Extraits de "Novembre 54 et la faillite démocratique" et de "Algérie : ce qui nous attend en 2016-2017"

Extraits de "Novembre 54 et la faillite démocratique"

C'est un anniversaire qu’on ne célèbre plus, une date qui indiffère ou, pis, qui embarrasse. A quand remonte la dernière commémoration du 1er Novembre 54, célébrée tambours battants ? Bien malin qui saurait répondre à cette colle.

Novembre 54, une des plus fabuleuses guerres de décolonisation du XXe siècle, a fini dans l’amnésie, le déni ou le dépit.

Une insurrection dont on ne sait plus si elle a été gagnée ou perdue.

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"Les précurseurs de Novembre avaient-ils un projet de société ?"

Novembre a-t-il constitué une rupture avec un principe constant du mouvement indépendantiste algérien depuis l’Étoile nord-africaine : l’élection d’une assemblée constituante au suffrage universel et qui désignerait un État démocratique ?Cette revendication a été le cheval de bataille de l’ENA puis du PPA au moins depuis le congrès de Bruxelles de 1927 où cette définition de l’État indépendant désigné par l’assemblée constituante a été décrite pour la première fois.

En 1954, on n’en parlait plus !

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Et si on relisait la déclaration du 1er Novembre 1954 ?

À la lecture morphosémantique du texte français du 1er Novembre 1954, nous remarquons que le grand absent des classifications sémantiques propre aux déclarations des organisations révolutionnaires combattantes est le volet organisationnel et programmatique. En effet, les deux passages concernant «la restauration de l’état algérien souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques» et la conformité «aux principes révolutionnaires et compte tenu des situations intérieures et extérieures de la lutte» ne répondent à aucune norme de l’édification d’une société nouvelle ou d’un État de type nouveau.

Les limites de l’idéologie nationaliste qui a régné en maître-mot sur la scène du combat politique en Algérie sont bien manifestes dans le texte du 1er Novembre 1954.

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Entretien avec Mohamed Mechati

"La lutte armée a été déclenchée dans la précipitation"

L’homme fait partie des 22 précurseurs de novembre.soixante ans plus tard, il avoue son amertume : «en 1962, on avait tous les moyens pour réussir. on avait des têtes,

des militants dévoués, un peuple prêt à tout pour faire de l’Algérie un pays moderne et prospère. Tout a commencé avec le coup de force militaire qui a porté au pouvoir le clan d’Oujda. J’ai compris que quelque chose venait d’être cassé. Je pense que les problèmes qu’on vit aujourd’hui remontent à cette époque».

Extraits de «Algérie : ce qui nous attend en 2016-2017»

Nos dirigeants n’ont rien vu venir. Bien au contraire, ils tenaient un de ces discours volontairement mensonger qui endormait les esprits et neutralisait les vigilances. De kayn el-kheir (il y a de la richesse) nous sommes passés à Zyer elcintoûra (serrez la ceinture) en quelques semaines.

Cette crise a fait clairement apparaitre une absence totale des mécanismes de prévention des crises de la part des cercles de décision dans le pays.

Entretien avec Nicolas Sarkis

Pour ce qui est de l’Algérie, ce qui paraît évident pour le moment c’est la nécessité d’une remise en cause de ce qui semblait aller de soi jusqu’ici, c’est-à-dire l’illusion qu’on pouvait indéfiniment continuer à puiser dans une ressource naturelle épuisable pour tout financer, du budget de l’Etat aux importations de biens de consommation nécessaires et non nécessaires

La loi de finances 2016 qui a été adoptée le 30 novembre comprend déjà des pas certes insuffisants, mais néanmoins positifs dans ce sens, en attendant pour y voir plus clair les décrets d’ajustement promis.

Il aurait certes été préférable de procéder à la remise en cause nécessaire à tête froide et il y a bien longtemps. Mais les choses étant ce qu’elles sont, la crise actuelle s’impose comme une opportunité pour remettre les pendules à l’heure et procéder aussi rapidement que possible aux réformes profondes devenues inévitables.

L’impasse actuelle est aussi le résultat d’une gestion opaque du pétrole algérien.

La gestion douteuse et à la petite semaine de Sonatrach et de la rente pétrolière est pour beaucoup dans l’impasse que nous connaissons. Qui vend le pétrole ?

Où va l’argent ? Qui profite des contrats ? II suffit d’observer le fonctionnement de Sonatrach pour relever l’absence totale de contrôle sur les importations en équipements et services, estimées, pour le seul secteur de l’énergie, à près de 10 milliards de dollars/an ces quatre dernières années.

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