La nouvelle constitution ne fera pas long feu

En autocrate, le chef de l'Etat triture et instrumentalise à sa guise la loi fondamentale du pays.
En autocrate, le chef de l'Etat triture et instrumentalise à sa guise la loi fondamentale du pays.

S’il est quasiment sûr que le projet de révision de la constitution sera adopté dimanche, il est sûr et certain aussi qu’il ne fera pas long feu, en raison notamment de son caractère antidémocratique.

Après plus de quatre années de consultations, de débats et de faux débats, beaucoup d’Algériens ont cru naïvement que le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, allait leur sortir un texte qui restera dans les annales de la politique algérienne. C’était sans compter, toutefois, avec la dernière volonté d’un homme qui entend gouverner comme bon lui semble, en s’accaparant tous les pouvoirs et en éliminant tous les contre-pouvoirs.

En parcourant ce projet de révision de la constitution, n’importe quel quidam sera sidéré, en effet, par les pouvoirs exorbitants octroyés au chef de l’Etat. Au point de se demander d’ailleurs s’il ne manquait que cela à un homme impotent.

Plus grave encore, le chef de l’Etat veut refaire une virginité à une constitution qu’il avait violé lui-même en 2008. Du jamais vu à travers le monde ! A croire que la constitution est devenue un joujou aux mains des présidents algériens.

Voulant sûrement aller plus loin que tous ses prédécesseurs, Abdelaziz Bouteflika pousse l’outrecuidance jusqu’à revenir à la limitation des mandats présidentiels et à interdire à ses successeurs de toucher à "ça". "Licite pour moi, illicite pour vous", tel semble être le message d’Abdelaziz Bouteflika à ses successeurs.

Dans sa folie des grandeurs, Abdelaziz Bouteflika semble même oublier que sa génération est en voie de disparition, que l’avènement de la démocratie en Algérie est inéluctable et que "sa" constitution sera révisée par le premier président démocrate intronisé à El Mouradia. Si Abdelaziz Bouteflika s’est permis le luxe de réviser à trois reprises la constitution par la voie parlementaire, qui interdirait à son successeur de réviser lui aussi ce texte, surtout s’il opte courageusement pour un référendum ?

Une chose est maintenant sûre, Abdelaziz Bouteflika a gagné plus de quatre ans avec un projet qui n’en est pas un. Pour le reste, c'est-à-dire jusqu’à la fin de son mandat en 2019, il comptera sur les responsables du football pour tenir les Algériens en haleine avec la coupe d’Afrique des nations en 2017 et la coupe du monde en 2018.

Quand nous aurons fini avec ces coupes et leurs sensations fortes, nous découvrirons alors et à coup sûr que le problème de la succession a été résolu et qu’il nous reste juste d’aller plébisciter l’heureux successeur.

Ahcène Bettahar

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Commentaires (7) | Réagir ?

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bouzaher fechlane

" Les algériens ne permettrons pas", moh arwal peut-tu nous dire comment ?Mis à part la génération de 88 parce que francophone a permis au pays et au peuple , mais surtout par l'aide du président Chadli de révolutionner le pays par une complicité implicite du pouvoir.

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moh arwal

Imagine aussi la réaction de 7 millions d'algériens emigrés méprisés par l 'article 51 et la réaction de 10 millions de berbérophones insultés par la pseudo officialisation de tamazight. Autant d 'ingredients qui nourriront les feux du désespoir comme en 1988. Quand ils n 'ont plus d'espoir, les gens affrontent la mort pour survivre.

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moh arwal

En un mot "les algériens n'accepteront pas" de serrer la ceinture. Si leurs besoins vitaux ne sont pas satisfaits ils soritront revendiquer comme en 1988. Tirer sur la foule comme en 1988

ca n' est plus possible Daesch en profiterait de suite pour ajouter de l' huile et mettre le feu. Il n 'arttend que ça. de 2 choses l 'une ou le pouvoir se retire ou c' est la syrie.

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moh arwal

vouloir c'est pouvoir.

LE PEULPLE PEUT CHANGER SON PROPRE DESTIN S'IL LE VEUT VRAIMENT

MATOUB LOUNAS ALLAH IRAHMOU A DEJÀ PREVU COMMENT.

Il avait dit:

Quand il n' y aura plus de foin dans l'écurie, les bouricots se

devoreront entre eux. Celà est pour bientot.

Le pouvoir n a plus le nerf de la guerre qu'il fait au peuple, plus de pétrole, plus de devises et plus de fourbi dans le gourbi, il a sorti son dernier atout . 7bal kadeb kasir.

Il vient de signer et faire voter sa fin. Cette constitution est un outrage au peuple ça va fermenté et dégager des gas toxiques mortels pour Bouteflika et ses coacteurs.

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moh arwal

Ne prenez pas les algeriens uniquement des pour des accros du foot, ils sont aussi désireux de bien vivre libres et bien.

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