La ruse de Saïd Bouteflika pour devenir président sans élection

Saïd Bouteflika entend hériter du trône présidentiel.
Saïd Bouteflika entend hériter du trône présidentiel.

Le dernier message du sultan Bouteflika, lu par un de ses majordomes, vient encore annoncer la révision de la Constitution, sans en dévoiler le contenu. Cette nouvelle modification du texte fondamental, annoncée depuis 2011, est retardée par la résistance d’hommes du système qui refusent sa réelle motivation.

La révision de 2008 avait pour objectif la non limitation des mandats présidentiels. La nouvelle révision va créer un poste de vice-président sur mesure pour Said Bouteflika, qui deviendra ainsi président sans élection, après la démission ou le décès de son frère. Il est également prévu l’allongement de la durée du mandat à 7 ans. Voilà donc le piteux objectif de cette trituration du socle de la Nation, confié à un factotum et défendu par des mamelouks. Le clan d’Oujda a trouvé en Said l’héritier naturel du pouvoir, avec la bénédiction de la puissance coloniale, pour continuer à piller les ressources naturelles de l’Algérie. Les jeux de coulisse des dernières résistances n’ont pas été révélés au grand public.

Lorsque le factotum Ouyahia a clôturé le semblant de consultations, Said Bouteflika a convoqué tour à tour deux éminences grises de la présidence à qui il a annoncé que son frère allait le nommer vice-président. Il a d’abord demandé à l’apparatchik "barbéfélène" Abdelaziz Belkhadem, grand maître de la rhétorique politico-religieuse, d’assurer la sophistique pour préparer les appareils politiques à l’introduction de ce nouvel amendement de la Constitution. Ensuite, il a sollicité le général Mohamed Touati dit El Mokh, pour convaincre les généraux réticents de procéder à cette introduction par la force s’il le faut.

Tous les deux ont sèchement refusé de s’associer à cette mascarade d'un nouveau viol constitutionnel. Ils ont été limogés sur le champ et réduits au silence.

Face à ces refus, Said a voulu s’assurer un soutien sans failles de l’ANP. Il a donc programmé de nommer son plus fidèle janissaire, le DGSN Abdeghani Hamel comme chef d’état-major de l’ANP pour remplacer Ahmed Gaid Salah qui conserverait le poste honorifique de vice-ministre de la défense.

Des résistants au sein de l’ANP ont aussitôt réagi à cet affront en lançant des marches de policiers pour demander le départ de Hamel. Les promesses financières insensées de Sellal, suivies de limogeages et mutations à la DGSN, et la dissolution des Unités républicaines de sécurité (URS), ont court-circuité cette mutinerie improvisée.

Des officiers supérieurs du DRS et de l’ANP seraient les derniers résistants à l’intronisation de l’imposteur Said Bouteflika. Et comme par hasard, le juge français Trévidic se manifeste encore, au moment opportun, pour neutraliser les "présumés assassins" des moines de Tibhirine, dont la terrible malédiction ne cesse de hanter et paralyser les décideurs militaires. Des annonces contradictoires de changement de gouvernement ont été les signes annonciateurs de tensions entre les clans du pouvoir pour récupérer les postes stratégiques, notamment de l’Intérieur, des Finances et de l’Energie.

Mais le maintien du gouvernement, l’allégeance du patronat à Ali Haddad, protégé de Said, et l’annonce de la révision constitutionnelle prouvent que le clan d’Oujda a encore gagné la partie et avance méthodiquement ses pions sur l’échiquier.

Il faut se rendre à l’évidence. Comme l’a récemment déclaré le capitaine Hocine Ouaguenoune dit Haroun, créateur du MAOL, sur la chaine El Magharibia, "il n’y a pas de solution politique à la crise algérienne".

Le clan d’Oujda a miné toutes les institutions du pays, réprimé férocement la société civile, laminé la société politique, fermé les frontières avec les voisins... Il s'est introduit dans ce pays par la force de l’armée des frontières. Il n'en partira que par la force. Les opposants politiques n'arrivent pas à faire le poids. Ils n’ont pas les moyens de leurs ambitions et hésitent à mettre en péril leur "confort personnel" s’ils lançaient un appel à la révolte populaire qui ne serait pas suivi.

Quant au peuple, il attend avec passivité ceux qui auront le courage de poser violemment leurs attributs de "défenseurs de la Constitution" sur la table pour imposer le changement de régime tant attendu et mettre un terme à cette humiliation permanente imposée par le clan d’Oujda.

Saâd Lounès

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Commentaires (35) | Réagir ?

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karim haddad

ouchen elekhla.. chapeau pour tes analyses si pertinentes!!!respect mon ami!

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si-seddik

Que peut-on dire aux Algériens ?

On va leur dire : ya l'khawa mabrouk 3lina.

Décidement n'importe quel imposteur peut se proclamer Tsar d'Alger.

On l'a dit maintes fois : nous avons les tirans que nous meritons !

Ne peux-t-on vraiment rien faire contre ce regime ? est-ce la fatalité ultime ?

Meme le ``petit `` peuple du Burkina Faso nous donné une bonne lesson de courage et de nif en chassant son president apres avoir manifesté quelques jours.

Est-ce qu'il faut attendre la famine provoquée par la chute du prix du baril de petrole pour voir les Algeriens dans la rue ?

ca serait indigne d'un peuple dont le repere historique est Novembre 54 !

entre temps fredonnons le grand Idir

ala lalala.... ala lalala wa a sa3id oula3mara....

adaptons le texte si Idir le permet.. alalalala.. essaid voutefliqa... alalala..

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