France-Algérie: une passerelle circonflexe de "mêdiôcrâtie"

France-Algérie: une passerelle circonflexe de "mêdiôcrâtie"

Qui a dit que les destins de la France et de l’Algérie n’étaient pas scellés pour le meilleur, l’incertain et le pire ? Une chronique analytique récente du quotidien Libération postule qu’un regard neutre et désintéressé sur l’Histoire nous fait prendre conscience du fait que "l’Algérie a autant modelé la France qu’elle a été modelée par elle" (*).

Comment ne pas souscrire à telle assertion quand on sait que le cauchemar du grand Charles, à l’origine du basculement politique en faveur de l’indépendance de l’outre Méditerranée, tourbillonnait autour d’une fixation religieuse insensée, celle de voir un jour Colombey-les-Deux-Églises se convertir en Colombey-les-Deux-Mosquées ? Si les interactions constructives entre nos deux rives sont, à maints égards, indéniables, il ne faut pas non plus verser dans un satisfecit béat et faire semblant d’ignorer les interférences destructives qui ont fréquemment jalonné notre Histoire commune, souvent au prix de sacrifices humains innommables. L’Histoire des hommes est ainsi faite, d’une génération à l’autre les drames se suivent et se ressemblent, et la mémoire collective ne semble guère prêter attention aux conflits passés pour éviter les présents et prévenir ceux à venir.

Malgré des étapes douloureuses traversées par les peuples d’en bas, de part et d’autre du Grand Bleu; au sommet, les politiques donnent l’impression de s’entendre et de s’imiter gaiement dans le désastre intellectuel infligé aux citoyens. Les derniers en date se résument en deux exemples : côté algérien, malgré des contrecoups peu reluisants, qu’il n’est pas besoin d’exposer ici, on a suivi, les yeux fermés, la réforme LMD de l’enseignement supérieur engagée par la France. Côté français, nonobstant les nombreuses mises-en-garde d’universitaires et d’intellectuels avertis, on s’acharne à suivre l’exemple d’aliénation de masse auquel se sont adonnés les réformateurs de l’école algérienne. Une école dont les programmes ne dispensent plus, comme quasi principal savoir, que le fondamentalisme mystique et barbare si décrié aux quatre coins de la planète. Le débat passionné provoqué par le projet de réforme de l’orthographe, qui se donne comme objectif de l’adapter au niveau de la structure simpliste du sms et du courriel, a de quoi laisser perplexe, tant il est à se demander si ce n’est pas sous l’influence des dictateurs d’Alger que Valls et Hollande s’acharnent sur la langue de Molière. Ces dictateurs sans âme qui ont réussi à faire muter, en 50 années de médiocratie agressive, des peuplades de génies en populaces apathiques qui ne jurent plus que par le ciel et ses promesses. Trouver des méthodes rapides et efficaces à même d’avachir les enfants du peuple et inhiber en eux toute notion d’effort et de perfectionnement, il n’y a pas plus hasardeux que le pouvoir d’Alger pour ce faire.

Les préjudices que les réformes successives de l’école algérienne ont portés à l’éducation du citoyen n’ont pas besoin de mille discours ou de chiffres démonstratifs pour en appréhender l’étendue des méfaits. L’anecdote suivante est suffisamment révélatrice de l’énorme faillite d’un système défraichi et rétrograde: lors de la dernière supercherie du 4e mandat de Bouteflika, le hasard a voulu que je me retrouve à proximité de ma daïra électorale d’origine, aux environs d’Alger. Emportés par l’envie irrésistible d’estimer de visu ce taux de participation que l’on dit régulièrement exagéré pour dissimuler l’illégitimité du pouvoir, un voisin et moi décidâmes de nous prêter à ce jeu de dupes qu’a toujours été l’élection présidentielle algérienne. Le seul moyen de scruter le registre où figuraient nos noms était d’accomplir notre devoir de citoyen, même si nous ne nous faisions guère d’illusions quant à l’issue d’un scrutin plié d’avance en faveur du putschiste invétéré Bouteflika, le plus grand imposteur que l’Algérie post indépendance aura connu. Pendant que la préposée feuilletait le registre pour vérifier que nos noms y figuraient bien, nous en profitions pour scanner du regard les pages qui défilaient et nous faire une idée du taux de participation, quasiment à la clôture des bureaux de vote. Inutile de s’étaler sur le fait que ce taux était ridiculement bas par rapport aux chiffres officiels annoncés par la suite. La drôlerie de l’histoire c’est qu’au moment d’apposer l’empreinte de l’index droit en marge des listes, la préposée au registre, une demoiselle au voile islamique bien assumé, me signifie d’utiliser l’index gauche !? Voyant mon air perplexe, incrédule et contrarié, le responsable de bureau intervient rapidement pour lui lancer un "khelih, maâlich !" (laisse-le, ça ne fait rien !) bienveillant à son égard, non sans afficher un sourire grossièrement altier à mon endroit. -On les connait bien ces voisins, "lla eddine, lla mella" (pas de religion, pas de principe) l’entendis-je murmurer. –Mais dis-moi Hamid, c’est quoi cette histoire d’index gauche hallal et d’index droit harram, interrogeais-je mon voisin, une fois sortis. –Ehhhh, t’es pas au courant ricane-t-il ? -Ils partent du principe que l’index droit est exclusivement réservé à la chahadda, et qu’il est exempté de toute autre utilisation que celui de la profession de foi ! -Ah m’exclamais-je, Fellag avait donc raison, aussitôt le fond touché, nous nous mîmes à creuser!

Cette anecdote à elle seule prouve que bien que le FIS ait été empêché de prendre le pouvoir au prix de 200.000 morts, emportés par la barbarie militaro-islamiste, l’idéologie islamiste, son unique cheval de bataille, est si profondément ancrée dans la société, notamment à travers des programmes scolaires des plus rétrogrades concoctés par un pouvoir d’analphabètes bilingues, qu’il est quasiment impossible de l’en extirper. Plus besoin d’installer un Khalifat en haut lieu, les codes fondamentaux du licite et de l’illicite, codes uniques de gestion de la cité, étant depuis longtemps adoptés par l’écrasante majorité. Voilà où ont mené l’Algérie des dirigeants médiocres (et encore, pardon au mot médiocre !), ignares et entêtés et qui n’ont eu de cesse d’abrutir le citoyen, à travers des programmes scolaires douteux, pour le ramener au niveau très bas qui est le leur. Leur unique souci étant de garder les rênes et la mainmise sur les biens matériels du pays, quitte à sacrifier le potentiel jeunesse et sa richesse sur l’autel d’une bêtise humaine primaire.

Dans cette marche forcée, engagée à l’aveuglette vers une déficience généralisée, sur les pas de l’Algérie, la France d’en haut se mobilise afin d’inculquer aux petits François des codes simplistes qui leurs éviteront de trop réfléchir et de se compliquer la vie. Des intellectuels aux ordres veillent pour l’assister, réduire ses tracas et autres désagréments inutiles, car désormais, performance, rendement, productivité et bénéfices deviendront les seules priorités, les seuls pactes sociaux entre gouvernants et gouvernés. La perfection intellectuelle attendra.

Après les nombreuses réformes de l’enseignement, aux résultats effroyables, du Primaire au Lycée, et au-delà à l’Université, les réformateurs illuminés ne désarment pas, bien au contraire. Dans la ligne de mire l’orthographe, ce trésor inestimable hérité de Molière et des siècles de lumières. Ainsi donc, bousculés par un flux de sms et autres courriels expéditifs dont l’utilisation généralisée a fini par imposer une banalisation rustique du vocabulaire, le réduisant à un état quasi primitif, nos réformateurs se soumettent à la loi de la quantité pour aligner la richesse et la qualité d’un lexique exceptionnel sur l’indigence du glossaire sms et courriels, aux motifs bien légers, avancés çà et là, que l’utilisation de certains mots comportant des accents circonflexes fait perdre du temps aux usagers de smartphones et autres gadgets informatiques. Et comme le temps c’est de l’argent, ce sont des millions d’euros qui seraient ainsi régulièrement gaspillés par la perte de temps infligée par l’utilisation de ces mots complexes typiquement français. Pour pallier à telles pertes, nos réformateurs proposent donc de simplifier partiellement le vocabulaire. Ainsi, plus d’oignons, plus de nénuphar. Les petits chérubins apprendront à se plier à la loi du sms en remplaçant ces mots par ognons et nénufar, en attendant le tour du «farmacien», de la «farmacienne» et pourquoi pas la «filosofie» ou «Les Malheurs de Sofie» ?

Dans le genre loufoque, cette réforme est la copie conforme de celle que voulait engager l’Assemblée algérienne sous Chadli Bendjedid, laquelle s’était mis en tête l’idée folle d’arabiser le français. Et non, ce n’est pas une blague ! Il me revient en mémoire des semaines, voire des mois de débats stériles, scrupuleusement reproduits par la presse, et dont l’objet était de débaptiser les noms de nos villes afin de les rendre conformes à la phonétique arabe : Ainsi, Oran, Constantine et Alger devaient se transcrire Ouahrane, Kasentina, El-djazaïr pour les uns, alors que d’autres honorables parlementaires penchaient plutôt pour Wahran, Quasentina et Eldjazayer ! Sur tel terrain saugrenu, nos réformateurs Algériens ont plus de 30 années d’avance sur leurs homologues Français. Signalons néanmoins que le bon sens a fini par l’emporter. Alger est restée Alger, et Constantine, Constantine, au grand bonheur d’Enrico ! Reste à espérer que le même bon sens finira par pénétrer les rouages des réformateurs Français !

Les raisons de cette précipitation au simplisme ne sont pas uniquement liées à la pédagogie car il semblerait qu’à cause de tous ces mots dont la prononciation s’écarte des règles phonétiques classiques «la langue française perd du terrain à l'étranger. Sa complexité est pointée du doigt. Plusieurs linguistes ont en réclamé la réforme dès 1989». Encore une affaire d’économie, d’oseille et de colonisation. Mais il aura fallu attendre le sms et le courriel généralisés pour oser enfin s’y attaquer «sérieusement».

Oui, la langue française est complexe ! Et alors ? N’est-ce pas ce qui lui confère sa beauté subtile, son génie et son attrait ?

Oui le français est plus difficile à apprendre, car bien plus que d’autres langues, il exige des efforts ! Et alors ? Ne voilà-t-il pas justement la plus belle raison pour ne pas la galvauder ?

Oui, maitriser la langue de Molière est un processus long et fastidieux ! Et alors ? N’est-ce pas cette maturation intellectuelle qui contribue à une formation saine et vigoureuse, avec pour corollaire un attachement à ces valeurs universelles dont la France se réclame championne ?

Faut-il se targuer du titre d’académicien pour admettre que la structure syntaxique de la langue française, dont l’accent circonflexe constitue l’un des éléments quasi-impénétrables aux non-initiés, possède une philosophie scientifique que toute réforme dépiauterait inéluctablement ? Simplifier c’est empêcher de réfléchir ! Simplifier c’est niveler par le bas ! Simplifier c’est aller à l’encontre de la notion d’effort ! Simplifier c’est abêtir (tiens, je n’ai pas encore consulté la liste des nouveaux mots pour vérifier si le terme bête se transforme en bete, bette ou carrément en "articho"). Simplifier c’est réduire ! Simplifier c’est ruiner ! Simplifier c’est assujettir !

Bien qu’il ne s’agisse, pour l’instant, que d’accents et de mots dont le nombre est limité à 2400, qui dit que nos honorables académiciens n’iront pas jusqu’à s’attaquer à la grammaire et à la conjugaison ? Tant qu’à faire "à donf" la cadence pour tout rendre conforme au style émoticône !

Que d’agitation futile! Que de chantiers factices pour occulter des enjeux et des préoccupations hautement plus impératifs! C’est à la suite de telles diversions grotesques qu’est né et enflé le FIS en Algérie. C’est sur le terrain d’une médiocrité institutionnalisée que progressera inévitablement le FN en France, car inhiber la notion d’effort est le plus court chemin pour muer le potentiel intellectuel en une apathie chronique sensible à l’appel de toutes sortes de sirènes ! Quel meilleur gage pour un endoctrinement rapide et efficace par des idéologies fascistes ! Il faut le dire sans complaisance ni réticence, inhiber la notion d’effort c’est, à long terme, prêter main forte au FN et autres extrêmes ! La réforme de l’orthographe n’est certes qu’un petit pas, mais un pas qui donne le ton à l’apologie d’une médiocrité sur l’autel de laquelle de nombreux enfants d’Algérie ont été sacrifiés. Il serait pour le moins regrettable que les enfants de France le soient aussi !

Au nom de cette passerelle du Grand Bleu que l’on veut supérieure aux temps, aux espaces et aux hommes, il est de notre devoir d’alerter, à défaut de n’y rien pouvoir changer !

Kacem Madani

(*) On croit connaître l’Algérie et les Algériens, Libération du 2 février 2016.

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Commentaires (2) | Réagir ?

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Hend Uqaci Ivarwaqène

Quand j'eus Gaison, c'est ouf c'que je causais mal.

Maintenant, comme disait Ferré, que je suis rangé des camions:

" J' mets des virgul's aux ortolans"

L’monde est cruel, Manuel!

L’Amari y t’frais chialer des cordes. Y pisse dans l’violon et à force y t’fout la rage. Si j’comprends pourquoi y l’ont mis à Point Zéro, Pedro ? Y l’a pas une tronche à nous annoncer la venue du Mahdi. Y t’f’rait poireauter Godot, ouais. Fous-lui Si Moh Et Newstiti comme potos et trois canassons y t’vendraient l’apocalypse à des gueux. Cé qu’l’Mec y surfe sur les grosses vagues et y r’mue le zbel à travers l’espace-temps. Et quand cèt’ chose là déborde, ça schelingue non de Dieu ! Y tiendrait l’crachoir autrement pour nous faire baver aut’ chose qu’ça l’dérangerait ptète. Non l’Mec y t’fout la frousse un coup y s’barre pêcher dans l’désert d’aut’ gigolots un coup y ‘rétropédale dans l’temps. Quelqu’un pourraient lui dire qu’on est fragile du batant et qu’y faudrait qu’y aille mollo quand y basarde ça l’crévrait. On allait mourir idiots ptète mais heureux, vu qu’on s’rendait même pas con’te qu’on été pov’. Y nous ont fait les poches. Y’a plus un rond dans c’pays. Adios l’pèze Lopez qu’y dit.

Merci l’Amari, On est raides et fauchés comme les blés, la pétoche en sus !

Oh, oh !T’y marches sur d’la braise, Blaise.

Dis pas au vieux qu’y es ruiné, laisse-moi l’rencarder à la loucedé. Bromure, Xanax, et tutti frutti.

Qim thoura, qu’j’va lui annoncer.

Et l’dab qu’y pionce au lieu d’sr’biffer.

Quand j’t’disais on s’r’fait jamais Mec, on est comme on est. Cé pas parc’qu’t’es bon qu’t’es respecté Mec cé parc’qu’t’es féroce. Non l’mec y veut s’met’ au vert, s’caser quoi ? Et comment ? Vous croyez qu’y irait en Australie élever des canassons ou s’payer un casino à Végas, vu qu’l grisbi il appel l’grisbi et qu’il a pas d’frontières, Pierre ? Non l’mec la vieillesse lui à niqué le carafon, Edmond. Le r’tour du r’foulé. Cé qu’iI a des r’mords. Et quand il a des r’mords qu’est-ce qu’y fait ? Y va à confesse s’r’faire une virginité. Y joue l’crésus. V’là l’enfant prodigue, Rodrigues. J’rentre au pays contribuer à son essor, Nestor, qu’y dit.

Niqué du ciboulot l’ Paulo.

La vieillesse un naufrage, ma parole ? Tu parles, Charles !

Mec, faut pas avoir l’palpitant sur la main, fous-y plutôt des poils. Voilà c’qu’arrive quand on s’la joue cool et large. Eh oui, t’adoptes des loustics en leur filant du taf et tu leur fais confiance en rab en leur confiant pompe et bas de laine, et c’est commac qu’y t’remercient? y t’tireraient mêm l’futal, Hanibal. Et les groles, Popaul.

Mets un chapeau Mec ! t’es plus beau sans cornes, ouais !

Reluque-moi pas commac !

Maintnant qu’y’ s’sont ’taillés par l’escalier en bidouillant l’ascenseur qu’t’attendais en r’tour d’leur part, qu’y ’z’ont mangé la grenouille, pourliche et liasse, eh oui barbotée l’flouz et siphonné l’réservoir. Si cé pas du joli leur fric-frac, Jacques. T’as l’air d’quoi Mec ?

J’t’jure que t’es pas jojo à voir quand t’as d’la peine et là, avec l’habit de corniaud qu’y t’ont fait, cé la totale. Si t’y crois qu’y viendront au rancard tu rêves Estève. Y z’ont mis les voiles, Amiral !

Quand j’t’disais de fourguer tout à Exon Valdès ou a Elf, Jef, t’as mis tapis sur Sonatrach : j’veux donner de l’ouvrage à la marmaille. J’veux investir dans l’pétrole, Anatole, qu’tu disais. L’or noir, ouais. J’t’en foutrais d’l’or, Hector.

T’aurais dû élever des crotales, Pascal !

J’sais qu’t’es pas du genre à faire radiner tes lardons pour leur causer laboureur : j’ai pommé la clef des champs où qu’c’est que j’ai planqué l’coff’ fort, allez y à la bèche que j’te sème que t’plante, et que j’gratte. Non Mec, les mioches d’aujourd’hui cé pas du genre à suer l’burnous, Mec, y s’gargarisent au kérosène Arsène, et s’parfument à l’Armani et au Bugatti, ce qu’t’y donnes pas y t’le chourave, Gustave, quand y veulent d’la fraiche y t’feraient la peau pour en avoir illico, Marco.

T’as esgourdé quand j’tcausais carte sur table et quand j’t’disais t’marie pas mon vieux n’t’marie pas, qu’est-ce t’as fait une fois l’dos tourné ? T’as go marida, Juda.

R’garde l’caillou sur la bagouse et mire ma donzelle, Lionel, qu’tu disais.

Ah ce qu’t’étais pas peu fier, Norbert !

Je t’en foutrais des bagouzes que j’t’gueulais furibard dans les portugaises. La corde au cou, ouais ! Avec toutes les gonzesses qu’on s’pouvait lever tellement on été pleins aux as. Et qu’on été beaux et qu’on avait du bagout et qu...

T’as dépassé l’mur du çon, Gaston. Sans cédille, ouais !

A quoi bon qu’tu dis ?

A quoi bon, t’as zonré, André !

On n’va pas chialer, on est des durs, Arthur.

On va s’refaire, menu ! Finie la conduite tranquille, puisqu’y veulent qu’on s’cogne, on z’y va, non de Dieu, on n’est pas des fiottes ! Za3ma on été rangé des voitures histoire comme on dit d’la jouer pédale douce et couilles molles. Finis les bains d’foules, maintenant cé marche ou crève : aboule les bagnoles, et à donf la caisse, y vont voir c’qu’y vont voir.

Ouais, pour sûr que j’ai la rage, et pour cause!

Cause plus Mec, y a pas d’justice, y z’ont pris la poudre d’escampette, et cé pas à Aguemoune qu’y sont en cavale pour qu’t’ ailles les serrer Mec. C’t’affaire là ça s’règle à l’ancienne: Hit the road Mec! take your sulfateuse and go to OK Corral.

J’dis pas qu’cé facile, Théophile!

Non Mec, t’es pas du genre à gober des craques. Comme ces kabylous qu’y piaffent cauz’ qu’y aurait du pétrole à IIoula. Cé qu’y zont l’œil sur les pétrodollars les 3rouche ya 3lilouche, faut les faire poireauter, des fois qu’y z’auraient les crocs.

Eh tu sais quoi Mec? Moi j’ai taillé l’asphalte Mec, quand j’les ai entendus nous chanter cette rengaine. Par ici l’après pétrole, du coté de Guezgata y z’ont dit. Tu m’connais Mec, avé toute la gnole et l’picrate que j’ai dans l’buffet des fois qu’y s’convertiraient au bioéthanol y planteraient leur derrick sur mon coquillard pour aller y prospecter histoire de voir si mon cul c’est y vraiment qu’d’la volaille. Et s’y cherchaient du gaz de schistes, gare à ton popotin, Alain. Y z’y vont avé la grosse artillerie. La fracturation bordel, t’as compris, Henry! Des fois qu’y croiraient que Son Vénérable Rectum cé d’la roche.

A coté, moi avec tout les suppos qu’j’m’suis enfilés, leurs derricks c’est d’la gnognote.

Si j’rigole, demande z’y à l’Amari pourquoi il a quitté l’nord pour s’installer dans le désert y élever des camélidés. Finished l’oil, pas une goutte Mec. L’Amari cé pas du genre à s’met’ dans l’trading, le r’tour à la terre qu’y dit. Il est comme ce bin Khaldoun, les prolégomènes. Y nous fourgue des tas de théories, genre philosophie du désert, ida 3ouribou les sédentaires, wa khouribou les nomades . Et des bobards sur la température d’ébullition des brobros à zéro d’altitude sud-sud. Et qu’éce qu’y fait lui?

Y snifrait le sable pour peaufiner le boulot ?

Que non, Edmond !

Va-z’y qu’j’l’donne en mille Emille !

De l’économie, yes !

Ça y est, la vengeance est r’froidie, Ok !

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klouzazna klouzazna

Rien n'est plus ingrat qu'un... hôte qui vient dicter sa loi au propriétaire !!!