois semaines plus tard, les deux hommes auraient sollicité Abou Ahmad pour obtenir de l'argent, 1.782 euros versés par le biais d'un virement Western Union. "Ils sont tristes parce qu'ils sont toujours en vie, parce qu'ils pensent qu'ils auraient dû être des martyrs. Ils sont tristes de ne pas être morts avec les autres en France", raconte un officiel européen, cité par le "Washington Post".

Paris pourrait réclamer l'extradition des deux djihadistes présumés, qui pourraient comparaître aux côtés de Salah Abdeslam et de Mohamed Abrini, les seuls auteurs directs des attentats encore vivants à avoir été mis en examen à ce jour.

Avec Reuters

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elvez Elbaz

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