Zedek Mouloud : un maître du verbe

Zedek Mouloud se produira le 15 mars à Paris.
Zedek Mouloud se produira le 15 mars à Paris.

Poète dans l'âme, Zedek Mouloud sait saisir le beau et le vrai avec des mots ciselés dans une harmonie qui ne lasse ni ne laisse dans l'indifférence celui qui l'écoute.

A la première découverte de ses textes, on en devient un fan impénitent, ce qui lui vaut un public de plus en plus large qui le suit avec une grande assiduité. Etablie depuis longtemps, sa notoriété confirme une fertilité et un pouvoir de séduction constants de son génie poétique.

Né en 1960 au village Ath-Khalfun, des ath-Dwala, dans une famille modeste qui avait à cette époque déjà, acquis un vieux phonographe qui distillait dans la maison des chansons de Slimane Azem, Zerouki Alawa et cheikh Arav Vouyezgaren. Son père, émigré en France, revenait souvent au village avec dans ses valises les précieux vynils de ces grands chanteurs kabyles qui berceront sa petite enfance et éveilleront ses premiers émois artistiques.

Deux événements importants marqueront sa mémoire d'une ferrade indélébile : la violence incompréhensible qu'ont mit les soldats de l'armée coloniale à casser le phonographe qui faisait la fierté de la famille et la perte insurmontable de sa mère un certain automne alors qu'il venait d'avoir ses dix sept ans. Le premier comme le second vont le marquer à jamais d'une indignation profonde contre l'injustice et l'injustifiable. Etrangement, la saison d'automne deviendra pour lui celle des muses. C'est sa période de prédilection pour composer et écrire.

Disciple de Si Mohand ou Mhend et de Youcef Oukaci qu'il admire particulièrement, il sculpte ses vers avec un talent remarquable. Ses mots précis et lourds de sens, surgissent du terroir comme un appel des ancêtres contre l'oubli d'une langue aux richesses insoupçonnées.. Grave ou festif, Zedek Mouloud cultive sa singularité dans un monde où domine le mimétisme et la légèreté. «Je ne suis pas un parolier, je suis un Poète» Ainsi se voit-il, ainsi nous le voyons.

Poète entier, aux sensibilités multiples, il puise son inspiration dans les domaines aussi variés que celui de l'amour, du social ou de la politique. Engagé dans le combat identitaire et sociétal, il eut quelques démêlés avec les autorités du pays et les islamistes à l'instar de nombreux chanteurs kabyles. Sans le soutien et la solidarité de ses fans, sa carrière de chanteur aurait pris fin.

Trait d'union entre tradition et modernité, son style musical passe du chaabi rénové aux sonorités universelles sur un fond de mélodies ancestrales.

Le groupe Berbère Télévision lui ouvre les portes de la salle au nom évocateur de l'Alhambra à Paris, où il se produira le 15 mars 2015.

M. G.

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