Panique à bord de la Bouteflikia : 19 personnalités sont à la recherche de leur introuvable commandanti

Panique à bord de la Bouteflikia : 19 personnalités sont à la recherche de leur introuvable commandanti

Y a-t-il encore quelqu’un qui….. Je veux dire qui commande ce bateau ? Hé Ho…. Quelqu’un est-il au contrôle dans ce navire chavirant ? Hé ho, quelqu’un m’entend ?

Je suis Khalida Toumi, je suis avec Louisa, tu sais celle qui a obtenu un score digne de la honte lors du quatrième mandat ? Nous voulons savoir juste si t’es là de temps en temps, on s’quiète un peu, on a un peu l’impression que le bateau tangue, le reste on s’en fout, on sait que tu dors. T’inquiète, on sait que tu n’as pas que ça à faire, déjà que tu nous dépannes à partir de ton chariot, franchement on n’a pas à se plaindre comme le font les autres, je veux dire l’opposition, car nous, on n’est pas de l’opposition, on veut juste te parler, on ne va surtout pas te dire de démissionner, au contraire on s’inquiète de ton absence. Nous, c’est de l’opposition light, un coup de dedans un coup dehors, ça dépend des rétro-commissions. Nous, on fait du business politique, ce qui nous intéresse c’est dans quel sens ça tourne. Par exemple, sachant que tes jours sont comptés, on se prépare pour savoir un peu dans quel sens on va tourner, tu vois un peu pourquoi on veut te voir ? En tout cas, pour nous, il vaut mieux un chariot rassurant qu’un président du changement !

Et puis, pour répondre à ceux qui n’arrêtent pas de dire que t’es malade, ce n’est pas toi qui gouverne, que tu n’a pas tes capacités mentales et sexuelles, que The God Toufik c’est ton Big Brother Said qui l’a mis à la retraite, nous disons révisez vos leçons d’histoire ! L’histoire récente a battu en brèche cet argument en montrant que la santé ne fait pas les présidents. Preuve en est, tu es le seul survivant au ras de marré de changement ayant emporté tes co-présidents à vie. Ni Ben Ali, Ni Moubarak, ni encore moins Kadhafi lynché et exécuté ne sont aujourd’hui au pouvoir. L’oncle Sam a décidé de garder que toi, même si t’es malade. T’incarne vraiment le soldat Ryan, il n’y a que toi qui a résisté au vent du changement, et puis peut- être c’est le fait que t’es tout le temps assis qui a provoqué ce non changement, t’as fini par te coller à la chaise, tu fais corps avec le pouvoir-chaise. Tu as fait l’inverse d’Ait Ahmed. Lui c’est la politique de la chaise vide, puis voyons où ça a mené le parti FFS, toi c’est la politique de la chaise pleinement occupée, et voyons où ça a mené le pays. On coule les yeux rivés, et il n’y a malheureusement que nous les 19 qui tirons la sonnette d’alarme, il n’y a que nous qui ressentons le naufrage. Le seul point commun bien évidemment c’est la télécommande du pouvoir et la banqueroute du pays et du parti. Lui, il le fait de la Suisse, toi tu le fais du Val-de-Grâce. Enfin, je veux dire à partir des hôpitaux parisiens, chez François la Guerre.

Mais tu es sérieux, tu ne te souviens pas non plus de Louisa? Ce n’est pas vrai. T’as perdu la tête ou quoi Monsieur le président ? C’est quand même elle qui a donné une légitimité à la dernière élection présidentielle aux yeux de la communauté internationale en faisant le lièvre. Même si on est victime d’un AVC, c’est quand même le minimum de se souvenir avec qui on a flirté la dernière fois, enfin les convives les plus en vus au dîner électoral d’avril 2014, les derniers apôtres, ils ne sont pas pourtant pas nombreux. Il n’y en avait pas treize, mais juste 4 ! Ne me dis surtout pas surtout pas non plus que tu ne te souviens pas de Rachid, Boudjedra, celui qui a écrit Le FIS de la honte. Ah la honte si tu ne reconnais pas la voix du grand écrivain Boudedra, c’est lui le père fondateur de la littérature algérienne d’autant plus c’est le seul écrivain chauve que l’Algérie n’ait jamais connu !

Tu ne me reconnais toujours pas ? J’ai été pourtant ton ministre de la Culture, la coquette Khalida, tenue provocante, ça ne te dis rien ? Non ? Ce n’est pas vrai ? J’ai porté pourtant dix ans le même portefeuille et j’ai réussi à distribuer tout, je n’ avais rien laissé dans la caisse, j’ai même financé des projets qui n’ont jamais vus le jour et ne le verront certainement pas dans l’ère où t’es, des projets fictifs, bidons, enfin j’ai fait le maximum pour rendre service à la culture de service. N’est ce pas ce que vous voulez ? Vous aussi en créant des relais de service partout ?

Quelqu’un nous entend ? Allo ! Nous sommes les 19, nous avons embarqué dans ce bateau, mais là nous comprenons rien, apparemment le commandant s’est endormi ou il est mort, car il était malade depuis 2005, mais nous avons pris le risque d’embarquer avec lui, car c’est le seul qui nous offrait toutes les commodités de vie et nous permet de vivre first class.

Monsieur le président, s’ils vous plaît, on sait que vous ne pouvez pas parler, faites nous juste signe, comme ça on va montrer à l’opposition que vous existez bel et bien en chaire et en chaise, que vous savez, vous voyez et vous entendez, et leur dire que la vraie oppositions c’est nous les 19, que le peuple d’Algérie c’est nous les 19, que vos interlocuteurs c’est nous les 19, que les personnalités c’est nous les 19, que l’opposition créée in- vitro dans les laboratoires du DRS pour casser la vraie opposition, c’est nous les 19, la vacance du pouvoir au cas où il y’en aurait une c’est nous les 19 qui prenons les commandes, et puis quoi d’autres ? La révision de la Constitution, c’est nous les 19 qui la validerons, l’adopterons et la diffuserons, le prochain mandat si vous êtes encore là, c’est nous les 19 qui vous ferons campagne et les lièvres au cas où ils y’en n’auraient pas. Autre chose Monsieur le président ? Nous, en contrepartie, on veut juste vous voir et puis c’est tout. On a juste envie de se faire entendre et faire parler de nous, et puis essaie de temps en temps d’apparaître à l’écran pour nous rassurer.

Omar Tarmelit

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