Quand Abdelaziz Bouteflika n’a plus rien à perdre

Malgré la paralysie de l'Etat et les risques d'explosion sociale, Bouteflika et son clan ne comptent pas lâcher prise.
Malgré la paralysie de l'Etat et les risques d'explosion sociale, Bouteflika et son clan ne comptent pas lâcher prise.

Il y a quelques années, un adjudant de l’armée française s’est barricadé dans une sorte de poudrière et a menacé de tout faire exploser à cause de son dossier de retraite mal évalué, selon lui.

Tout en négociant avec le forcené, les autorités françaises ont enclenché une opération d’évacuation des riverains. En arrivant chez une octogénaire, les pompiers découvrent ahuris que la vieille femme préfère rester chez elle. "Il y a un risque d’explosion !", lui a-t-on expliqué. "Je m’en fous !", a-t-elle rétorqué.

Plus tard, la vieille femme expliquera à des journalistes qu’elle a passé toute sa vie là, chez elle, près du camp abritant la fameuse poudrière, et qu’elle entend y rester jusqu’à la fin de ses jours, quoi qu’il arrive. Elle n’avait plus rien à perdre.

Toutes proportions gardées, le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, est dans la même situation que l’octogénaire française. Des hommes politiques connus et des experts chevronnés ont beau crier sur tous les toits que l’Algérie est au bord de l’implosion, rien n’y fait, Abdelaziz Bouteflika reste avachi dans son fauteuil, imperturbable. Il n’a de comptes à rendre à personne, peut-être.

Et Abdelaziz Bouteflika n’est pas le seul à être persuadé que sa place est bien là où il est. Beaucoup d’autres chefs d’Etat à travers le monde croyaient eux aussi, dur comme fer, qu’ils étaient faits pour être présidents à vie. Jusqu’au jour où…

Tout le monde se souvient des propos d’Aïcha Kadhafi concernant son guide de papa. "Où voulez-vous qu’il aille ?", tonnait-elle devant tous ceux qui exigeaient le départ de Mouammar Kadhafi.

Notre chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, a bien déclaré un jour qu’il était un homme de pouvoir. "Je ne sais faire que ça", avait-il même ajouté, des fois qu’on ne l’aurait pas bien compris. Aujourd’hui, si on lui repose la question, sa réponse ne changera sûrement pas d’un iota.

Il se sent bien là où il est, et il veut y rester jusqu’à la fin de sa vie, quoi qu’il arrive. Comme l’octogénaire française, il n’a plus rien à perdre.

Ahcène Bettahar

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Commentaires (6) | Réagir ?

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Awal Azithan

Toute comédie a une fin, mais celle ci a l'air de durer...

la cause : nous sommes de très bon spectateurs, consommateurs de mensonges tel la guerre FLN-RND, la défection du Fameux DRS, et j'en passe...

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khelaf hellal

Mamamouchi qui s'imagine comme le meilleur de tous, Mamamouchi qui jubile, qui sautille, qui se regarde dans le miroir tout heureux d'avoir été distingué de ce titre honorifique par ses maitres chanteurs, Mamamouchi auquel ses clientèles internationales ont soutiré tout l'argent de la rente des hydrocarbures y compris le FMI. Mamamouchi qui a tué le Dinar Algérien en tuant en même temps la souveraineté nationale dont ils se gargarisent tout le temps. La mise à nu du roi flambeur ne fait que commencer.

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