L’autre version sur l’octroi de la CAN 2017

La CAN 2017 : le coup de poker de Raouraoua
La CAN 2017 : le coup de poker de Raouraoua

Le comité exécutif de la confédération Africaine de football (CAF) a octroyé la CAN 2017 au Gabon, au détriment de l’Algérie, parce que les plus hautes autorités algériennes n’en voulaient plus, du moins pas dans l’immédiat, selon une version très répandue dans la rue algérienne.

La CAN 2017 est dans moins de deux ans, et l’Algérie n’a pas encore un seul stade de prêt pour la grande compétition. Si on y ajoute la maladie du Président et l’indécision qui règne dans les hautes sphères de l’Etat, on trouvera naturellement que l’Algérie ne sera pas prête pour 2017.

Ainsi donc, les décideurs, encore eux, n’ont voulu courir aucun risque, ils préfèrent prendre du recul et postuler pour la CAN 2025, dans dix ans, quand l’Algérie sera vraiment prête dans tous les domaines.

Il restait alors juste de trouver le meilleur moyen de se désister de la prochaine édition tout en apparaissant dans la peau de victime d’une sournoise machinerie. La prouesse n’était pas facile, mais les décideurs l’ont réussie de fort belle manière.

Grosso modo, l’astuce consistait à faire un battage médiatique sur notre désir d’organiser la CAN 2017 en faisant valoir nos capacités dans les domaines de l’hôtellerie, le transport, les communications et les grandes infrastructures sportives qui seront prêtes le moment venu, mais en présentant, en même temps, un dossier en carton enrobé d’une fine couche de béton. C’est comme si on envoyait quelqu’un pour un concours de tir avec un Seminov chargé avec des cartouches à blanc.

Cette version tient la route pour plusieurs raisons. En l’état actuel des choses, la CAN 2017 ne serait pas synonyme de fête du football en Algérie, elle serait plutôt source d’inquiétudes, pour ne pas dire une bombe à retardement. En championnat, on use de façon machiavélique du huis clos pour tout match à risques, mais que ferait-on si les mêmes risques se posaient lors des matchs de la CAN qui durera trois semaines ?

"Chaque retard renferme du bien", dit un adage bien de chez nous. Alors, attendons patiemment 2025 pour déposer une autre candidature, avec d’autres arguments, dont entre autres des infrastructures sportives opérationnelles et un championnat sans violence.

Ahcène Bettahar

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