"Jésus selon Mahomet", une quête passionnante des textes anciens

La couverture de l'ouvrage.
La couverture de l'ouvrage.

Cet ouvrage écrit par Gérard Mordillat et Jérôme Prieur est un document particulièrement éclairant sur les croisements possible entre le Jésus, Coran et la Bible.

Disons-le tout de suite, "Jésus selon Mahomet" peut déstabiliser plus d’un musulman. Certes savant puisant son argumentation de plusieurs sources religieuses et historiques, ce livre se donne à lire comme une enquête pour retrouver les articulations entre Jésus et le prophète de l’islam. La crucifixion de Jésus, Marie et sa place, l’exil de Mahomet, la fin des temps… Les deux auteurs réussissent posent beaucoup de questions, croisent leurs sources, font appel à des déductions pour accréditer certains faits ou les démentir. Ils rappellent combien Marie a eu une place importante dans le Coran, beaucoup plus importante que de nombreuses femmes.

Il apparaît évident pour les auteurs que le coran n’est pas naît ex nihilo, de rien. C’est la thèse qu’ils vont dérouler, argumenter dans cet ouvrage.

Sur l’exil du prophète, les auteurs rappellent que Mahomet a eu du mal à se faire écouter au début à Médine. "Paradoxalement c’est son bannissement qui va offrir à Mahomet la chance inespérée de trouver une audience favorable et obtenir la place que ses concitoyens lui refusaient. Arrivé à Médine –aussi douloureux que peu glorieux que cela ait pu être – Mahomet, en tant qu’homme venu d’ailleurs, à la parole si étrange, va enfin acquérir le statut de prophète", écrivent-ils qui estiment que "ce fait est un marqueur essentiel pour la compréhension de l’émergence de l’islam". "Apocalyptique" à la Mecque, il devient "législateur" à Médine. Les auteurs échafaudent et compilent au fil des pages les sources et les auteurs. Sur la fin du monde, ils constatent que le prophète de l’islam n’a aucun rôle. Tout est dévolu au retour de Jésus. Une similitude dans la description de cet événement est par ailleurs observée entre les sources chrétiennes et musulmanes. "L’Heure n’aura pas lieu tant que Jésus fils de Marie ne sera pas descendu pour être un juge équitable et un chef juste", (selon Sounan Ibn Madja). Toutes les sources musulmanes (Muslim, Bukhâri et autres) en effet évoquent le retour de Jésus.

La question de savoir si Mahomet a été instruit a été posée par les deux auteurs pour ensuite poser les éléments historiques de leur enquête. Waraqa Ibn Nawfal, parent de Khadidja, femme du prophète, est cité comme étant celui qui a été "l’inspirateur" de Mahomet. "Cet homme qui a été cousin d e Khadidja du côté de son père, avait embrassé le nazaréisme avant l’apparition de l’islam. Il savait écrire l’hébreu et avait copié en hébreu toute la partie de l’Evangile que Dieu avait voulu qu’il transcrivît". (Bukhâri numéro 60). L’autre version, celle de Muslim, rappelle : "Le prêtre Waraqa écrivait le Livre hébreu. Il écrivait de l’Evangile en hébreu ce que Dieu voulait qu’il écrivît" (Muslim n°28). L’importance de ce prêtre aux yeux de Mahomet était immense. A preuve ? "Lorsque Waraqa fut décédé la révélation s’est tarie», écrit Bukhâri n°111). Puis ajoute : "Le Prophète selon ce qu’on nous a communiqué éprouva alors une telle tristesse et une telle amertume qu’il songea à aller précipitamment se jeter du haut des hautes montagnes. Cependant toutes les fois qu’il était au sommet d’une montagne, prêt à se jeter dans le vide, Jibril lui apparaissait et s’adressait à lui en ces termes : "Muhammed ! Tu es sans aucun doute l’Envoyé de Dieu". Cela le rassurait et le dissuadait de son acte. (Bukhâri n°911).

Jésus selon Mahomet fourmille d’histoires périphériques, de témoignages sur la vie du Mahomet. Il explore les croisements entre les trois religions monothéistes, apporte un éclairage saisissant, qui peut troubler des certitudes de musulmans. Un livre à lire à tête reposée.

Kassia G.-A

"Jésus selon Mahomet" de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur paru au Seuil/ARTE Editions

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Commentaires (8) | Réagir ?

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klouzazna klouzazna

Ce qui étonne dans cette histoire ce ne sont certainement pas les auteurs de ce livres qui ont leur croyance et leur conviction mais c'est celui qui essaye de vendre leur salade comme un fait avéré... comme si les uateurs avaient décroché un interview avec le prophète pour rapporter son avis sur le christ... omettant au passage le fait que ces auteurs n'ont écrit que leur propre interprétation de ce qu'ils avaient lu et compris des documents qu'ils avaient réussi à réunir... une opinion personnelle qui reste contestable !!!! car non objective !!!

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urfane

Entre Jésus et Mahomet, deux révolutionnaires terriens, il existe une différence fondamentale. Pour réussir leurs projets respectifs, le premier à choisi l'amour comme vecteur philosophique "que celui qui n'a pas péché lui jette la pierre, disait-il" alors que le second a opté pour la guerre a laquelle il a participé (ghazouat ouhoud et badr) le glaive à la main en entonnant "aslim, taslam". A l'inverse de Che GUEVARRA? ils ont réussi leurs projets à notre grand désespoir nous autres ici-bas. le cauchemar continue pendant que godo reste muet.

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Kichi Duoduma

@Urfane: Ces deux bonhommes n'ont jamais “réussi” dans leurs projets, pour la simple raison qu'ils sont des personnages fictifs pour commencer. D'abord, même s'il avait existé, Jésus aurait été un personnage sanguinaire, pire que Mohamed en fait. Cette histoire de "la première pierre" est un faux qui a été ajouté à la Bible mille ans après la soit-disant mort de Jésus. Tu peux rechercher en ligne si tu veux. Aucne Bible d'avant le 10ème siècle ne contient ce célèbre passage. Mais le reste de la Bible n'est pas moins faux de toutes façons.

Quant à Mohamed, s'il a existé, il serait mort longtemps avant que les conquêtes en son nom n'aient même germé dans l'esprit des premiers conquérants arabes. Il n'avait strictement rien à voir avec ces conquêtes, on a juste utilisé son nom longtemps après sa mort, à son insu naturellement, donc il n'a rien réussi.

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