Célébration du 19 mai 1956, une journée sans les étudiants !

Des jeunes femmes maquisardes engagées dans les rangs de l'ALN/FLN.
Des jeunes femmes maquisardes engagées dans les rangs de l'ALN/FLN.

Le 19 mai 1956, cette date qui nous rappelle la grève des étudiants algériens et leur engagement dans les rangs de l'ALN/FLN, est célébrée chaque année d'une manière folklorique, sélective voire aseptisée par une tradition de discours sans réelle emprise sur la réalité.

Aucune université, aucun lycée ne célèbre cette date. L'esprit de mai 1956 a déserté les universités. Il a laissé la place à un marasme généralisé, produit d'une gouvernance totalitaire qui fait fi du savoir, de l'intelligence, de la science, de l'école, de l'université.

La date ameutera les officiels pour d'improbables rencontres, une occasion beaucoup plus pour se rappeler au souvenir des Algériens que pour cultiver le souvenir de ces jeunes qui ont tout quitté pour la lutte pour l'indépendance. Bien sûr, ils saisiront cette journée pour battre le tombour avec les éternelles organisations de masse, les partis au pouvoir, les partis quémandeurs, fabriqués en un temps record, pour faire de cette journée une journée sans les étudiants!

Elle sera célébrée par tout un magma de laudateurs qui ignorent même le prix du ticket du restaurant universitaire, les menus quotidiens, les chaînes interminables, l'absence d'eau dans les sanitaires, l'insécurité dans les campus et les cités, les grèves qui ne finissent pas....!

Une journée qui sera célébrée sans sa sève: l'étudiant ! Oui, ce sera une journée de louanges au président Bouteflika, aux sacrifices des étudiants morts au maquis. Ce sera une journée où l'on citera quelques noms d'étudiants, de lycées pour nous dire, sans honte, que l'étudiant algérien aime son pays.

Comme si aimer son pays justifie la misère, l'injustice, les interdits ! Une journée où pas un mot ne sera prononcée sur le nombre d'étudiants qui déposent leurs demandes de visas-étudiants sans aboutissements pendant que d'autres étudiants demandent plutôt des visas touristiques pour un aller simple, sans retour!

C'est cela le 19 mai. Mais pourquoi fuient-ils ? N'aiment-ils donc plus leurs pays ? A cette question, les festoyeurs resteront muets, ou, s'ils répondent, les balbutiements et les bégaiements rythmeront leurs réponses.

Achour Boufetta

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Commentaires (3) | Réagir ?

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klouzazna klouzazna

quand 'on passe sa vie à fuire... on n'a de leçons à donner

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Kacem Madani

Mais non voyons! Pendant ce temps, l'écrasante majorité des étudiants se rendra à la mosquée pour prier Allah et le remercier pour tous ces bienfaits, comme ces écrans et ces "tilifounes", que les enfants de Satan déversent sur lui!

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