En mémoire du 29 septembre 1963 : pour un FFS (ré)uni

Yaha Abdelhafid, Ait Ahmed et l'aspirant Mohand Arezki. Photo prise en automne 1963.
Yaha Abdelhafid, Ait Ahmed et l'aspirant Mohand Arezki. Photo prise en automne 1963.

A l'occasion du 29 septembre 2014, célébrant le cinquante-et-unième anniversaire de la proclamation du Front des Forces Socialistes en 1963, je tenais à m'exprimer à travers ce texte.

Tout d'abord, mes pensées vont aux camarades tombés sur le champ d'honneur dans les maquis de la Kabylie sous les balles d'une horde de dictateurs décidés à museler le peuple algérien. Mes pensées vont à toutes celles et à tous ceux qui ont subi les affres de la torture de ceux qui se sont accaparés le pouvoir par la force, et portent les séquelles et la douleur dans leur chair. Je tiens à rendre hommage à toutes celles et à tous ceux qui ont participé à ce noble combat pour une Algérie libre et heureuse. Cette épreuve fut extrêmement difficile pour la Kabylie qui venait tout juste de sortir de l'enfer de la guerre d'indépendance (1954- 1962).

Cette période semble aujourd'hui si lointaine et si proche en même temps. Lointaine pour ceux qui avaient la chance d'être épargnés de la barbarie qui s'était abattue sur la Kabylie. Si proche ces familles qui portent encore le deuil de leurs proches foudroyés par la violence et souffrent encore et pour toujours. Si pour certains l'Algérie d'aujourd'hui leur semble meilleure et différente de celle d'hier, force est de constater que tel n'est pas le cas pour beaucoup d'autres.

L'indépendance de l'individu ne se résume pas à manger à sa faim, vivre en paix et attendre passivement que les autres décident à sa place. L'indépendance c'est le droit à la liberté d'expression. L'indépendance c'est la responsabilité de soi : être acteur dans son environnement et participer à la vie politique de son pays. C'est aussi la possibilité de choisir ses représentants et les destituer lorsqu'ils sont défaillants.

Tel ne fut malheureusement pas le cas dans notre pays depuis le début. En effet, si la situation a évolué dans la forme, dans le fond elle demeure identique à celle que nous avons connue en 1963. Ceux qui ont confisqué le pouvoir par la force n'avaient aucunement l'intention de le partager.

Bref, aujourd'hui il s'agit de l'anniversaire de la proclamation du FFS, événement qui me concerne au premier lieu.

Je saisis cette occasion afin de faire appel à toutes les militantes et à tous les militants animés par les intérêts supérieurs du Parti à soutenir et à accompagner toutes les initiatives qui œuvrent pour réaliser l'union, le rassemblement et la réconciliation au sein du FFS. L'expérience nous a montré que la division n'a fait que nous affaiblir et a affaiblit les meilleurs de nous-mêmes ainsi que nos sympathisants.

Saisissons cette occasion pour faire renaître au sein de notre mouvement les conditions permettant de canaliser le potentiel de militantes, de militants et de sympathisants qui restent attachés aux valeurs qui ont fondé le FFS.

Le moment est venu pour nous rassembler afin de rebondir et reconstruire un Parti fort à même de sortir notre pays de la situation dramatique dans laquelle il se trouve. Dans le cas contraire, les autres seront toujours là pour imposer leur point de vue, et ce pour longtemps encore.

Militantes et militants, nous avons un combat à mener pour une Algérie libre et démocratique où toute un chacun se sentira pris en compte.

Le devoir du FFS est de s'engager sur la voie de la réconciliation dans un rassemblement où tout un chacun aura la possibilité de s'exprimer et pouvoir donner son point de vue sur tout ce qui concerne le Parti et l'avenir de notre pays.

A l'occasion de cet anniversaire, je voudrais rappeler à chacune et à chacun que nous avons une dette à l'égard de nos camarades victimes des événements tragiques de 1963-65. Le devoir nous interpelle en tout instant de notre vie à œuvrer par tous les moyens légaux pour la reconnaissance de ces victimes avec un statut de martyr pour une Algérie libre et démocratique.

Je sais que beaucoup me prendront pour un homme qui vit hors du temps. Peu importe ce que penseront certains, pour moi il suffit d'y croire, tout peut se réaliser lorsque nous serons unis.

Je suis conscient de la complexité du problème de notre pays. Changer un système militarisé depuis un demi-siècle en un système démocratique peut paraître chose impossible, bien entendu rien n'est plus facile dans ce monde déréglé, détraqué où l'argent et le pouvoir prennent le dessus sur la raison. Mais en se rassemblent, peut-être qu'un jours nous aurons l'honneur de pouvoir léguer aux générations futures une vie moins stressante et moins morne que ne fut la nôtre. Et c'est ma conviction.

Youcef Bellil

Ancien militant du FFS, depuis sa création à ce jour.

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Commentaires (3) | Réagir ?

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klouzazna klouzazna

Il n'est pas possible de réunir des grands hommes ayant combattus pour un idéal et par des convictions sincères à des beni-about ayant fait de leurs poches un intérêt national...

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kamel benzine

FFS espoir et trahison. ce parti est ne avec des hommes qui voudront. Imposer une démocratie en algerie mais dommage que il féconder par ait Ahmed et sa famille qui est devenue une zaouia du maraboutisme.

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