Le régime ne survivra pas à Bouteflika

Abdelaziz Bouteflika.
Abdelaziz Bouteflika.

Le 4ème mandat de Bouteflika a condamné le régime. Consciemment ou non, Bouteflika a méthodiquement démonté les facteurs qui faisaient la pérennité du système. Plus jamais le système ne ressemblera à ce qu'il a été jusque-là.

Les contradictions du régime jalousement contenues jusque-là sont exposées au grand jour au moins depuis le 4ème mandat. L'accident vasculaire cérébral de Bouteflika a précipité la décomposition et depuis le régime n'en finit plus d'étaler ses dissensions et ses failles. Dans le même temps, l'opposition est montée en puissance, a uni ses rangs et ses revendications politiques pour que le système ne se régénère plus.

La simple lecture des évènements qui se sont déroulés tout au long de ces derniers mois montre combien le point de non-retour a été atteint. C'est ainsi que, coup sur coup, nous avons assisté à :

- un 4ème mandat imposé pour un candidat absent et malade que les Algériens n'ont pas entendu depuis plusieurs années maintenant
- un vice-ministre de la défense et chef d'état-major qui, dit-on, aurait refusé à ses paires l'application de l’article 88 de la constitution
- un changement de gouvernement chaotique avec la nomination de 2 ministres des AE puis un rétropédalage pathétique
- un président du Conseil de la Nation et accessoirement patron du RND qui aurait été sommé de démissionner de son poste au RND pour laisser place au retour de l'éternel Ouyahia principalement ministre d'Etat et directeur de cabinet du président de la République,
- un congrès du FLN qui a vu, semble-t-il, bien malgré son SG et à son insu, Bouteflika passer du poste de président d'honneur du FLN au poste de président avec des prérogatives certaines et des ministres du gouvernement Sellal catapultés à la dernière minute membres du Comité Central du FLN et leur patron Sellal relégué d'autorité au rang de simple adhérent du FLN
- un vice-ministre de la défense et chef d'état-major (le même) qui félicite par écrit le SG du FLN pour son élection en omettant de féliciter le nouveau président du FLN qui n'est autre que Bouteflika, c'est dire la cacophonie et les contradictions en conflit qui ont guidé les travaux de ce congrès !
- Une conférence de presse du patron du RND s'exprimant comme le directeur de cabinet du président et livrant à la presse des éléments instructifs à plus d'un titre, puisqu'on y a compris qu'il n'y aura pas :
- d'élections anticipées, ni législatives ni présidentielles et que tout va bien surtout le président !
- d'"option" Saïd Bouteflika puisque l'Algérie n'est pas une monarchie (comprendre que le sujet Said Bouteflika a probablement été réglé)
- de solution à l'égyptienne et donc pas de Sissi algérien (comprendre que l'"option" Gaid Salah aurait été fermée au cas où le concerné se serait senti pousser des ailes en se positionnant sur la "rampe de lancement" Saadani/FLN)

Enfin Ahmed Ouyahia lance un appel au FLN, Taj et MPA pour constituer une coalition présidentielle (comprendre mettre fin à l'hégémonie du FLN) proposition aussitôt rejetée par le patron du FLN lui-même (comprendre que les deux hommes (pour ne rester qu'au niveau de ces deux vitrines là), ne se sont pas parlé, pas concerté et que leurs écuries sont publiquement en compétition désormais).

Les masques ont donc fini par tomber ! Les dissensions sont sur la place publique et les contradictions ne sont désormais plus contenues. La décomposition du régime est en marche et l'épilogue proche.

Le système a vécu et nous sommes présentement entre deux eaux, entre un ancien, avec toutes ses facettes, affaibli et de l'intérieur et par une opposition plus que jamais offensive, et un à venir qui se construit laborieusement et qui n'est pas sécurisé pour l'heure.

Zoheir Rouis

Secrétaire National de Jil Jadid

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Commentaires (4) | Réagir ?

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Aksil ilunisen

Le Mouvement BARAKAT a essayé, .......... Helas! une femme Leader ne peut plus faire le printemps dans ce pays kharabisé et gangrené par la corruption et l'opportunisme.

On remarque que depuis 1962, les pouvoirs qui se sont succedés suivent la trajectoire d'une fonction decroissante, qui va de mal en pire. Ce qui est previsible donc; que le pouvoir succedant a l'imposteur Bouteflika ne peut etre des plus enviés des algeriens, si l'expression 'Peuple Algerien' existe encore!

Les sucesseurs de De Gaulle avec leur complices khralgeriens ont pratiquement reussi a mener l'Algerie a sa tombe. Un pays sans fondements constitutionnels, basé essentiellement sur du faux, gouverné par des faux, geré dans le faux. Ses richesses naturelles squatées, ses richesses humaines humiliées, exclues voire "expulsées" bon gré mal gre en dehors de ses frontieres, ou simplement eliminées physiquement....

Ni les animaux par leur 4 pattes, ni oiseaux par leur ailes, ni les plantes par leur generosité inconditionelle ne parviennent pas a retouver leur espace naturel en cette Algerie independante ou etre satisfaits d'etre bien ce qu'ils sont.

Bref, l'Algerie est synonyme d'un DEMENCE du DIABLE incarné par l'algerien, UNE HONTE!

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moh arwal

Tout ceci est vrai, mais ne jetons pas le bébé "algèrie " avec l 'eau du bain:gardons espoir d 'un nouveau départ:La génération montante peut changer la trajectoire imposé par les mafieux du système actuel.

Notre pays a encore d'énormes ressources. Il faut y préter attention et ne pas désespérer !!!

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khelaf hellal

Créer une opposition en s'accoquinant avec des membres d'un parti fasciste le FIS, en plus dissous par la loi républicaine, il y a de quoi se poser des questions. une alliance contre-nature qui ne survivra pas non plus. Je ne défends pas le système au pouvoir mais je dois dire qu'on n' est pas sorti de l'auberge avec ces fourvoiements de partis démocrates et de hautes personnalités politiques.

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