Quel intérêt à avoir des droits quand déposer plainte devient un cauchemar ?

L'affaire de la Camerounaise violée à Oran et qui n'a pu déposer plainte au début soulève toujours l'incompréhension.
L'affaire de la Camerounaise violée à Oran et qui n'a pu déposer plainte au début soulève toujours l'incompréhension.

Un droit n'est effectif que si, lorsqu'il est violé, les victimes disposent de réelles possibilités de recours. Or en pratique, lorsque ces victimes ne peuvent solliciter la protection de la justice par le dépôt d’une pliante, c’est de fait une négation de leurs droits.

Selon l’article 139 de la constitution algérienne, le pouvoir judiciaire protège la société et les libertés comme il garantit, à tous et à chacun, la sauvegarde de leurs droits fondamentaux.

La plainte est l'acte par lequel une personne qui s'estime victime d'une infraction en informe la justice. Le dépôt de plainte peut se faire dans un commissariat de police, une brigade de gendarmerie ou directement auprès du procureur.

L’Algérie en ratifiant le pacte international des droits civils et politiques (article 2), s’est engagée :

- A respecter et à garantir à tous les individus, se trouvant sur son territoire, les droits reconnus dans le Pacte, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

- A garantir à toute personne, dont les droits et libertés auront été violés, de disposer d'un recours utile, même si la violation a été commise par des personnes agissant dans l'exercice de leurs fonctions officielles.

Dans un Etat de droit, la procédure de plainte doit être à la portée de toute personne s’estimant victime. Que cette personne soit une ressortissante ou se trouvant sur le territoire national. Cette démarche doit lui être accordée sans privilège ni discrimination.

Pour dénoncer des pratiques récurrentes de déni de dépôt de plainte, nous, signataires de cette déclaration, interpellons le Ministère de l’Intérieur et le Ministère de la Justice pour veiller au respect de la procédure de dépôt de plainte afin que la justice, fondée sur les principes de légalité et d'égalité, soit accessible à tous conformément à l’article 140 de la constitution algérienne.

Oran le 12 octobre 2015

Les premiers signataires :

1- APCS – Association de Protection Contre le Sida

2- FARD – Femmes Algériennes Revendiquant leurs Droits – Oran

3- Le Collectif de Solidarité avec les subsaharien - nes réfugié - e-s à Oran

4- Le Petit Lecteur

5- Association enfance en détresse, El Hachemi Fatima Zohra, Tiaret

6- Tharwa Fadhma N'Soumeur

7- LADDH Bejaia

8- Réseau Wassila

9- RAJ

10- Belhorizon

11- Amnesty International-Algérie

12- Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie et au nom de Sos Disparu(e)

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Commentaires (1) | Réagir ?

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sarah sadim

Délirez toujours pendant que les policiers et gendarmes se remplissent les poches aux barrages de circulation.

Peut etre un procureur de bonne humeur recevra t il votre plainte, enfin quoi se faire justice soi meme semble le chemin futur auquels poussent nos polices-gendarmerie, les tribunaux c'est autre chose coté jardin ou coté cour tout dépend de son statut citoyen actuel.

Plainte en algérie d'un citoyen ou citoyenne la bonne blague, après avoir dansé du ventre quatres mandats, non mais c'est vrai, ils ne sont meme pas "Sujets" comme dans une monarchie les Algérien (ne) s, alors plaignez vous à Dieu ou faites vous justice, la loi du Talion est plus ancienne que le code pénal de Tayeb Louh;