"La traversée du somnambule, chroniques du mentir/vrai" de Arezki Metref

La couverture de l'ouvrage.
La couverture de l'ouvrage.

"La traversée du somnambule, chroniques du Mentir/vrai" est le nouvel ouvrage d'Arezki Metref publié par les éditions Koukou.

Comme un châtelain qui promène ses hôtes à travers les dédales de sa demeure jusqu'au donjon de guet,, Arezki Métref nous mène à travers Vint sept chroniques à parcourir les méandres de sa passion pour la littérature, les icônes qui tapissent ses contours, et les hauteurs desquelles il observe avec circonspection le monde agité des hommes.

Ecrites dans un style limpide et élevé du genre, ses chroniques nous mettent d'emblée sur ses pas de journaliste-écrivain qui arpente le champ de l'écriture aux quatre coins du monde à la recherche d'une rencontre pertinente. Une inspiration inépuisable, d'heureux hasards, une imagination fertile et surtout un talent de narrateur remarquable soutiennent sa quête et donnent à son jardin le grain magique de sa floraison.

Chacune de ses chroniques raconte une histoire autour d'un fait observé, d'un livre lu ou à lire, d'une personne célèbre ou inconnue.La plume d'Arezki Metref ne rate rien de ce qui peut la nourrir dans l'univers qui est le sien. Elle prend note de tout ce qui bouge, de tout ce qui vit et même de l'inanimé car tout est prétexte à une belle histoire.

La chronique tient pour lui moins de la pâte journalistique que de la littérature à partir du moment où l'imaginaire vient s'y accoler et lui donner un peu du souffle intérieur de son auteur. Tenir une chronique à la manière d' Arezki Metref c'est faire comme un cordon bleu qui, d'un semblant de rien vous concocte avec modestie un mets mémorable. Chaque instant, chaque fait aussi banal soit-il, devient par la force du génie une œuvre d'esprit, une pièce d'art.

Tout part de ce concept paradoxal emprunté à Aragon: le mentir/vrai, un concept qui fait encore polémique selon l'interprétation qu'on lui prête, mais qui cache au fond une sourde lutte idéologique entre sympathisants et détracteurs de l'écrivain communiste. Ces derniers ne retiendront que le premier terme de la notion dont ils accableront le poète romancier qui n'a jamais renoncé à ses convictions politiques. Arezki Metref choisit de s'en tenir à la définition première de son auteur, c'est à dire un procédé littéraire qui consiste à donner au réel une part de fiction pour le rendre plus crédible et moins insipide aux yeux du lecteur. C'est un acte créatif qui révèle la vérité enfouie dans le réel.

Par le truchement de ce procédé, il nous fait voyager à travers de petites histoires dont il nous régale en écrivain déjà accompli. On y fait des rencontres plausibles ou improbables mais toutes fructueuses pour notre sensibilité et notre intelligence. Des chefs d'oeuvres et d'illustres noms jalonnent ses pages et révèlent de l'auteur son immense culture et un irrépressible goût pour le raffinement sans dédaigner les œuvres et les gens de moindre éclat. De James Adley Chase à Gabriel Garcia Marquez, de Tahar oussedik à Naguib Mahfouz, tout y passe. Cet amoureux de la lecture ne se lasse pas d'apprendre et de nous apprendre.

Laissons la conclusion à Boualem Sansal qui dit si justement dans sa préface "On peut lire les vingt sept chroniques qui suivent comme des tranches de vie glanées aux quatre coins du monde et magnifiquement rapportées. C'est un régal dont on ne se lasse pas. On peut aussi les lire comme vingt-sept leçons d'écriture. S'ils sont avisés, les écrivains débutants en tireront un grand profit, ils sauront combien l'art se nourrit de simplicité et d'empathie; s'ils sont déjà expérimentés ils découvriront que l'expérience n'est pas tout , il faut aussi de la magie, la touche innocente du maître."

Mokrane Gacem

Plus d'articles de : Culture

Commentaires (0) | Réagir ?