Entre Chakib et Saïd, le cœur d’Abdelaziz Bouteflika balance

Malin celui qui devinera les pensées du chef de l'Etat.
Malin celui qui devinera les pensées du chef de l'Etat.

Le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, continue de jauger, l’un après l’autre, ses potentiels successeurs au palais d’El Mouradia, pour ne pas avoir à chercher midi quatorze heures le jour où il devra passer la main.

Sa technique de jaugeage consiste à exposer quelqu’un de son entourage devant l’opinion publique et voir les réactions qui s’en suivront. Cela pourrait paraitre, à première vue, trop simple et naïf à la fois, mais Abdelaziz Bouteflika ne semble pas avoir trouvé mieux. Il ne faut surtout pas lui parler de sondages !

Au cours de son troisième mandat, Abdelaziz Bouteflika a jaugé d’abord son frère cadet, Saïd. A l’époque, on s’en souvient, Louisa Hanoune et Ahmed Ouyahia, sans que personne ne leur pose la question, avaient subitement commencé à parler de Saïd Bouteflika et de son intention de ne pas succéder à son frère à la présidence de la République. Le but était bien sûr de voir la réaction de la rue, laquelle réaction n’a sûrement pas été du goût d’Abdelaziz Bouteflika.

Après son frère Saïd, le chef de l’Etat jette son dévolu sur Lakhdar Brahimi (82 ans) qu’il recevra plus que toutes les personnalités connues ces dernières années. Suite à quoi, Abdelaziz a certainement mis un trait sur le nom de Lakhdar Brahimi qu’il ne reçoit plus comme avant d’ailleurs. Lakhdar Brahimi est en bonne santé, certes, et jouit également d’une certaine notoriété nationale et internationale, mais il est à un âge où on parle plus de la sieste et des journées ensoleillées que de politique et de diplomatie.

Voyant donc l’échéance de 2019 arriver à grands pas et se sachant gravement malade, Abdelaziz Bouteflika donne l’impression de vouloir jouer le tout pour le tout, en optant pour un candidat exceptionnel, Chakib Khelil en l’occurrence. C’est la seule personne, disent des initiés, qui pourrait faire l’affaire pour Abdelaziz Bouteflika et son clan.

Le retour de Chakib Khelil des USA dans les conditions que l’on sait et ses sorties passées et à venir dans des zaouïas de l’Algérie profonde ne sont en réalité qu’un moyen de jaugeage du personnage. Mais si dans les zaouïas Chakib Khelil a été bien accueilli, pour le quidam, en revanche, ces pèlerinages savamment orchestrés et très médiatisés s’apparentent à de la provocation, pour ne pas dire autre chose.

Ainsi donc, le chef de l’Etat a maintenant au moins trois proches jaugés et prêts à l’emploi, au cas où… Reste à savoir si Abdelaziz Bouteflika se contentera d’un des trois, ou s’il optera plutôt pour une sorte de joker qu’il pêchera le moment venu dans l’immense vivier qu’il a entretenu à coups de milliards.

Pour l’anecdote, d’aucuns font le parallèle entre ceux qui, sans scrupules, veulent voir Chakib Khelil (77 ans) président de la République et ces villageois qui, selon un conte bien de chez nous, avaient naïvement demandé au loup de garder leurs moutons. Entre le conte et la réalité, il n’y a parfois qu’un pas. Abdelaziz Bouteflika le franchira-t-il ? Attendons pour voir !

Ahcène Bettahar

Plus d'articles de : Politique

Commentaires (12) | Réagir ?

avatar
salam benzzedine

Walah, que cet article, et sa façon de poser des postulats posent plus de problèmes de formes que le sujet lui même. Il nous impose des chemins qu'il est seul a avoir pris pour argent content.

A mon avis le but de l'article est surtout de brouiller les pistes et embrouiller nos cerveaux en nous faisant fixer le doigt qui nous montre la lune.

avatar
Toufik KLOUL

Monsieur BETTAHAR, vous me pardonnerez de vous dire que vous êtes choquant et ce, à plusieurs titres.

D'abord la photo que vous nous exposez nous montre un homme dont l'état de santé appelle au repos et nécessite un accompagnement médical de tous les instants. Un homme qui déconnecté de la réalité des choses présente un regard vide

Vous nous le présentez ensuite comme un homme capable de jauger, d’analyser.

Vous faites ainsi le jeu des ennemis de notre pays qui clament haut et fort à qui veut l'entendre que ce Monsieur est en possession de tous ses esprits (Dormez tout va bien dans le meilleur des mondes)

A ce stade je vous demande :

« Êtes-vous là pour nous faire partager votre fourvoiement ou uniquement pour nous fourvoyer nous pauvres ignorants ? »

Vous continuez, en nous présentant Monsieur KHELLIL en candidat exceptionnel.

« Êtes-vous chargé de sa promotion ? »

Pour résumer vos dires, l’Algérie est un royaume dont le roi clairvoyant sentant sa mort prochaine fit venir du bout du monde super KHELLIL pour assurer l’avenir tranquille de ses sujets que nous sommes.

Bien à vous

avatar
Aksil ilunisen

Ce genre de journalisme represente un arriere gout aromatisé des harkas d'hier qui fait surface aujourd'hui.........

Pour que ces idiots ne prennent pas la plume pour investor les medias et se prendre pour des personnes avertis en matiere de politique, et aussi pour que l'Algerie soit vraiment algerienne avec un esprit critique et cartesien, une revolution de la pensée a tous les niveaux est necessaire.

visualisation: 2 / 10