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OMC - crise alimentaire : la France défend sa politique protectionniste
le 23 Avril, 2008 18:30:00 | 416 lecture(s) | Voir Réactions
En plein débat sur la crise alimentaire mondiale, les Français se mobilisent contre un accord séparé sur l'agriculture dans le cadre des négociations à l'organisation mondiale du commerce (OMC) lancées à Doha en 2001. Le français Pascal Lamy, le directeur général de l'OMC, allié au commissaire européen au commerce, le Britannique Peter Mandelson, espèrent encore arracher un accord avant l'élection présidentielle américaine.
(...) Il s'agit de conclure au plus vite avec l'administration Bush, pour ne pas reprendre la négociation à zéro en cas de victoire du camp démocrate, de plus en plus protectionniste aux Etats-Unis. (...)
Dans ce contexte, Pascal Lamy pourrait être tenté de sceller un accord uniquement sur l'agriculture, celui où l'affrontement entre les pays du Sud et du Nord est le plus intense. Europe en tête, les pays industrialisés ont déjà fait des concessions et se disent prêts à réduire de plus de moitié les droits de douanes sur les importations agricoles en provenance du Sud, tout en réduisant les aides versées à leurs propres agriculteurs. Des progrès ont eu lieu au sujet des quotas mis à disposition des pays en développement pour les 4 à 6 % de produits qui resteront soumis à des tarifs élevés aux frontières des marchés occidentaux.
Toutefois, les Français ont plusieurs objections majeures. Ils ont toujours affirmé qu'ils n'accepteraient pas de concessions sans contrepartie dans l'industrie et les services, où ils ont des intérêts offensifs. D'après le ministre de l'agriculture, Michel Barnier, qui dispose du soutien d'une majorité de ses homologues européens, tout compromis doit être "équilibré" entre l'agriculture et les produits industriels. Sans obtenir gain de cause. Si le Brésil donne des signes de mouvement, les autres pays d'Amérique latine, l'Afrique du Sud, et l'Inde veulent limiter l'ouverture de leurs marchés aux produits des pays les plus riches. Quant aux services, ils ont quasiment disparu de l'agenda.
La deuxième objection concerne l'agriculture elle-même, alors que le prix des biens agricoles s'envole sur fond de pénurie. Le concept d'autosuffisance, un des principes fondateurs de la politique agricole commune (PAC), est remis au goût du jour en Europe. Paris n'entend pas soumettre la production de céréales aux seules lois du marché. La France est contre un désarmement tarifaire. Selon Michel Barnier, il frapperait l'élevage et la production de fruits et légumes, concurrencés par les pays du Sud. Autre argument, la baisse des droits de douanes ferait perdre aux pays les plus pauvres leur avantage sur les autres pays du Sud : dans le cadre de l'accord "tout sauf les armes", signé par Bruxelles en 2001, ils peuvent exporter sans droits de douanes une bonne partie de leurs produits agricoles en Europe. Enfin, M. Barnier estime que l'agriculture ne devrait pas être du ressort de l'OMC mais d'une organisation mondiale de l'agriculture.(...)
Source Le Monde
(Arnaud Leparmentier et Philippe Ricard)

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