L’Iran, le grand retour sur la scène internationale

Iraniens et Américains pendant les négociations.
Iraniens et Américains pendant les négociations.

La levée de sanctions et de l’embargo sur l’Iran n’a pas été sans conséquences sur les bourses des pays du Golfe et les cours du pétrole.

À Washington, le président Barack Obama a signé, samedi, un décret annulant les sanctions américaines visant la République islamique. En Europe, "Les sanctions économiques et financières contre l'Iran vont être levées", a annoncé samedi soir à Vienne Federica Mogherini, porte-parole de la diplomatie européenne. Barack Obama a salué dimanche les progrès historiques réalisés grâce à la diplomatie au lendemain de la levée des sanctions sur le programme nucléaire iranien et l'échange de prisonniers entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Accord sur le nucléaire entré en vigueur, familles américaines réunies (...) Nous avons réalisé des progrès historiques grâce à la diplomatie sans passer par une nouvelle guerre au Moyen-Orient", a déclaré M. Obama depuis la Maison Blanche. L'accord nucléaire conclu le 14 juillet avec les grandes puissances, est entré en vigueur samedi après que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a certifié que l'Iran avait respecté ses obligations visant à garantir la nature strictement pacifique de son programme nucléaire.

Simultanément, Téhéran et Washington ont annoncé une opération d'échange inédite: quatre détenus irano-américains, dont le reporter du Washington Post Jason Rezaian, ont été libérés par l'Iran et sept Iraniens ont bénéficié de clémences aux Etats-Unis. Un cinquième Américain a également été libéré.

Dette américaine

Les Etats-Unis vont rembourser à l'Iran un total de 1,7 milliard de dollars de dette et d'intérêts qui remontent à la Révolution islamique de 1979 et à la rupture des relations diplomatiques, a indiqué dimanche dans un communiqué le secrétaire d'Etat John Kerry.

Ce remboursement, fruit d'un règlement du Tribunal arbitral de La Haye créé pour ce différend, concerne 400 millions de dollars de dette et 1,3 milliard de dollars en intérêts, mais n'a rien à voir avec les dizaines de milliards de dollars que Téhéran doit récupérer à la suite de l'entrée en vigueur samedi de l'accord sur son programme nucléaire et de la levée consécutive des sanctions.

Le président américain a cependant une nouvelle fois insisté sur les profondes différences qui persistent entre Washington et Téhéran. Nous restons fermes dans notre dénonciation du comportement déstabilisateur de l'Iran, a-t-il souligné, citant les violations des droits de l'homme ou encore le programme de missiles balistiques.

Washington a d'ailleurs annoncé dimanche matin de nouvelles sanctions liées à ce programme. Cinq ressortissants iraniens et un réseau d'entreprises basées aux Emirats arabes unis et en Chine ont été ajoutées à la liste noire financière américaine.

Dans la foulée, le Conseil de sécurité de l'ONU a retiré dimanche la banque iranienne Sepah et sa filiale internationale de la liste noire figurant dans les sanctions onusiennes, au lendemain de la mise en oeuvre de l'accord sur le programme nucléaire de Téhéran. Bank Sepah, plus ancien établissement bancaire d'Iran, et sa filiale Bank Sepah International figuraient depuis 2007 sur cette liste de sanctions onusiennes.

Le communiqué de l'ONU précise que ce retrait s'inscrit dans le cadre d'une résolution adoptée en juillet dernier, après la conclusion de l'accord nucléaire historique entre les grandes puissances et l'Iran le 14 juillet 2015 à Vienne.

Le Conseil de sécurité a imposé quatre séries de sanctions à l'Iran entre 2006 et 2010, mais ces résolutions sont devenues obsolètes avec l'entrée en vigueur samedi de l'accord. La nouvelle résolution votée en juillet retire la plupart des sanctions, mais maintient des restrictions liées au développement de missiles par Téhéran.
La liste noire des sanctions de l'ONU envers l'Iran concerne 43 personnes et 78 entités, soumises à une interdiction mondiale de voyager et à un gel des actifs.

Bank Sepah figurait sur cette liste pour avoir assisté Aerospace Industries Group (AIO), qui englobe Shahid Hemmat Industrial Group et Shahid Bagheri Industrial Group. Ces deux derniers étaient visés par des sanctions depuis 2006.

L.M./AFP

Plus d'articles de : Economie-Finance

Commentaires (1) | Réagir ?

avatar
Bachir Ariouat

Une certitude, cela ne fera pas plaisir à deux pays de la région fauteurs des troubles de cette partie de la terre.

L'Arabie Saoudite et Israël, les deux pays chien de garde de l'oncle Sam, quand à notre pays, pour l'instant c'est la banque d'Algérie qui va souffrir, pour boucher les trous des dettes des mauvais gestionnaires depuis 1962 à présent.