Les "amis" d’Ahmed Ben Bella sortent du bois

Ahmed Ben Bella.
Ahmed Ben Bella.

Depuis sa mort, en 2012, l’ancien président Ahmed Ben Bella compte manifestement des ennemis mais aussi de nombreux "amis".

Ni une, ni deux, une association des "amis" d’Ahmed Ben Bella vient de naître à Maghnia (Tlemcen), la ville d’origine du premier président victime d’un putsch le 19 juin 1965 par l’actuel locataire d’El Mouradia et ses amis.

Cette association a pour objectifs de perpétuer le souvenir du premier président de l’Algérie indépendante et immortaliser sa mémoire. Ça tombe bien, car cette association devrait rappeler aux Algériens comment Ahmed Ben Bella a été jeté pendant presque 15 ans en prison et ce jusqu’à la mort de Houari Boumediene. Il n’a dû sa remise en liberté qu’à l’intronisation de Chadli Benjedid par l’Armée aux manettes du pays.

Cependant, nous avons quelque doute que les amis de Ben Bella nous rappellent tout ça. Ils ont un autre objectif. Se joindre à la curée contre Saïd Sadi. Tadjri Nasreddine, neveu d'Ahmed Ben Bella, a été élu président de cette jeune association qui a pour mission, selon son secrétaire général Ahmed Bakhti, de veiller à la "conservation du patrimoine et de l'histoire de la région, de véhiculer les valeurs de la culture de la paix, de la fraternité et de la tolérance, qui faisaient les qualités du président défunt, ainsi que la consécration de l’amour de la patrie chez les jeunes".

Mais de fil en aiguille, notre auguste président précise pour les étourdis comme nous : "A travers cette association, nous allons nous constituer partie civile pour porter plainte officiellement devant la justice contre M. Said Sadi et demander réparation au préjudice moral porté à la famille, aux amis et proches du défunt Ahmed Ben Bella." Nous y voilà. Les rangs sont constitués serrés puisque cette association se joint à la très rapide justice algérienne qui a comme par hasard dans cette affaire Saïd Sadi-Ben Bella, pris tout le monde de cours en ouvrant une information judiciaire contre le premier suite à ses déclarations sur le second.

Le procureur de la République près le tribunal de Sidi Mhamed, a requis l'ouverture d'une information judiciaire contre l'ancien président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Saïd Sadi, après ses déclarations relatives à deux ex-chefs d'Etat et une personnalité nationale, avait indiqué un communiqué du parquet de la République.

"Le procureur de la République près le tribunal de Sidi M'Hamed a requis, conformément à la loi, l'ouverture d'une information judiciaire contre M. Saïd Sadi du chef de diffamation", avait souligné le communiqué. Cependant, on ignore comment la justice algérienne va se sortir de ce pataquès pour juger des faits historiques. Fera-t-elle appel à des historiens ? Ou invitera-t-elle les juges à mettre le nez dans les livres d’histoire ? Ceux de l’Education nationale bien entendu.

Ahmed Ben Bella est décédé en avril 2012, à l'âge de 96 ans. Il a eu droit à des funérailles nationales grâce à son ancien tombeur Abdelaziz Bouteflika. C'est dire que la roue tourne.

Hamid Arab

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Commentaires (11) | Réagir ?

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koceila ramdani

Il faut appeler un chat " un chat ", et un traître restera toujours un traître, et dans notre histoire, il le demeurera jusqu'à, la fin des temps.

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Aksil ilunisen

Marocain Alaouite, devenu "Premier" President algerien! Difficile a croire pur un vrai algerien,..... mais possible!

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