Le football algérien est tout, sauf professionnel !

Raouaraoua règne sur le football algérien depuis des lustres sans lui faire faire un saut qualitatif.
Raouaraoua règne sur le football algérien depuis des lustres sans lui faire faire un saut qualitatif.

Le professionnalisme en football s’impose de lui-même, il ne se décrète pas, partout dans le monde, sauf en Algérie où on a pris les trente-deux clubs des ligues 1 et 2 et on les a déclarés désormais professionnels.

Prise sûrement dans un conclave par des gens qui sont au football professionnel ce que sont les bouchers à la chirurgie esthétique, cette décision a pénalisé le sport roi plus qu’elle ne l’a servi dans notre pays. Et ce n’est sûrement pas Abdelkrim Medouar, le porte-parole de l’ASO Chlef, qui soutiendra le contraire, lui avait tout simplement déclaré récemment qu’il serait préférable pour nous de revenir au football amateur.

Vouloir aller au professionnalisme sans avoir pris auparavant le soin de réunir les conditions nécessaires c’est assurément mettre la charrue avant les bœufs. Vouloir aussi copier ce qui se passe ailleurs avec les moyens et la mentalité d’ici prouve non seulement qu’on n’a rien compris au football, mais qu’on est également incapable d’adapter le football algérien à son milieu.

D’ailleurs, qu’on l’accepte ou non, c’est le football amateur qui a produit les meilleurs joueurs algériens. "Il n’y aura pas un autre Belloumi !", a affirmé à la fin des années 1990 dans les colonnes du Matin Rabah Madjer, autre star et non moins pur produit du championnat algérien.

C’était au temps où le championnat algérien se programmait pourtant avec un crayon sur des fiches cartonnées. Au temps où des hommes venaient servir le football algérien, et non se servir. Au temps où Mustapha Dahleb était venu du PSG accomplir les deux années du service national et jouer avec le CRB.

Aujourd’hui, des sommes faramineuses sont englouties par le football algérien, toutes divisions confondues, mais les résultats laissent à désirer. Qu’on en juge !

La masse salariale constitue encore le gros du budget des clubs professionnels. Des joueurs de niveau mondial font les consultants à la radio et à la télévision, alors que des affairistes, des arrivistes et autres vendeurs de bétail sont dans les rouages du football algérien. Ajoutez à cela les matchs qui se vendent comme des petits pains, surtout en fin de saison, et vous trouverez que ce n’est pas demain la veille qu’émergera un autre Lakhdar Belloumi du championnat algérien.

Enfin, il faut rendre à César ce qui appartient à César et dire qu’il y a tout de même quelques présidents de clubs qui font de leur mieux, dont l’un d’eux, Kheireddine Zetchi pour ne pas le nommer, est en train de montrer la voie à suivre.

Ahcène Bettahar

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