Coupe du monde 2022 : le Qatar ne tient pas ses promesses

Le Qatar ne respecte pas les conventions internationales sur le droit au travail.
Le Qatar ne respecte pas les conventions internationales sur le droit au travail.

A l'approche de la Coupe du monde de football de 2022, les autorités qatariennes ont encore de très gros efforts à faire pour lutter contre les violations endémiques des droits des travailleurs migrants.

Déjà 4 ans et peu de progrès

Il y a quatre ans, le Qatar obtenait l’organisation de la Coupe du Monde et se plaçait sur le devant de la scène internationale.

Pour les travailleurs migrants, rien n’a vraiment changé.

L’an dernier, nous dénoncions les pratiques abusives subies par les travailleurs migrants :

- retards de paiement des salaires,

- conditions de travail très difficiles et dangereuses,

- conditions de vie déplorables.

Pour le moment, les efforts déployés par le pays face aux problèmes que rencontre la main-d'œuvre migrante se sont limités à des promesses de mesures et quelques propositions de loi.

Peu d’avancées concrètes

Notre nouveau rapport montre clairement que les autorités qatariennes n'ont pas mis aux logiques qui entretiennent les violations des droits des travailleurs migrants.

En mai 2014, suite à une pression internationale à laquelle nous avions pris part, le Qatar avait annoncé un train de neuf mesures pour renforcer la protection des travailleurs.

Ces points de réformes constituaient selon nous une «occasion manquée», car elles ne résolvaient pas les problèmes fondamentaux contribuant à l'exploitation généralisée de la main-d'œuvre migrante.

Sur ces neuf propositions, seules quatre ont donné lieu à des avancées, mais limitées et partielles, dans le domaine si important de la santé et la sécurité des ouvriers du bâtiment.

Le parrainage toujours en vigueur

En dépit de ses engagements, le Qatar renâcle à modifier en profondeur ce système qui facilite les atteintes aux droits des travailleurs migrants et même le travail forcé.

Particulièrement nocive, l’obligation pour le travailleur migrant d’obtenir, via son employeur, un permis de sortie du territoire, est une exigence toujours d’actualité au Qatar.

Aujourd’hui, les travailleurs migrants sont donc piégés dans le pays, sans possibilité d’en sortir, faute d’obtenir les éléments nécessaires de leur employeur.

Des mesures à prendre d’urgence

Les autorités qatariennes doivent prendre les premières mesures concrètes suivantes :

• abolir clairement le régime de délivrance de permis de sortie du territoire ;

• conduire une enquête indépendante sur les circonstances des décès de travailleurs migrants ;

• supprimer les frais de justice prohibitifs, qui empêchent les travailleurs de porter plainte contre leurs employeurs ;

• rendre publics les noms des recruteurs et employeurs qui exploitent la main-d'œuvre ;

• accorder aux employés de maison les mêmes protections juridiques du droit du travail que celles qui couvrent les autres travailleurs.

Amnesty international

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Commentaires (2) | Réagir ?

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Mouloud FEKNOUS

Il leur faudra plus d'esclaves, Les qataris sont par excellence des bras cassés.

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uchan lakhla

C'est une prison à ciel ouvert pour les étrangers, cette histoire de parrainage est invraisemblable, car ce qui cache derrière est le fait que les Qataris rackettent les étrangers en toute légalité, pour obtenir un visas Qataris, vous devez céder à peu près 50 % de votre investissement à votre parrain, ensuite pour chaque sortie du territoire vous devez vous adressez à votre parrain pour vous faire délivré une autorisation, en gros vous êtes sa propriété, pour les ouvriers venu de l'Asie, c'est une autre histoire, c'est carrément de l'esclavage, il faut reconnaître que l'occident est complice puisque les dirigeants de ce monde libre consent des privilèges incroyables aux investisseurs Qataris, comme en France par exemple, les Qataris ne payent pas d'impôts sur les bénéfices et les plus velues immobilières, boursières ou industrielles.