Maurice Baglietto ou l'hymne à la constance

 Maurice Baglietto
Maurice Baglietto

Momo est décédé. C’est avec ces mots que le MDS a appris la disparition de Maurice Baglietto, engagé dans la lutte politique et syndicale dès son plus jeune âge. Cet enfant de Belcourt, né le 23 mai 1925, est le fils d’un comptable, membre du Parti communiste algérien. Sa jeunesse a largement déterminé ses engagements futurs. Dès l’âge de 16 ans il est membre de la jeunesse communiste. Tourneur/ajusteur à la Brasserie d’Algérie, il entre à la CGT. En 1945 il adhère au PCA.

Momo a toujours connu l'égalité avec les Algériens dans son quartier populaire. «On a grandi ensemble, travaillé, galéré, manifesté ensemble.» Militant, engagé pour la libération nationale, il fut interné au camp de Lodi (à cent kilomètres d'Alger, on y enfermait les «pieds noirs» soupçonnés de sympathie avec le FLN) et expulsés au printemps 1962.

A Marseille, avec femme et enfants, il trépignait. Il voulait retrouver sa terre natale. "Dès l'indépendance proclamée, on a pris le bateau pour Alger. A bord, les gens nous regardaient bizarrement. Nous expliquions que nous rentrions chez nous, ils demandaient : mais chez vous, ce n'est pas en France ? Je voulais retrouver ma maison, mon travail à la brasserie et mes abeilles dans la Mitidja."

A 17 ans, Momo avait été initié aux ruches et aux abeilles, ces travailleuses discrètes et inlassables. M. Botton, alors Inspecteur général de l’apiculture en Algérie, rassurait alors Momo : Tu es capable de diriger une ruche. Il finira par en diriger 80, dans la Mitidja, durant la décennie de barbarie islamiste.

Toujours à l’avant-garde, il aura été un de ces militants infatigable qui du PAGS au MDS, en passant par Ettahadi et le Rafd, et aura vécu les moindres frémissements politiques de l’Algérie après l’indépendance. Doté d’un idéal viscéralement chevillé au corps, il voulait toujours se rendre utile. Alors que les militants du PAGS étaient réduits à un retour à la clandestinité à cause du terrorisme islamiste qui avait embrasé l’Algérie, il refuse de quitter l’Algérie pour Paris et se mobilise pour soutenir les groupes de Patriotes mis en place dans la Mitidja par Mohamed Sellami, alors cadre d’Ettahadi.

Fidèle à tous ses camarades il évoquait avec émotion la mémoire d’Yveton, d’Henri Maillot et de Maurice Audin qu’il avait croisé chez lui, sans savoir alors qui il était. Il était de tous les hommages pour perpétuer leur combat. Son impressionnante opiniâtreté dans la lutte méritait le film-mémoire que préparaient ses camarades et amis.

Témoignage de la constance de son engagement, il racontait à qui voulait l’entendre comment «un jour, pendant le terrorisme des années 1990, un policier m'a arrêté à un barrage. Quand j'ai montré ma carte d'ancien moudjahid, il n'en revenait pas qu'un "Français" ait combattu pour l'indépendance. Alors, il m'a fait le salut militaire.» C’était la reconnaissance d’un jeune algérien, alors que le pays était de nouveau dans la tourmente, qui lui allait droit au cœur.

La direction et les militants du MDS s’inclinent à sa mémoire et assurent sa famille de leur soutien et de leur profonde affection.

Alger, le 22 février 2016
Le Bureau national du MDS

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Commentaires (2) | Réagir ?

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elvez Elbaz

Un enfant digne de cette algerie algerienne amazigh multilingue

Nos condoleances à sa famille.

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Bachir Ariouat

Qu'il repose en paix, c'est un homme valeureux, il a vaincu sa peur, et rester fidèle à son idéal, exemple à suivre pour les jeunes Algériens qui font dans leurs culottes.