Slimane Azem, le chanteur de l'exil, ressuscité à Paris

Slimane Azem a désormais sa place dans la capitale française.
Slimane Azem a désormais sa place dans la capitale française.

Ignoré et banni dans son pays natal, Slimane Azem donne son nom à une superbe place parisienne.

Une foule nombreuse et joviale s'est donné rendez-vous en ce samedi 11 octobre, rue Vercingétorix dans le 14ème arrondissement de Paris pour l'inauguration de la Place Slimane Azem. Des anonymes et des personnalités du monde culturel et de la chanson (Idir, Ait Menguellet, Takfarinas, Rachid Mesbahi, Akli D, Aldjia...) ont tenu à répondre à l'appel d'un collectif d'associations pour rendre hommage à Da Slimane, monument adulé de la chanson kabyle. Une ambiance bon enfant a régné en cette belle après midi, où les chansons égrenées par une sonorisation égayaient à souhait la diaspora kabyle.

La cérémonie a été ouverte par la lecture d'une courte biographie confiée à trois enfants de l'association Ameslay, et auxquels succéderont quelques intervenants.

Ces derniers ont tous mis l'accent sur la modestie et le talent de Da Slimane. D'aucuns ont repris les grands jalons de sa vie, à l'instar de sa nièce Yasmine Azem, d'autres ont insisté sur sa poésie et la moralité de chacun de ses textes. 

Idir, particulièrement sollicité par ses fans, n'a pas caché, quant à lui, sa satisfaction à assister à cette reconnaissance méritée. Il a remercié au nom de la communauté kabyle la Mairie de Paris et les initiateurs qui ont longuement oeuvré dans l'ombre pour qu'une place parisienne soit baptisée au nom de Slimane Azem. Il a déploré l'ostracisme dont a été victime ce poète, alors qu'il a apporté une contribution inestimable à la culture berbère et algérienne.

L'interprète de Avava Inouva se souvient encore de sa première rencontre avec Da Slimane. 

"J'ai eu une histoire avec Slimane Azem. Je devais avoir 6-7 ans. Il est venu chez nous, à Ath Yanni. Il a chanté. Ce qui m'a d'abord marqué, c'est qu'il n'était pas habillé comme nous tous. Il portait un pantalon de cavalier avec des franges et des bottes. Je me souviens quand il est parti, il m'a dit : "Allez, au revoir mon gars !", comme un signe prémonitoire, et il m'a laissé une petite mandoline, qui existe encore et avec laquelle je joue de temps en temps." 

La communauté kabyle de France est fière de voir un des siens honoré au pays de Hugo, de Jean de La Fontaine, de Brassens, de Ferré et elle est d'autant plus reconnaissante envers la Mairie de Paris que Slimane Azem ne porte le nom d'aucune rue ou place en Algérie. Il est ignoré par les concepteurs de manuels scolaires qui préfèrent glorifier El Ghazali, et autres prédicateurs de l'idéologie islamiste.

Aussi la diaspora kabyle ne peut compter sur les autorités algériennes atteintes de strabisme arabo-musulman pour reconnaître la valeur, les compétences ou encore le talent notamment de leurs enfants exilés comme Taos Amrouche, Jean El Mouhoub Amrouche, Hnifa... Ne dit-on pas que nul n'est prophète en son pays ?

Farid Bouhanik

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Commentaires (9) | Réagir ?

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Aziz Gour

En réponse à Laid Baiid:

Vous pensez que la France à nommé une place Slimane Azem pour un motif culturelle ? Eh bien non, Slimane Azem. Tout d'abord il est le frère de Ouali Azem pro Algérie française, et ancien député. Après le putsch d'Alger du 13 mai 1958, Ouali Azem devient Vice-Président du Comité de Salut Public de l’Algérie et du Sahara, dont les deux co-présidents sont le docteur Chérif Sid Cara et le général Massu. Le 10 février 1958, en présence de Robert Lacoste, ministre- résident de l’Algérie, il est porté à la présidence des maires de Kabylie. Au cours de cette cérémonie, il affirme son attachement à la France et son désir de rester français. Juste avant l'indépendence, , il fuit l’Algérie et s’installe dans le Quercy (département du Lot), où il se fait agriculteur, et continuant dans sa félonie, il préside le Cercle Algérianiste de Montauban. Ouali Azem, décède le 1er septembre 2002 à Montauban (Tarn-et-Garonne) à l’âge de 89 ans. Quant au chanteur, et malgrès les apparences, il aimait trop la France qu'il a servit.

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Enigma Stanford

Bonjour,

Comme l’a si bien dit Raveh Aksel, ton nationalisme stérile ne mord plus !

Ouali Azem a suivi ses convictions, car, que tu le veuilles ou pas, Da Ouali était un homme de convictions. Il est né, tout comme mes parents, et mes grands-parents, à une époque où l’Algérie était quasi inexistante sans la France. Pour lui et pour beaucoup d’autres, l’Algérie sans la France était inconcevable. Il a œuvré toute sa vie pour l’égalité, le droit, la justice au sens noble et large du mot.

Donc, stp ! Ne critique pas ce que tu ignores, et surtout, ne verse pas dans des diatribes qui peuvent te ridiculiser à la longue. Au lieu de critiquer les morts qui ont agi par conviction et droiture, vas au consulat de France et dis à toutes celles et tous ceux qui supplient les représentants de se pays pour un visas de ne pas s’humilier et que leur pays est libre est indépendant. Je suis certain que tu auras des réponses à la hauteur de tes insanités.

D’ailleurs, ta connerie est superbement démentie par les noms de rues et de places données pour honorer Matoub Lounés. Et lui, il s’appelle comment son frère ?

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Raveh Aksel

Tes élans patriotiques ne peuvent tromper personne ! L’état actuel de ce pays est la meilleure preuve que quelque part, les harkis avaient raison !! Entre le colonialisme français et une une RADP pire que tous les colonialismes qu'a connu cette terre, réunis, il n'y a pas photo !!

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ahmed djaber

Ou veux tu en revenir avec tes conneries. Tu as décrit la vie de Ouali Azem alors qu'il s'agit de Slimane Azem. Et la chanson "affagh ayajradh thamourthiw", c'est toi qui l'a ecrite. Tu ne peux pas nier qu'elle a été compose avant l'indépendance. Et puis, si tu as vu "l'opium et le baton", on a bien vu des freres completement différents dont un (Rouiched) collaborait avec la France. Tu ferais mieux de la fermer!

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anwa wiggi

Azul fellawen,

Ne confonds pas Slimane avec Ouali.

Je ne confond pas Abdelkader avec son ascendance.

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urfane

Y a si l'aaziz, parlons-en donc de la France et de ses serviteurs. Que dites-vous donc de l'illustre Emir (abdekka de son nom) décoré de la légion d'honneur par l'empereur himself et défenseur invétéré des appétits orientaux de ses maîtres à l'époque même où Nennak Fadhma N'soumer agonisait sous la torture et Chikh Ahedadh envoyé au bagne. J'aimerais bien avoir l'avis d'un authentique nationaliste comme vous sur le sujet?

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chilmoune

Ah bon vous connaissez OUALI AZEM le frére de SLIMANE AZEM qui est pro-francais ? En quoi ça regarde DA SLIMANE ils sot adultes et chacun est responsable de ses actes. Mais les Marocains, les égypteins, les palestiniens, les harkis qui sont au gouvernement jusqu'à nos jours vous ne les avez pas vus ? ils sont de votre famille je pense ?

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laid baiid

Sincèrement, qui en Algérie, pourrait reconnaître ce genre d'artistes?

On reconnait plutôt cheb khaled, (ambassadeur de la culture Algérienne a dit Toumi!!), dans un pays où les cerveaux ont été formatés initiés) la culture des bar et kabaret... Idir avait comparé le châabi et le Rai, il a dit que le RAI ne servait qu'aux hanches!

Da Slimane a été un opposant à Ben bella et Boumédiene, et non chiyat tels que ces ivrognes du Rai.

Seulement, certains ne devaient pas être de la cérémonie..

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mounir benmaamar

Vous devriez aller faire vos ablutions ! Vous venez de commettre un crime contre la mémoire des martyres de la cause indépendantiste de l'Algérie.

Hachakoum ya chouhadas...