Le destin de l’Algérie était écrit dans sa géographie !

Que laisserons-nous à nos enfants de ce grand pays ?
Que laisserons-nous à nos enfants de ce grand pays ?

Le plus grand pays d’Afrique en surface, et l’un des plus riches en sous-sol. Sur une carte, sa forme me rappelle étrangement celle d’un homme, assis sur une table et ramassant son contenue, les coudes en protection du butin. Le dos tourné à la mer, il a les bras long d’une peinture rupestre, comme pour aller plus loin sur les plateaux de l’Afrique. Plus qu’une prémonition, un sortilège!

C’est un homme sans tête, ou sinon elle est bien cachée. C’est qu’il n’en avait pas besoin au moment de sa création puisqu’une de forme hexagonal et se trouvant de l’autre côté de la méditerranée le dirigeait. Qui dit étêté dit écervelé, sans pensées ni idées. Sa préoccupation première c’est de protéger son gain, la face toujours dans le sable et les coudes en opposition. D’abords du côté de son voisin marocain, la coudée est franche, l’angle aigu, le coup prêt à partir fort et tranchant. Coté tunisien les angles sont adoucies depuis le début, les vallées moins abruptes mais l’hypocrisie atteignant des sommets. Le coté libyen a hérité du ventre mou du personnage, et ce n’est pas étonnant de voir les grandes menacent actuelles se dessiner sur ce flanc-ci.

C’est un enfant renégat cependant, qui se dessine côté sud, car ses avant-bras se mettent en barrière entre lui et le reste de l’Afrique. Pour s’isoler un peu plus, renier ses origines et son appartenance. Il voudrait arrêter l’avancée du désert et de la misère, a honte de son histoire africaine, de ses silhouettes élancées ou de son passé esclavagiste. Comme il est sans tête, il ne se regarde jamais, il n’a pas d’yeux et pas de jugement. Il se trouve beau, il se sent riche, se flatte l’égo et se parfume d’idolâtries, toujours un peu plus assis, un peu plus immobile.

C’est un personnage au trois quart désertique, comme le pays. Désert culturel, médiatique, politique et idéologique. Rien ne pousse ou presque mis à part quelques Acacias laid et épineux jaillissants des brisants. Mon personnage est vieux, et les oueds lui rident les flancs. Il a chaud, il a soif mais le souffle doux des vents venant de France le rafraichissent et lui indiquent le cap. Des hyènes l’habitent et des vautours le gardent, tandis que les chacals occupent la plus grande partie du territoire et remplacent peu à peu les espèces endémiques bénéfiques à son environnement.

Les intellectuels, les justes et les incorruptibles sont en voie de disparition, tout comme l’excellence et la bonne gouvernance. Les médiocres et les parasites pullulent et festoient chaque jour un peu plus sur nos blessures. Le climat est irrespirable, polluée à en mourir et le temps sec est irritant. Le personnage assis et immobile, crachote sur nous tous et continue à nous ignorer, à nous mépriser.

Il ne pleut plus sur notre terre, il ne fait plus bon y vivre. Cette terre est un héritage et un legs. Nos enfants nous en voudront de n’avoir pu la garder, de n’avoir pas su la défendre. Nous l’avons cédé sans nous battre, baisser les bras, déposé le glaive. Cette terre nous l’aurons livrée tous ensemble à un homme sans tête, assis sur une chaise roulante, les mains sur une table et ramassant ses gains. C’était donc annoncé, écris dans sa géographie comme dans son ADN, ce pays est maudit! Ce n’est plus un sortilège mais carrément son destin! À moins que…

Khalil Hebib

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Commentaires (1) | Réagir ?

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khelaf hellal

Nos gouvernants ont réussi là où la France colonialiste a échoué : ils nous ont accordé notre indépendance sans le Sahara et ses richesses fossiles et naturelles ce que Ferhat Abbas avait prédit : "L'indépendance confisquée"