Le dollar aide le pétrole à remonter au plus haut de l'année

Le dollar aide le pétrole à remonter au plus haut de l'année

Les cours du pétrole ont nettement monté jeudi, pour terminer au plus haut de l'année à New York, aidés par un net affaiblissement du dollar qui s'est ajouté à un contexte d'optimisme sur une baisse concertée de l'offre entre grands producteurs.

Le cours du baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en avril, qui avait déjà pris plus de deux dollars la veille, a gagné 1,74 dollar à 40,20 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), un niveau où il n'avait plus terminé depuis décembre 2015.

A Londres, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a avancé de 1,21 dollar à 41,54 dollars, sur l'Intercontinental Exchange (ICE), lui aussi au plus haut de l'année. La hausse de jeudi s'explique avant tout par l'affaiblissement du dollar, à la suite de la décision d'hier de la Réserve fédérale (Fed), auquel les cours pétroliers réagissent de façon inverse, a jugé Bob Yawger, de Mizuho Securities.

La faiblesse du dollar, qui pâtit de l'attentisme manifesté par la Banque centrale américaine quant à la normalisation de sa politique monétaire, profite au marché de l'or noir car les échanges y sont libellés en monnaie américaine et en deviennent donc plus intéressants pour les investisseurs.

Plus largement, en laissant entendre qu'elle ne se presserait pas pour poursuivre le retrait de son soutien à l'économie, la Fed a donné le feu vert à des achats sur l'ensemble des marchés de matières premières, y compris le pétrole, a remarqué Tim Evans, de Citi, tout en jugeant cette réaction excessive.

Changement d'humeur

Les retombées de la décision de politique monétaire de la Fed, publiée mercredi peu avant la clôture du marché pétrolier new-yorkais, se sont adjointes à un regain de confiance sur un accord entre grands pays de producteurs pour réduire une offre pléthorique à travers le monde.

Une nouvelle fois, on se met à espérer un abaissement de la production, à l'occasion de la réunion du mois prochain, a reconnu Matt Smith, de ClipperData, tout en mettant lui aussi l'accent sur l'affaiblissement du dollar.

Il faisait référence à l'annonce mercredi d'un sommet le 17 avril entre une quinzaine de producteurs, membres ou non de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui s'inscrit dans le sillage d'un accord conclu en février entre l'Arabie saoudite, meneur du cartel, et la Russie, acteur majeur ne lui appartenant pas, sur un gel de leur offre. Egalement conclu par le Qatar et le Venezuela, deux membres de l'Opep, cet accord avait relancé des cours tombés en début d'année au plus bas depuis 2003.

Enfin, du côté des Etats-Unis, qui ne sont pas concernés par ces négociations alors qu'ils appartiennent au trio de tête des grands producteurs avec la Russie et l'Opep, le marché a continué à digérer les chiffres d'hier du département de l'Energie (DoE), a noté M. Yawger.

Selon les chiffres hebdomadaires du DoE sur l'offre américaine, les réserves de brut ont encore augmenté à un niveau sans précédent depuis 1930, mais les investisseurs ne s'en sont pas préoccupés.

On pouvait ignorer les chiffres sur les réserves de brut pour se concentrer sur la production américaine, qui a baissé, a remarqué M. Yawger, notant aussi que les stocks d'essence avaient baissé.

Pour certains observateurs, la sérénité du marché face à ces chiffres témoigne surtout du regain d'optimisme chez les investisseurs. Le marché a manifestement changé d'humeur à partir de février et il décide désormais d'ignorer les mauvaises nouvelles pour mettre en valeur les bonnes, a conclu Kyle Cooper, de IAF Advisors.

AFP

Plus d'articles de : Economie-Finance

Commentaires (0) | Réagir ?