Le scandale "Panama Papers", les visas et la "normalisation" !

L'image du président relayée par les réseaux sociaux est des plus inquiétantes.
L'image du président relayée par les réseaux sociaux est des plus inquiétantes.

A priori il n’existe aucun lien entre les trois affaires, cependant, lorsqu’on regarde les évènements de près on constate qu’il y a des convergences. Lesquelles ?

Le scandale de "Panama papers" vient de discréditer la tentative de la "normalisation" de certains hommes proches du centre de décision, et la Une du quotidien français Le Monde a aggravé leur image. Nous savons que les pouvoirs algériens ont accordé, et il accorde toujours, une importance aux journaux parisiens, d’ailleurs il fut un temps où les autorités algériennes s’exprimaient (ent) et dévoilaient (ent) leurs projets politiques, sociaux et économiques dans ces quotidiens, en négligeant les quotidiens nationaux. Faut-il rappeler que le locataire du palais de Zéralda a donné des interviews à des journaux, télés et radios françaises sans en donner un seul entretien aux journalistes algériens. C'est dire l'estime qu'il cultive pour la presse algérienne. Mais passons.

La réaction des autorités algériens discrédite leurs arguments pour justifier la dernière révision de la constitution, ainsi que les arguments pour la normalisation de certains hommes politiques écartés ou accusés, "à tort", de corruption.

Premièrement : si la nouvelle constitution est venue pour renforcer les valeurs démocratiques et républicaines, en donnant une place importante à l’émergence de la société civile, pourquoi interdit-elle des visas à certains journalistes français ? (Car la liberté, d’exprimer, de circuler, etc., sont les éléments fondamentaux dans une démocratie). Il faut préciser que les quotidiens français ne dépendent pas des autorités étatiques françaises, mais dépendent des règles de l’économie du marché (les actionnaires), ainsi que des droits constitutionnels. Si le journalisme symbolise le quatrième pouvoir, la liberté d’expression, pourquoi les autorités algériennes ont-elles réduit cette liberté ? Cependant, pourquoi les autorités algériennes n’ont-elles pas ouvert des enquêtes pour les noms cités par le scandale "Panama Papers" ? Leurs réactions exagérées aux articles publiés dans la presse parisienne sont-elles une manière pour détourner l’opinion publique de ces affaires ?

Deuxièmement : Si la nouvelle constitution vient pour donner une place importante à la justice, ces trois affaires démentent l’incapacité de cette institution de s’affranchir du centre décisionnel et son indépendance ne dépend pas des institutions mais des personnes. En la matière, la faiblesse des institutions, ici la justice, est patente.

Troisièmes point : Quelle place a-t-on accordé au peuple dans les trois affaires ! Aucune ! Comme si l’opinion publique n’a pas de place !

Dans un monde connecté, l’information ne peut plus être cachée, cependant, elle peut être discréditée et parasitée par d’autres informations qui peuvent la noyer. Seulement les esprits éveillés et vigilants peuvent trier le vrai du faux ! Restons éveillés !

Yazid Haddar

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Commentaires (1) | Réagir ?

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khelaf hellal

En voulant museler la liberté de la presse en France on tombe forcément dans les rez de ce quatrième pouvoir qui ne se laisse pas soudoyer ni aliéner dans ces pays-là. Il est tenu au devoir de vérité et au devoir d'irrespect et à fortiori lorsqu'on tente de lui mettre les bâtons dans les roues. Circulez ! Il n'y a rien vraiment pas de quoi se compatir!