Le pétrole chute et efface ses gains de la semaine

Le WTI a perdu 2,22 euros sur le marché.
Le WTI a perdu 2,22 euros sur le marché.

Les cours du pétrole ont chuté vendredi, les investisseurs réagissant mal aux inquiétudes exprimées la veille par la Réserve fédérale américaine sur l'économie mondiale, dans un marché souffrant toujours d'une offre excessive.

Le cours du baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en octobre a dégringolé de 2,22 dollars à 44,68 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), effaçant pratiquement tous les gains enregistrés en début de semaine.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre a fini à 47,47 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en baisse de 1,61 dollar par rapport à la clôture de jeudi.

Les inquiétudes que soulève la Fed sur la croissance économique mondiale pèsent sur les cours, a déclaré Gene McGillian, de Tradition Energy.

La Chine pèse sur la demande en pétrole, a pour sa part déclaré James Williams, de WTRG Economics, la Fed ayant invoqué jeudi les incertitudes économiques venues des marchés émergents et notamment du premier d'entre eux, la Chine, deuxième consommateur mondial.

Ces inquiétudes pesaient aussi sur les grandes Bourses mondiales, alors que le dollar se renforçait, ce qui pénalise les acheteurs de brut munis d'autres devises, fournissant aux investisseurs de multiples raisons d'être pessimistes.

Dans ce contexte, l'annonce en début d'après-midi que le nombre de puits de pétrole en activité aux Etats-Unis a encore reculé, selon le décompte hebdomadaire de la société de services pétroliers Baker Hughes, n'a pas pu apporter de réconfort. En effet la production américaine a déjà affiché six semaines consécutives de déclin, donc ce chiffre n'a fait que confirmer une tendance qui semble déjà installée.

En tout état de cause, nous avons toujours une production excédentaire et il ne semble pas que la chute de production américaine puisse remédier à ce problème, a noté M. McGillian, d'autant que le marché se prépare déjà à voir affluer des exportations iraniennes à la suite de l'accord international sur son programme nucléaire, et de la levée des sanctions qu'il implique.

Pour M. McGillian, le marché reste très volatile, tentant de se stabiliser autour de ses plus bas depuis six ans atteints fin août, mais il reste à voir si on peut recommencer à tutoyer ces planchers, selon lui.

Enfin Matt Smith, chez ClipperData, a noté que le marché commençait à s'inquiéter du niveau toujours élevé des importations chinoises, qui pourrait être de mauvais augure pour l'avenir car ne semblant pas lié à une hausse de la demande chez le deuxième consommateur d'or noir de la planète.

Cela conduit de plus en plus de gens à accuser (les acheteurs chinois) de stockages stratégique, qui ne témoigneraient aucunement d'une force de la demande, selon M. Smith. Au rythme actuel, les importations (chinoises) vont être supérieures de 14% à celles de l'an dernier à la fin septembre. Chasse aux bonnes affaires' ça on peut le dire, oui, a-t-il commenté.

AFP

Plus d'articles de : Economie-Finance

Commentaires (0) | Réagir ?