Hachemi Cherif : au cœur des luttes du peuple, dans la souffrance et le sacrifice

Hachemi Cherif
Hachemi Cherif

Il y a dix ans, le 2 août 2005, disparaissait El Hachemi Chérif.

La maladie aura eu raison de ce lutteur énergique mais pas de son combat. Son itinéraire, son expérience et ses capacités auront permis de forger une ligne de changement radical et un instrument, le MDS. Ilslui auront survécu malgré les tourments de la répression, de l’isolement médiatique et partisan conséquents de la volonté du pouvoir d’aller vers une bipolarisation du champ politique ainsi que de la crise d’adaptation au nouveau contexte tant national qu’international.

De ce patriote, qui a rejoint l’ALN très jeune, bâtisseur d’une Algérie moderne et démocratique, il reste la nécessité de tout donner au pays, de féconder le patriotisme de Novembre par la démocratie, de ne jamais renoncer au front interne permettant de faire face aux défis de l’indépendance puis de l’édification nationale, de l’affrontement avec l’islamisme assassin et le système rentier, enfin de la confrontationavec le despotisme néolibéral adossé à la rente et au compromis avec l’islamisme. Sans jamais que l’exigence de frapper un ennemi commun ne se transforme en allégeance.

Ses capacités et sa clairvoyance l’ont consacré comme un intellectuel de premier plan. Du PAGS au MDS, en passant par Ettahadi, il dénonçait toutes les impostures, aussi bien la sous-estimation de la menace islamiste que sa surestimation, aussi bien le dogmatisme que l’opportunisme, en avançant, toujours, une position de principe intransigeante. C’est ce qui a forgé la vigilance du MDS qui refuse autant une forme de fossilisation de sa pensé qu’il rejette les alliances sans principe alors qu’une partie des patriotes et des démocrates se laisse séduire par la nouvelle orientation néolibérale du pouvoir ou ses velléités modernistes quand d’autres cèdent à la tentation de s’allier à l’islamisme et aux conservateurs du système pour faire tomber ce même pouvoir. Tout cela confirmant l’obsolescence de la classe politique, aussi bien au plan idéologique que de la base matérielle.

Notre camarade a laissé un Mouvement dont la vocation de gauche est sans cesse réaffirmée dans la radicalité du projet et dans la proximité des luttes.Car l’enseignement qu’il a légué est non seulement théorique mais également pratique. C’est de manière vivante, loin des incantations, que le MDS assume cet héritage,en menant l’activité la plus exigeante sur tous les plans. C’est ainsi qu’il se porte aux côtés des Patriotes et des gardes communaux en lutte, des avocats en grève de la faim, d’un caricaturiste poursuivi à Tébessa ou des chômeurs emprisonnés à Laghouat, qu’il dénonce le déni de droit et de justice à Ghardaïa ou l’amnistie fiscale qui vient encore heurter et abîmer la conscience sociale comme hier l’amnistie des crimes islamistes.

Avec la perte d’El Hachemi Chérif l’Algérie moderne et démocratique a perdu un soutien intellectuel, politique et moral inestimable. Mais, comme lui, le MDS est prêt à mener la lutte sur tous les terrains qu’elle exigera, au plan idéologique, politique, socio-économique. Il fait de sa formule de deux fers au feu, sa boussole pour se préparer aussi bien aux échéances électorales qu’à une nouvelle transition imposée par une éventuelle accélération catastrophique qui viendrait remettre en cause la conjoncture politique actuelle.

Telle une bougie,El Hachemi Chérif s’est consumé pour éclairer le combat de la famille qui avance.Mais, malgré la maladie qui le rongeait, il croyait dans l’avenir, pour son pays et pour son parti. Il disait avoir une confiance absolue dans son peuple et savait aussi qu’après une période de flottements le MDS reprendrait le flambeau avec la même détermination. Dix ans après, les militantes et les militants restent forts de leur engagementtandis que tous les jours de nouvelles forces les rejoignent. C’est un hommage à tous ceux qui ont perdu la vie pour l’indépendance nationale et sauver la République des griffes de l’islamisme. C’est la meilleure reconnaissance de lafidélité au sens du combatde notre défunt camarade.

Alger, le 1er août 2015

Le conseil national du MDS

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