Après 32 ans au pouvoir, Sassou Nguesso encore "réélu" président du Congo

Denis Sassou Nguesso
Denis Sassou Nguesso

Les réjouissances se poursuivent pour le clan Sassou Nguesso, qui vient d’être « réélu » encore une fois à la tête du Congo-Brazzaville.

Comme toute les dictatures qui font mine d’organiser des élections, le Congo se réveille avec le même président-dictateur. Le président congolais sortant, Denis Sassou Nguesso, qui cumule 32 ans de pouvoir à la tête de son pays, a été «réélu» dès le premier tour lors du scrutin présidentiel de dimanche avec 60% des voix, a annoncé jeudi le ministre de l'Intérieur Raymond Zéphyrin Mboulou. Une paille dans ce pays d’une main autoritaire par le clan familial des Nguesso.

"Les dés étaient pipés"

Selon le décompte officiel, Guy-Brice Parfait Kolélas arrive deuxième avec un peu plus de 15% des voix, et le général Jean-Marie Michel Mokoko troisième avec environ 14%. Mercredi, ces deux candidats d'opposition avaient contesté les résultats partiels publiés la veille par la Commission nationale électorale indépendante (CNEI), qui donnait M. Sassou Nguesso en tête avec 67% des voix. En vain. «Comment voulez-vous qu'on accepte un tel résultat, a déclaré le général Mokoko en appelant à un recompte des voix. Je savais d'avance que les dés étaient pipés, mais nous avions accepté de jouer le jeu», a ajouté celui qui était jusqu'en février conseiller du président Sassou Nguesso pour les affaires de paix et de sécurité.

Vivien Manangou, porte-parole de M. Kolélas, a estimé pour sa part que la réélection de M. Sassou Nguesso relevait d'une fraude massive et de la magie.

Il est vrai que vu les conditions dans lesquelles a eu lieu la présidentielle, elle ne souffrait d’aucune surprise. Faut-il rappeler que le pouvoir a coupé internet et tous les moyens de communication dans le pays. La consultation électorale de dimanche, pour laquelle concouraient neuf candidats, s'est déroulée en effet en l'absence de télécommunications dans l'ensemble du pays. Les autorités avaient déclaré sans rire "avoir ordonné ce black-out à la veille du scrutin pour des raisons de sûreté nationale afin d'empêcher l'opposition de commettre une illégalité en publiant elle-même les résultats de l'élection". Pas s eulement, le potentat a déployé ses forces armées dans les rues pour tenir en respect l’opposition et avertir sa population contre tout mouvement de protestation de sa "réélection".

La candidature de M. Sassou Nguesso, né en 1943, a été rendue possible après un récent changement de constitution qualifié de coup d'Etat constitutionnel par les détracteurs du président sortant. En octobre dernier, il a trituré la constitution comme seuls les autocrates savent le faire (Bouteflika avait donné l’exemple en 2008) pour briguer un énième mandat. La France où le potentat compte beaucoup d’amis dans le sérail politique et des propriétés a à peine soulevé une timide réprobation. Il compte parmi ses illustres invités dans la classe politique française des noms de gauche comme de droite, comme Dominique de Villepin, Rachida Dati, Jean-François Copé, à droite et la maire de Paris, Anne Hidalgo, ou Christiane Taubira, l’ancienne ministre de la Justice, révèle le Canard Enchainé. Ce beau linge doit piaffer d’impatience de recevoir son carton d’invitation aux réjouissances de cette troisième intronisation !!! Et n’hésiteront pas ensuite à gloser sur la démocratie africaine !!!

Denis Sassou Nguesso a dirigé le Congo, petit pays pétrolier d'Afrique centrale, sous le régime du parti unique de 1979 à 1992. Battu cette année-là par Pascal Lissouba à l'élection présidentielle organisée après l'instauration du multipartisme, il est revenu au pouvoir en 1997 à l'issue d'une violente guerre civile. Il a été «élu» président en 2002 puis en 2009.
Pendant que la famille roule sur l’or noir, près de la moitié du peuple congolais vit au-dessous du seuil de pauvreté.

L'ONG Transparency ont révélé en 2008 Denis Sassou Nguesso, président du Congo-Brazzaville, et son entourage : 24 appartements, 112 comptes bancaires et deux voitures appartenant à Wilfrid Nguesso, fils du président congolais, d'’un montant de 200 000 euros.

Trois associations (le CCFD-Terre Solidaire, Sherpa et la Fédération des Congolais de la Diaspora) ont déposé plainte contre les Nguesso et leurs affaires en France. L'affaire des biens mal acquis vise aussi d'autres dirigeants africains, bien en cour à Paris comme Omar Bongo et François Bozizé. cependant les plaintes déposées en 2008, 2009 contre ces chefs d'Etat se sont évanouies dans les méandres judiciaires françaises.

Yacine K./AFP

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Commentaires (1) | Réagir ?

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khelaf hellal

En tant que valet de la Françafrique, cela a donné au président congolais de la longévité au pouvoir et une puissance inégalée sur le dos de son peuple, il en a même fait des émules de dictateurs fantoches sur le continent Africain, des dictateurs riches comme crésus, qui ont acheté des biens immobiliers dans les quartiers chic de la capitale française avec les fortunes mal acquises et les deniers publics subtilisés à leurs peuples. Il en a fait des émules de dictateurs fantoches agrippés au fauteuil présidentiel et qui rempilent mandat sur mandat avec le soutien de leurs mentors de la Françafrique, il en a même qui ne désespèrent pas se voir décerner la médaille de mérite en tant de chevalier de la la légion d'honneur française en se disant chaque fois que le prochain mandat sera celui de la consécration et des honneurs de la France au service de laquelle ils roulent.