Le cours du pétrole s'installe à moins de 40 dollars

Sonatrach aura toutes les peines du monde à alimenter en rente le pouvoir
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Les prix du pétrole continuaient à décliner lundi en cours d'échanges européens, creusant les déjà lourdes pertes enregistrées vendredi dans le sillage d'un rapport de l'Agence internationale de l'Énergie (AIE) et une semaine après que l'Opep a décidé de maintenir sa production inchangée.

Vers 11h15 GMT (12h15 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier valait 37,20 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 73 cents par rapport à la clôture de vendredi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude (WTI) pour la même échéance perdait 60 cents à 35,02 dollars. Rien ne semblait pouvoir enrayer la chute des cours du Brent et du WTI, qui, après avoir fortement décroché vendredi au terme d'une semaine ininterrompue de baisse, rejoignant de nouveaux plus bas depuis presque sept ans, poursuivaient leur débandade lundi.

Vendredi, l'Agence internationale de l'Énergie a déclaré que les stocks (de pétrole) allaient continuer à augmenter jusqu'à la fin de 2016. Motivées par le consensus croissant d'un excès global d'offre, ces nouvelles ont fait l'effet d'une douce mélodie aux oreilles des investisseurs pariant sur la baisse des cours qui ont catastrophiquement fait plonger les prix du brut à de nouveaux plus bas, relevait Farbod Mimeh, analyste chez London Capital Group. Le Brent est ainsi tombé lundi vers 09h00 GMT à 37,27 dollars le baril, un plus bas depuis le 26 décembre 2008, tandis que le WTI a atteint vendredi 35,16 dollars le baril, un minimum depuis le 19 février 2009.

Alors que la surabondance d'or noir pèse toujours sur le marché pétrolier, les cours ont particulièrement souffert de la décision de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) il y a plus d'une semaine de ne plus se fixer d'objectif chiffré de production, tandis que le rapport mensuel de l'AIE publié jeudi a porté un coup supplémentaire au moral des investisseurs.

L'AIE, qui est basée à Paris et liée à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), a maintenu sa prévision selon laquelle la production de l'Opep augmenterait encore de 1,2 million de barils par jour (mbj) l'an prochain, ce que ne compenserait pas une baisse de 600.000 bj hors du cartel. De plus, l'AIE a prévenu qu'au niveau de la demande, les effets positifs de la baisse des prix, qui ont chuté fin 2014 et ont depuis échoué à rebondir, commençaient à s'atténuer, avec un ralentissement de la consommation déjà important fin 2015.

Les inquiétudes (des investisseurs) étaient déjà à des niveaux alarmants concernant l'excès agressif d'offre, et d'autres commentaires pessimistes de cette agence majeure ont joué un rôle essentiel dans le plongeon du WTI à un nouveau plancher, à 35,15 dollars, notait pour sa part Lukman Otunuga, analyste chez FXTM.

Selon ce dernier, le moral des investisseurs avait déjà largement pâti de la réunion de l'Opep il y a dix jours et la succession sans fin de mauvaises nouvelles frappant le marché du pétrole a globalement effacé toute chance d'une reprise des cours avant la fin de l'année.

Le sentiment négatif à l'égard de l'état actuel et de l'état attendu de l'équilibre (de l'offre et de la demande) du marché pétrolier s'est intensifié dans le sillage de la réunion de l'Opep à Vienne (le 4 décembre). Les fondamentaux, d'autre part, ne se sont pas détériorés sensiblement depuis la réunion, observaient pour leur part les analystes de Barclays, pour qui le marché pétrolier devrait toutefois se rééquilibrer en 2016 et permettre aux prix de rebondir.

AFP

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