"Les mémoires dangereuses" de Benjamin Stora et Alexis Jenni

La couverture de l'ouvrage.
La couverture de l'ouvrage.

"Les mémoires dangereuses de l’Algérie coloniale à la France d’aujourd’hui" co-écrit par Benjamin Stora et Alexis Jenni est publié par Albin Michel. Cet ouvrage d’entretien est suivi d’une nouvelle édition de "Transfert de mémoire".

La France n’en a pas fini avec son passé algérien. Il lui colle à la peau. En effet, pour Benjamin Stora, comme d’ailleurs bon nombre d’historiens, les effets de la guerre faite par la France en Algérie sont toujours là. Ils sont palpables au sein de la société mais aussi et surtout dans la classe politique. Ce livre dans lequel se sont associé Alexis Jenni, romancier, et Benjamin Stora est composé de deux parties. La première partie est un dialogue entre Alexis Jenni, romancier ayant écrit L’art français de la guerre et l’historien Stora sur l’Algérie et l’imaginaire colonial qui continue de "coloniser" l’esprit d’une partie de la classe politique française.

La seconde partie est une réédition de "Transfert de mémoire", un livre sorti il y a quelques années mais qui n’a pas eu l’écho souhaité par l’historien. Là, l’historien développe son concept de sudisme et la prégnance de la question algérienne dans le débat français. Tout indique que pour une grande partie d’une certaine classe politique française, l’Algérie est une blessure.

L’historien montre comment le Front national et l’extrême droite en général instrumentalise le passé colonial et la guerre d’Algérie dans le débat politique et mémoriel. "Pendant de nombreuses années, après l’indépendance algérienne de 1962, la mémoire transférée de l’Algérie a été celle de la répétition du conflit, marquée par des attitudes de revanche, signalant la proximité des désirs dangereux", écrit-il. Puis dans une partie finale de sa conclusion, Benjamin Stora conclut : "Il est indéniable que le phénomène de transfert de mémoire, en provenance de l’histoire algérienne, est essentiel pour comprendre les spasmes qui travaillent certains secteurs de la société française. Ce transfert a longtemps été le ressort d’une résistance aux changements qui affectent la France, avec ce qu’implique l’invocation du «modèle» de l’Algérie française…."

Textes à l'appui, Benjamin Stora souligne en effet le poids de la guerre d'Algérie dans le subconscient français. Jean-Marie Le Pen, sa fille et tous les nostalgique de "l'Empire colonial français" profiteront de cette brèche mémorielle pour s'engouffer, exister politiquement et attiser les feux de la haine et du racisme à chaque fois que l'occasion se présente. Le lecteur retrouvera aussi dans cet ouvrage des informations et rappels historiques utiles sur le processus d'amnestie des anciens nervis de l'OAS.

Kassia G.-A.

Benjamin Stora, avec Alexis Jenni, "Les Mémoires dangereuses, suivi d’une nouvelle édition de Transfert d’une mémoire" (Albin Michel, 230 p, 18 euros)

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Commentaires (1) | Réagir ?

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sarah sadim

Si l'Algérie à son indépendance et cela fait plus de conquante années avait choisie la méthode juste et honorable Israélienne de faire la chasse à tous ces criminels de guerre Français, ils se seraient terrés comme des lapins depuis longtemps, comme ce charognard de Lepen.

Seulement Israël avait les meilleurs et purs fils pour diriger leur état et régler leurs comptes aux bourreaux nazis et autres collabos.

Nous, nous avons nos hybrides abatardis au makhzen marocain et flibustiers de la honte qui se sont mis précocemment au service de la France.

Stora rate la meilleur partie non écrite celle de ceux dits moudjahidines qui ont héritage et en succession l'Algérie léguée sous conditions par la France sa mère patrie.

Alors quoi, normal que ces "Tarés" racontent toujours leurs histoires perverses.

Et oui la méthode Israélienne est la meilleur car justice a été faite et Dieu et les hommes demandent cela.