Haine, rancune et hostilités stériles : l’humanité en péril !

130 jeunes sont tués dans la soirée sanglante de vendredi 13 novembre à Paris.
130 jeunes sont tués dans la soirée sanglante de vendredi 13 novembre à Paris.

Il n’est pas toujours aisé de trouver un cheminement cohérent pour exprimer ce tourbillon de colère qui torture vos tripes et envahit vos cellules émotionnelles les plus asthéniques aux lendemains de drames dans lesquels la vie de dizaines d’êtres humains semble reposer sur des jeux de massacres absurdes et primitifs qui renvoient de l’homme une image peu amène, laquelle dévoile un niveau de barbarie qui dépasse celui des sociétés les plus sauvages que la planète Terre ait eu à abriter depuis que l’homo-sapiens s’est octroyé le titre de créature préférée des cieux.

Une barbarie qui s’est vite propagée suite à la folie destructrice qui s’était abattue sur New York et ses magnifiques tours jumelles, le 11 septembre 2001, suivi du fameux «good vs evil» revanchard que G.W. Bush formulait avec arrogance et mysticisme puéril pour justifier l’invasion de l’Iraq. Une occupation discutable, à l’origine de la déstabilisation quasi-totale du Moyen-Orient, et dont les conséquences et la facture, en termes de pertes humaines, ne cessent de s’amplifier bien des années plus tard.

Comme d’habitude, ce n’est que dans ces moments dramatiques et bouleversants que les politiques rebondissent pour nous inonder de discours résolument belliqueux et insidieux, avec une surenchère d’animosité, d’inquiétude et de solutions de haute expertise, lesquelles se traduisent par des séries de lois et de mesures drastiques pour installer la psychose et justifier les ultimes recours, ceux des armes, de la guerre et de la raison du plus fort ! Décidément, la mémoire collective des hommes se dilue très vite dans le temps. Oubliées les atrocités des conflits passés, oubliées ces images insoutenables de moult massacres de masse ! Revoilà les va-t-en-guerres primitifs déterminés à en découdre et tout recommencer!

On ne sait trop par quels mécanismes cérébraux, la petite cervelle canalise et associe des événements récents à d’autres, enfouis dans un coin reculé de la mémoire passive, mais depuis ce vendredi soir funeste des tueries parisiennes, un seul air résonne dans mon crâne, celui que Sting martelait, au milieu des années 1980, et dans lequel il associe l‘apaisement américano-soviétique, dont le monde redoutait l’affrontement nucléaire, à l’espoir que les Russes chérissent leurs enfants aussi "I hope the Russians love their children too". Un appel à la paix que résume la formule "We share the same biology regardless of ideology!". Un message humaniste très fort que le sentiment d’impuissance augmente en vous, à angoisse, face à tant de bêtise humaine ! Un avertissement clair et limpide auquel malheureusement les dirigeants de la plupart des pays de la planète ne semblent pas souscrire, à commencer par cet état islamique, né de la propagande wahhabite des monarques Saoudiens que personne n’ose dénoncer, et qui martyrise les pays musulmans tout en défiant l’Occident! À cet égard, Sting devrait revisiter son tube pour inclure les dirigeants Wahhabites dans l’appel adressé aux Russes : adorer leurs enfants au lieu de consacrer la totalité de leur potentiel affectif à ce Dieu que les hommes ont créé à l’image de leur petitesse pour combattre et soumettre, au nom du ciel, tout ce qu’il y a de plus grand qu’eux sur Terre.

Mais le message magistral de Sting se retrouve très vite étouffé par les images d’arrogance d’un G.W. Bush conquérant, lequel berne la planète entière en exhibant des preuves fallacieuses d’armes de destruction massives imaginaires pour justifier le feu vert à cette folie meurtrière mondiale que rien ni personne ne semble être en mesure d’arrêter sans recourir aux moyens ultimes, ceux de faire parler les armes et les va-t-en-guerre de tous bords qui se chargeront d’effacer les résidus d’une fraternité fragile entre l’Orient des mille est une nuits et l’Occident des mille et une folies.

Pourtant "Liberté, Egalité, Fraternité" est un slogan magnifique ! Une base du vivre ensemble qu’il est impossible de ne pas admirer. Une devise que tous les peuples de la Terre seraient bien avisés d'adopter! Mais comment espérer des autres peuples l’adoption de telle formule quand un regard sur l’Histoire récente nous enseigne que cette devise a été foulée aux pieds par ceux-là même qui l’ont énoncée ? Car, un sacré bémol s’impose quand on se souvient que tel slogan n’a jamais été appliqué quand il s’agissait de parquer les nord-africains dans des cités extérieures à la plupart des grandes villes de France, loin de la société Gauloise, comme pour mieux les oublier et leur signifier leurs différences inconciliables avec les us et coutumes d’un monde civilisé ! Ces différences ne cessent d’ailleurs pas d’être exhibées et confortées, par tous les moyens possibles, par les partisans d’une bien-pensance un peu trop paternaliste pour être crédible et efficace. Du menu spécifique dans les cantines scolaires aux journées fériées accordées à l’occasion de fêtes religieuses, les exemples prémédités de rupture sont for nombreux, tant à y regarder de près, on s’aperçoit très vite que l’école de la république, au lieu d’arrondir les angles de certaines différences, surtout à l’âge de la préadolescence, période pendant laquelle les enfants sont le plus malléables, au contraire les renforce! L’école ne peut pas réussir son rôle de premier vecteur d’égalité et de fraternité, quand la religion s’invite dans le formatage des esprits au quotidien! Sans parler de cette AOC apposée aux Français-Musulmans, telle une étiquette sur un produit du terroir, mais qui dégage des relents d’exclusion évidents et condamne cette communauté à une marginalisation persistante ! La France du savoir et des lumières n’est pas l’Arabie de l’incurie et des ténèbres, que diantre!

Quoique, il y a parfois de quoi se pencher sur la question, quand on se met en branle pour permettre au Roi d’Arabie de se prélasser en côte d’Azur, tout en donnant satisfaction à des exigences qui relèvent du pur délire autocratique. Un monarque qui pousse le ridicule jusqu’à oser refuser que des policières fassent partie de sa garde rapprochée! Telles irrévérences transpirent quelque chose d’insupportable, à l’heure où l’espace nous inonde de décors galactiques spectaculaires, ceux d’un univers qui dépasse en merveilles, ce Dieu que les hommes ont créé à leur image de belliqueux en mal de conquêtes et de pouvoir !

Il ya quelque chose d’insane aussi quand la France accueille Abdelaziz Bouteflika dans des centres de soins les plus prestigieux, et qu’en lieu et place d’hôpitaux modernes, ce dernier construit une grande Mosquée à Alger afin que le p’tit peuple se contente de soins mystiques à même de renforcer sa foi en ce dictateur aux multiples mandats!

Daesh n’est pas une génération spontanée que diable! Il n’est pas tombé du ciel non plus ! Daesh est constitué de combattants d’Allah formatés à la pensée salafiste qui provient d’Arabie Saoudite ! Et au vu des condamnations récentes prononcées à l’encontre du jeune blogueur Raïf Badaoui et du poète Ashraf Fayadh par les gardiens de ce temple endurci par l’incurie des hommes, on ne peut que conclure que ces vieux potentats qui dirigent l’Arabie Saoudite n’aiment pas leurs propres enfants. Accepter que telle pensée extrémiste s’exporte hors des frontières d’Arabie, c’est accepter que ce désamour insensé, à contre-courantde toutes les lois biologiques que dame nature élabore depuis des millions d’années, se généralise et devienne règle plutôt qu’exception.

Cette pensée extrémiste qui ignore la liberté la plus élémentaire, celle de la liberté de conscience, a été adoptée et amplifiée par la plupart des dirigeants musulmans, ceux de l’Algérie en premiers! Faut-il rappeler que les principaux attentats islamistes à Paris ont été commis par des GIA, à la solde de ceux formés dans les mosquées et entraînés dans les maquis au pays ?

Il est à se demander si les dirigeants du monde souhaitent vraiment éradiquer la pensée djihadiste, importée des pays où elle se pratique, pour toutes sortes de conquêtes et de dominations, depuis plus de 14 siècles, quand on caresse dans le sens du poil des dirigeants qui la véhiculent et s’acharnent à la transmettre par tous les moyens possibles, dans le but évident de régner en maîtres absolus, en transformant le citoyen en sujet docile et souvent perméable à ces discours extrémistes qui malmènent le monde.

Faut-il rappeler, encore une fois, que Bouteflika a reconnu son parti-pris pour la mouvance islamiste en déclarant : "je me sens plus proche des islamistes que des démocrates" ? Telle formule ne constitue-t-elle pas un signe, voire une confession arrogante, d’une estime certaine envers les terroristes islamistes qui ont endeuillé Paris ? D’ailleurs n’a-t-il pas confirmé ses affinités avec les égorgeurs en affirmant, à propos des groupes Islamistes qui ont terrorisé l’Algérie pendant plus de 10 ans, «si j’avais leur âge, j’aurais fait la même chose» ? Comment peut-on, dès lors, se permettre de soigner ce vieux tyran qui ne cache pas ses penchants extrémistes et lui apporter soutien inconditionnel dans sa quête de pouvoir absolu sur un peuple qui ne l’a d’ailleurs jamais élu? À moins que la formule «faites ce que l’on vous dit, ne faites pas ce que l’on fait» ne soit l’unique précepte applicable aux peuples indigènes, sous lesquels l’occident nous désigne !? Sinon, comment expliquer qu’aux yeux des médias, les massacres commis en dehors de l’Occident, avec des victimes qui se décomptent souvent par milliers, ne soient traités que comme de simples faits divers, très vite évacués des unes de l’info, alors que ceux perpétrés sur le sol de ces pays, dits civilisés, sont perçus comme des drames nationaux ? La vie humaine est-elle donc quantifiée en fonction de la position géographique sur l’Atlas du monde ?

- Oui pour une lutte sans merci contre le djihadisme, celui qui se focalise sur le reformatage pédagogique du djihadiste!

- Oui pour une rupture totale avec les messages de haine et de rancune véhiculés par la pensée extrémiste!

- Oui pour un éveil des consciences à contre-courant de l’entendement intégriste!

Mais, tels vœux demeureront lettre morte tant que personne n’ose dire «Non !» à tous ces vieux dirigeants arabes qui se soignent et passent leurs vacances en Occident pendant qu’ils formatent leurs jeunesses à la haine contre ce même Occident qui les reçoit et les cajole au moindre éternuement! Programme farfelu ? Peut-être bien, mais c’est la condition nécessaire et suffisante pour apaiser ce monde que l’homo-sapiens a transformé en abysses de l’horreur! Est-il si difficile d’admettre que si on offrait des conditions minimales à un jeune de réaliser ses rêves et de construire son destin sur Terre, il ne se laisserait pas facilement charmer par Daesh et la mort, considérée comme ultime passage à la vie et au bonheur célestes, tel que le stipulent des textes sacrés qu’il est grand temps de revoir aussi ?

Les pensées extrémistes ont fait assez de mal comme ça ! Il est temps de les ignorer et ne plus jamais s’en référer ! C’est la condition sine-qua-non pour enclencher une harmonie permanente entre l’Orient et l’Occident! Le pape François l’a bien compris, mais que dire de ces ulémas musulmans qui refusent toute critique des textes sacrés et qui ne font qu’amplifier la cruauté par une application barbare des préceptes prétendument tombés du ciel et sur lesquels ils adossent, en toute impunité, leur illégitimité politique, immorale et inhumaine ?

À quelques jours de la COP21, il est vrai que sauver la planète d’un réchauffement climatique qui s’accélère est nécessaire, mais la sauver de ces enchainements cycliques et destructeurs de haine et de rancune est aussi prioritaire. Cela est possible, à moindre frais, si tant est que :

- GW. Bush fasse son mea culpa et demande pardon d’avoir envahi l’Iraq sous des prétextes fallacieux !

- Le roi d’Arabie Saoudite présente ses excuses pour avoir produit des monstres comme Bin-Laden, sous couvert d’un quitus des cieux !

- Bouteflika et le FLN demandent pardon d’avoir confisqué, depuis plus de 50 ans, pouvoir, richesses et libertés!

- Des groupes de citoyens Français se rendent dans les cités pour dire aux jeunes maghrébins «pardon de vous avoir si longtemps ignorés !»

Cela serait possible enfin quand les brigands d’Alger déclareront «Algérie terre de fraternité entre Juifs, Chrétiens et Musulmans» en faisant preuve de l’ingéniosité et de l’audace nécessaires pour redonner le droit du sol aux pieds noirs qui l’ont quitté sous la menace, tout en déclarant Enrico Macias «Persona grata in Algeria».

Peut-on espérer cultiver quelconque concorde absolue à New-York, Londres ou Paris quand on l’a bannie et fauché les moindres épis à Alger ?

Il y a tant à refaire sur cette Terre! Mais comme la politique est souvent affaire de politiciens versés dans un affairisme déplorable que dans celui d’un humanisme durable, il est loin le chemin de grâce pour tous ! Et nous, qui vibrons aux rythmes d’un crédo unique, celui d’un monde apaisé, sans orées physiques ni lisières idéologiques, n’avons que les mots pour geindre et hurler notre impuissance face à tant de désobligeance!

Kacem Madani

Petite virée poétique pour fuir ce monde maléfique :

Ces étoiles lointaines
Constellations célestes
Non énigmatiques
Aux beaux cerveaux.

De la terre au ciel
L'homme forge le savoir
Qu'il ne doit qu'à lui même
Tête ancrée dans la question

De la terre à la terre
Ses idées croissent
Guérissent solutionnent
Façonnent l'humain

Du ciel à la terre
Météorite du dogme
Venant écraser la Vie
Par la pensée unique.

(Jiji, le poète discret de Paris)

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Commentaires (18) | Réagir ?

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Dhrifa N'targa

Thezrid, a kichi, ula d’nekini thikwel ma yzed chwiya af oul ur sentezmiragh ara. Alors, comme on dit, thestoughaliyid. Ur zrgigh ma d. Alzheimer ad issawamène nagh c’est au contraire c’est mon cerveau qui me fait une diversion pour me protéger ou m’aider à supporter.

J’ai vraiment aimé ton traductionnage du poème n’Si Muhend. A Kichi. Je l’ai rangé dans ma boite à pharmacie pour mes jours de spleen. Mais comme tu ne lui a pas donné de titre, je lui ai mis un sparadrap et j’ai écrit : Poufiasse de vie, pour le reconnaitre. Semhiyi cette irrévérence.

Je ne sais pourquoi, mon cerveau, des fois itsrouhou au placard enni n’lemahayène-iw anda jem3agh ikassrounène-iw des fois itsrouhou ar larmoire à pharmacie. Alors itsawidid lipassma ; des vieux poèmes n’si Muhend, entre autres, nagh l’izane-nique-dote.

Tu vois, ya Madani, pour plagier l’autre : ur hemlagh ara thimesth d. assemidh iyi qerhane. Tsasaw ig houza ussemidh. Aka iyi thedra d. lizanicdote. Alors ma :

« Regmaghk agma ur etsssedhidh

Aynakène uk id a khenigh

Ihouzek ur d iyi zguil”.

A propos d’âne-et-cdote : une dernière pour la route ?

Un jour. Diogène. Pour ceux de moins de swassata et de likoul fondamentale qui n’ont pas pu le connaitre, Diogène est un grand philosophe grec. Celui à qui on doit le cynisme.

Donc, Diogène accompagné de ses disciples lavait son linge dans un ruisseau. Comme il voulait montrer son humilité, il s’habilla en conséquence. Mais il poussa le grotesque aux bords des limites du ridicule. Dans sa mise en scène, Diogène mita artificiellement son manteau. Un de ses disciples, le regarda et lui dit : Diogène, je vois ton orgueil à travers les trous de ton manteau.

Pour ne pas me fâcher avec toi, ya Madani, je prends entièrement cette anecdote pour ma pomme. Je n’ai invité Diogène que parce que les circonstances et le contexte s’y prêtent.

Ni toi ni moi, ya Madani, ne sommes là pour nous chercher des poux dans la tonsure. Crois-tu que si j’avais voulu te reprocher quoi que ce soit, c'est ce je ce raccourci là que j'aurais emprunté ? J’ai tendu aussi la perche à Kichi qui pourtant t’a emboité le pas sans aller jusqu’à lui reprocher de vouloir chercher des excuses à qui que ce soit. Je sais que ni toi ni lui n’alliez pas dans ce sens là. Même si personnellement je n’aurais pas choisi ce contexte là pour inviter Bush, Napoléon, la deuxième guerre mondiale, John Lennon, Sting ni même la Sainte- Barthélémy, le pétrole, nagh les banlieues.

Je me disais seulement que pendant qu’on nous fait des cheveux blancs, on nous balade : aselhayène degnagh. Dans l’underground des labos secrets, des docteurs Follamour, Mabuse, et Frankenstein travaillent à nous fabriquer de nouvelles pilules, suppositoires, hypothèses et théories, et ils seront biens vendues.

Mais, bon, même s’il y a eu méprise, skize-mwa, ta réponse je l’ai bien méritée : mea culpa !

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klouzazna klouzazna

La mémoire séléctive joue des tours !!! surtout pour celui qui fait semblant d'oublier la barbarie qui a frappé son propre pays !!!

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