Appel-pétition : "Soutenons la mère Tekber Haddi !"

Tekber Haddi veut savoir la vérité
Tekber Haddi veut savoir la vérité

Un black-out politico-médiatique est imposé sur la question du Sahara occidental, inscrite depuis 1963 aux Nations unies, au chapitre de la décolonisation.

La lutte du peuple sahraoui contre l’occupation militaire et administrative marocaine, qui dure depuis 1975, peine à être une préoccupation des médias dans le monde, notamment en Europe et en Amérique du Nord, soumis à l’influence des lobbies pro-marocains, qui dominent l’ordre médiatique universel. Les violations quotidiennes des droits de l’Homme dans les territoires occupés sahraouis (disparitions forcées, procès iniques des tribunaux martiaux, harcèlements, arrestations, emprisonnements, tortures, viols et assassinats, restriction des droits aussi fondamentaux que la liberté d’opinion, d’expression et le droit à l’autodétermination et à l’indépendance), ne trouvent pas d’échos dans les médias des pays autoproclamés défenseurs des droits humains.

Le cas de Mme Tekber Haddi, mère du Sahraoui Mohamed Lamine Haidalla, le silence et l’indifférence entourant sa grève de la faim illimitée, depuis le 15 mai dernier, à Las Palmas (Espagne), et qui a duré plus d’un mois, illustrent ce mépris. La mère Haddi réclame toute la vérité sur la mort de son fils, exige des autorités coloniales marocaines sa dépouille et que les responsables soient traduits devant la justice.

Ce énième crime, perpétré par le Maroc, dans les territoires occupés sahraouis, vient élargir la longue liste des violations des droits de l’Homme et des crimes commis contre les Sahraouis, déjà dénoncés par les ONG et rapportés aussi par la Commission des droits de l’Homme de l’ONU.

Le silence entretenu autour de l’affaire Haidalla et du combat héroïque de Mme Tekber Haddi vient rappeler encore une fois la passivité complice des membres du Conseil de sécurité des Nations unies, avec la colonisation marocaine, en particulier le parti-pris de la France, des Etats-Unis et de l’Espagne.

Nous, Collectif de journalistes algériens solidaires avec le peuple sahraoui, nous nous élevons contre l’embargo imposé au « territoire non autonome » du Sahara occidental, qui subit depuis 40 ans, une répression à huis clos.

Nous dénonçons la politique de deux poids deux mesures du Conseil de sécurité de l’ONU, pourtant en charge du parachèvement du processus de décolonisation dans la dernière colonie d’Afrique, à travers l’organisation d’un référendum d’autodétermination, pour lequel il s’est engagé depuis 1991.

Nous soutenons la démarche de l’Union africaine qui, lors de son dernier sommet de Johannesburg, en Afrique du Sud, a réitéré son soutien à son Envoyé Spécial au Sahara occidental, Joaqim Chissano, et appelé le Conseil de sécurité à assumer ses responsabilités et l’Assemblée Générale des Nations unies à fixer une date pour la tenue du référendum d’autodétermination.

- Nous appelons nos confrères et consœurs, ainsi que toutes les consciences libres (intellectuels, artistes, défenseurs des droits de l’Homme, militants du mouvement associatif, personnalités politiques, etc.), à travers le monde, à briser la règle du silence arbitrairement imposée au combat du peuple sahraoui, en rendant compte de la réalité tragique dans les territoires occupés du Sahara occidental.
- En adhérant à cet appel, adressé aux Nations unies, à l’Union européenne, l’Union africaine, la Ligue Arabe et l’Organisation des Etats latino-américains, nous levons le voile qui entoure l’action légitime et citoyenne de la mère Tekber Haddi, l’enlèvement et l’emprisonnement de Salah Lebsir, ainsi que le cas des 600 disparus sahraouis depuis l’invasion militaire marocaine.
Ainsi, le combat pour les droits de l’Homme prendra son sens et retrouvera sa pertinence.

- Aujourd’hui, Nous n’avons pas le droit de continuer de nous taire devant les souffrances de tout un peuple, maintenu en ce troisième Millénaire sous un système colonialiste.
-Nous ne pouvons pas non plus cautionner l’omerta imposée aux crimes commis contre des civils sahraouis.

Alger, le 21 juin 2015

Pour signer la pétition, envoyer vos: Nom, Prénom, Profession et Pays, à l’adresse suivante :
[email protected]

Premiers signataires :

- Louisette Ighlahriz, moudjahida, Algérie;
- Karima Bennour, journaliste, Algérie
- Sarah Boutaleb, journaliste, Algérie
- Hafida Ameyar, journaliste et Auteure, Algérie
- Réda Chennouf, journaliste, Algérie
- Mustapha Aït-Mouhoub, journaliste, Algérie
- Tarik Hafid, journaliste, Algérie
- Mohamed Lemsane, journaliste, Algérie
- Mountasser Oubetroune, journaliste, Algérie
- Hamid Lotfi-Messamri, journaliste, Algérie
- Massinissa Benlakehal, journaliste, Algérie
- Lakhdar Mariche, Cadre retraité, Algérie
- Khala Bouridji, journaliste, Algérie
- Zoubir Khelaifia, journaliste, Algérie
- Noureddine Guelil, journaliste, Algérie
- Hassiba Benilles, Moudjahida, Algérie
- Ali Kechid, Avocat en retraite, Algérie
- Rachid Hamadou, journaliste, Algérie
- Mouna Boudjema, psychologue, Algérie
- Mourad Madaoui, journaliste, Algérie
- Abdelkader Boudjella, journaliste, Algérie
- Radia Zerrouki, journaliste, Algérie
- Lila Ameyar, infirmière, Algérie
- Mekhlouf Ameur, universitaire, Algérie
- Mokhtar Bendib, journaliste, Algérie

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Commentaires (3) | Réagir ?

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gestion

MERCI

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Thami DRISSI

J'avais et j'ai toujours du respect pour ce journal mais je ne pensais pas qu'il allait tomber un jour dans la propagante comme d'autre journaux d'état.

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nadir sinhader

remarque venant d'un grand pays connu par son respect pour les droits de la personne et surtout pour sa grande tradition de liberté d'expression. Donc, on va la prendre comme leçon.