Etudiants algériens : statut défavorisé en Algérie

Les étudiants algériens en France vivent une situation peu enviable.
Les étudiants algériens en France vivent une situation peu enviable.

Ce samedi 26 mars 2016 à Alger, l’Association des Algériens des deux rives et leurs amis (ADDRA) a rendu public leur rapport sur la situation administrative des étudiants algériens en France. Dans cette étude, l’association aborde six points relatifs au vécu des étudiants sur le sol français : Précarité, solitude et dépression ; Démarche Campus France ; Demande de visa auprès du Consulat de France ; Arrivée en France ; Démarches administratives à la préfecture ; accès au marché du travail.

L’Algérie et la France sont liées à travers l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 qui réglemente le séjour, les études, l’emploi, l’activité commerciale, industrielle et artisanales et la circulation des ressortissants algériens en France.

Plusieurs appels de personnalités et d’associations algériennes ou franc-algériennes ont été lancés aux autorités algériennes pour mettre en place, avec la France, un nouvel avenant à l’Accord franco-algérien du 27 décembre 1968 pour une réelle affirmation du droit au séjour à travers les études et l’exercice des activités commerciales, salariales, industrielles et artisanales des ressortissants algériens de France.

Depuis les dernières révisions du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le statut du ressortissant algérien est devenu le plus défavorable à l’accès au droit au séjour.

Il est vrai que l’étudiant algérien non-boursier, lorsqu’il arrive en France, est souvent livré à lui-même. Les structures de conseil, d’information et de prise en charge sont inexistantes. Un nouvel avenant à l’accord franco-algérien s’impose naturellement.

Le gouvernement algérien doit en priorité maintenir les acquis des précédents avenants et rajouter des nouvelles dispositions applicables à tous les ressortissants étrangers telles que : Les cartes pluriannuelles des étudiants, des salariés, des commerçants ; la délivrance de l’autorisation provisoire de séjour d’une durée de douze mois pour les diplômés du Master 2 ; Réception et examen des demandes du changement de statut.

La carte pluriannuelle pour TOUS les étudiants étrangers SAUF les Algériens

La carte pluriannuelle est d'une durée comprise entre deux et quatre ans. Elle est délivrée automatiquement en bénéficiaire après un an de présence en France sous un visa de long séjour ou une carte de séjour portant la mention «étudiant». L’étudiant doit être pré-inscrit ou inscrit dans une formation conduisant à un diplôme au moins équivalent au master.

Ainsi, l’étudiant ayant terminé sa licence en France et qu’il est admis à suivre un master, Il pourra recevoir une carte de deux ans.

La carte pluriannuelle ne sera octroyée qu'après un an de résidence légale et régulière en France, et le demandeur devra se présenter à ses examens, progresser dans ses études, être cohérent dans son parcours universitaire. Le caractère réel et sérieux des études est vérifié par l’administration préfectorale.

Une fois les études terminées, ceux qui auront obtenu un diplôme «au moins équivalent au grade de master», pourront bénéficier d’une carte de séjour temporaire, d’une durée maximale d’un an, «autorisant l’exercice d’une activité professionnelle». Son obtention devra se justifier par un contrat de travail, «à durée indéterminée ou à durée déterminée, en relation avec sa formation et assorti d’une rémunération supérieure à un seuil déterminé par décret en Conseil d’Etat.»

L’Assemblée nationale a aussi adopté le «passeport talent» pour les chercheurs étrangers.

La carte pluriannuelle «passeport talent» ne concerne pas les ressortissants algériens :

La loi n 2016-274 du 7 mars 2016 relative au droit des étrangers en France vient d’être publiée dans le journal officiel.

Le texte crée le titre «passeport-talents», de quatre ans, qui remplacera la multitude de titres existants pour les étrangers qualifiés ou ayant une compétence particulière (artistes, scientifiques, sportifs...).

Non-applicabilité de l’autorisation provisoire de séjour aux étudiants algériens en recherche d’emploi :

Une situation d’injustice à laquelle sont confrontés les étudiants algériens après l’obtention du diplôme du master 2.

Une autorisation provisoire de séjour (APS) d’une durée de 12 mois peut être délivrée à certains étudiants étrangers souhaitant compléter leur formation par une première expérience professionnelle.

Cette disposition ne concerne pas les étudiants algériens dont le droit au séjour en France est régi par les dispositions de l’accord franco-algérien.

La durée de l’APS et son caractère renouvelable varient en application d’accords conclus par les autorités françaises avec certains pays.

Conformément aux dispositions de l’article R. 5221-26 du Code du travail, l’étranger bénéficiaire d’une APS "étudiant en recherche d’emploi" d'une durée de 12 mois est autorisé, jusqu’à la conclusion du contrat correspondant à sa première expérience professionnelle, à exercer une activité salariée dans la limite de 964h.

L'emploi, cherché ou exercé, doit être en relation avec la formation suivie. La rémunération de cet emploi doit atteindre un seul fixé à une fois et demie le montant de la rémunération minimale mensuelle.

Enfin, ces dispositions ne concernent pas les étudiants Algériens car le statut relève de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968. La situation des ressortissants algériens est aujourd’hui, en droit, un peu moins favorable que celle des autres populations étrangères, contrairement à la situation des ressortissants étrangers et notamment les ressortissants Marocains et Tunisiens. Les accords bilatéraux de ces derniers renvoient à l’application du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile pour les principes et les regèles qui ne sont pas abordés dans les deux accords franco-marocain et franco-tunisien.

L’inapplicabilité de cette situation aux ressortissants algériens, alors qu’ils représentent près du quart des entrées permanentes en France, pose un véritable problème. Dans le souci de créer une justice, le gouvernement algérien doit intégrer ces principes dans un nouvel avenant qui peut être projeté avec le gouvernement français.

Fayçal Megherbi, avocat au Barreau de Paris

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Commentaires (2) | Réagir ?

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mhand said

a mon avis, ceci est deliberement voulu par les resp. algériens, pour aider leur progéniture a avoir plus de chance, sans qu ils soient gênés ou concurrences par ces étudiants de 2 eme zone (les sans piston) qui sont très competants par rapport aux leurs.

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Absolument, vous devez savoir que les bourses d'état offertes par tous les gouvernements a l'Algérie, sont

réservées exclusivement aux enfants des hauts cadres

de l'état. S'agissant de la France, la priorité est donnée aux fils de : Caïds et Bachagas, et bien sur les fils de Harkis, et autres suplétifs, laisser en dépôt après 1962.