Mohamed Khider : le parcours d'un combattant

Mohamed Khider assassiné à Madrid un certain janvier 1967
Mohamed Khider assassiné à Madrid un certain janvier 1967

47 ans depuis le meurtre de Mohamed Khider, l’occasion nous est donnée de lui rendre hommage et de rappeler aux Algériens et à la communauté internationale, le sacrifice de cet homme qui a combattu pour une cause universelle, celle de la lutte pour le droit donné à tout homme de vivre librement et dignement.

Très jeune, Mohamed Khider prend conscience de l’injustice que subissent ses compatriotes du fait de la colonisation française, et s’implique avec conviction et force dans la lutte pour l’indépendance.

Tout au long de son combat, il prend des responsabilités au sein des divers mouvements d’indépendance qui se succèdent (PPA, MTLD, OS, CRUA, FLN). Actif à l’intérieur du pays, il prépare l’insurrection armée, inéluctable aux yeux des révolutionnaires algériens au vu de la réalité brutale que vivaient ses compatriotes qui subissaient une politique ségrégationniste menée par la France et par les colons d’Algérie. Traqué il sera emprisonné à plusieurs reprises.

Membre du MTLD, ce combat, il le mènera ouvertement en France au sein du parlement qui lui permet ainsi de défendre publiquement ses idées révolutionnaires, profitant des lois et institutions qu’offrait la France "libre fraternelle et juste". Dans le même temps, il milite secrètement au sein de l’OS (Organisation secrète), pour préparer le terrain de l’insurrection armée.

Plus tard, on le retrouve à l’extérieur du pays, lorsque traqué, il s’enfuit au Caire et s’intègre au bureau du Maghreb dont il deviendra le dirigeant. C’est à partir de ce bureau que des contacts se feront dans le monde entier pour sensibiliser et obtenir le soutien de la communauté internationale à la cause algérienne. Il s’adressera aux Etats arabes, africains et asiatiques, afin d’obtenir leur solidarité dans son combat pour l’indépendance de son pays. Ce combat n’est pas uniquement algérien, il est celui de tous les peuples colonisés.

Profondément maghrébin, il est convaincu également que la libération et l’avenir de l’Algérie passe par l’Union des trois peuples d’Afrique du Nord. Il mène également les négociations avec la France et prend part à plusieurs rencontres secrètes avec des délégations françaises dans différents pays d’Europe.

Son honnêteté et son engagement le poussent à ne jamais abandonner le combat pour ses principes de liberté, de justice et de démocratie. A l’indépendance, grâce à son talent de négociateur, Il sera le rassembleur des forces en présence qui s’opposaient dans leur lutte pour le pouvoir et évitera à l’Algérie le bain de sang d’une guerre civile.

Assassiné sous les yeux de son épouse

Ne songeant pas à profiter de sa position, il ne voudra jamais prendre ses distances pour un repos bien mérité. Il sera toujours là pour dénoncer ceux qui par opportunisme mèneront une politique contre les principes pour lesquels il avait combattu et par conséquent contre l’intérêt de l’Algérie. Il poursuivra donc sa lutte et s’opposera contre les régimes dictatoriaux des Présidents Ahmed Ben Bella, et plus tard, de Houari Boumediene. C’est pour cette raison, qu’un soir de Ramadan, en date du 3 janvier 1967 une main criminelle mettra fin à ses jours sous les yeux de sa femme.

Les commanditaires du crime tenteront de camoufler leur implication, lançant des campagnes de mensonges et de mystification avec pour objectif de couvrir l’évidence du meurtre politique. Le gouvernement d’Alger s’acharna à affirmer la thèse d’un règlement de comptes lié à une affaire d’argent. L’imposant parcours de Mohamed Khider, son combat incessant pour la liberté, la justice, la démocratie, son opposition ferme à la dictature et surtout l’enquête menée par les autorités espagnoles, démentent cette version et confirment de façon évidente la thèse de l’assassinat politique.

De plus, afin de faire taire les attaques continues que l’Etat algérien menaient contre l’intégrité de Mohamed Khider en rapport à l’affaire dite du "Trésor du FLN", Mme veuve Khider ira même jusqu’à rencontrer le Président Boumediene pour lui remettre la comptabilité de ces fonds qui prouve leurs affectations à des fins politiques. Elle propose leurs restitutions contre la promesse d’une déclaration officielle démentant clairement toutes les accusations faites par l’Etat contre feu son mari. Rien n’y fait, le gouvernement algérien persistera dans ses attaques contre la mémoire du leader algérien. Il faudra la mort de Houari Boumediene et l’accession à la présidence de Chadli Bendjedid pour qu’un accord se fasse avec la famille. Celle-ci, de son propre gré, restitue les fonds en 1979, ne laissant planer plus aucun doute sur l’intégrité du leader algérien. L’élimination physique du Leader algérien réussie, celle morale aura échoué.

En mai 1993, l’université et l’aéroport de Biskra portent son nom. Cette initiative, aussi louable soit-elle, ne suffit pas à faire oublier le crime dont il a fait l’objet. 47 ans sont passés. Nous attendons toujours que la vérité soit proclamée par l’Etat algérien.

L'héritage d'un militant

Mohamed Khider a rejoint l’autel des Martyrs, tous ces grands militants de la liberté qui, à travers le monde, ont donné leur vie pour les principes humanitaires de justice. Pour cela il ne sera jamais oublié. Même mort, il reste présent dans notre cœur et dans notre esprit. Il est immortalisé par l’histoire et constitue un exemple pour les générations d’aujourd’hui et de demain.

L’occasion nous est donnée aujourd’hui de raviver sa mémoire mais également de condamner fermement cette pratique indigne et honteuse de gangstérisme politique consistant à éliminer par l'assassinat toute personne qui s’oppose. Mohamed Khider laisse en héritage un pays indépendant et l’espérance pour son pays d’un avenir plus rose que celui qu’il subit aujourd’hui. Un pays enfin démocratique, juste et généreux. Un jour viendra, malgré ceux-là même qui l’ont éliminé, où notre pays accédera à cette espérance.

Tarik Khider

Plus d'articles de : Mémoire

Commentaires (5) | Réagir ?

avatar
rabah Benali

Bonjour et Bonne année à tous. !!

Certaines formulations et phrasologies ambigues et incomplettes de l'article, rappellent beaucoup le "vaillant patriote" organe de propagande "El Moudjahid" serie années 70.

A/ "Mohamed Khider assassiné à Madrid un certain janvier 1967".

B/ "Il s’adressera aux Etats arabes, africains et asiatiques, afin d’obtenir leur solidarité dans son combat".

C/ "Mme veuve Khider ira même jusqu’à rencontrer "Bouchlagham 1er " pour négocier la restitution des fonds du Tressor FLN.

Pour moins de confusion et plus de compréhension, il est peut être impératif de préciser aux générations serie 2014, le suivant:

A/ Mohamed Khider a éte assassiné à Madrid en 67 par la main rouge appellée à l'époque SM. Organisation criminelle aux ordres directs de "Bouchlagham 1er". Bande de malfaiteurs, qui a été à la manœuvre pour la totalité des crimes crapuleux post-libération théorique de l'Algérie. Organisation désignée à l'origine par "Malg" devenue aujourd'hui DRS en passant par le trade name SM. Elle a notamment sur la conscience les assasinats de Abane, de Krim et de tant d'autres héros authentiques. Elle y est apparemment même non totalement étrangère à la mort de Amirouche et d'El Haouass.

B/ Les arabes ou plutôt les bedouins hybrides dits "Arabes" n'ont rien fait pour Khider, ses compagnons et la cause qu'ils défendaient.

L'internationalisation initiale de la cause Algérienne a été sérieusement enclenchée garce à l'aide de l'indien Nehru, le chinois Chou en Laï et l'indonésien Sokarno lors de la conférence de Bandung en Indonésie début 55. A l'époque, les "Arabes et assimilés" d'Orient et de navarre étaient plutôt préoccupés à vendre au plus offrant, leur pétrole et les charmes de leurs femmes aux occidentauxen général et au Américains en particulier. L'Algérie combattante de Khider était le dernier de leurs soucis.

Le "Phera3oun arabisé d'Egypte" était certe présent à Bandung. Mais, il était plutôt plus préoccupé à préparer son positionnement de futur héritier ligitime de cette Algérie en lutte très prometteuse. Ligitimité que lui avait promis à l'époque déjà, un certain enculé du nom de Ben Berla. (Certainement contre quelques pulpeuses "Reghassat" bien en chaire des rives du Nil).

C/ Par ailleurs, les conditions exactes dans lesquelles, Mme veuve Khider a rencontré

l' assassin de son mari, devraient peut être, être laissées à l'appréciation des Historiens.

Ce qui est par contre sûr, c'est que Mme veuve Khider, ne pouvait "Restituer" quelque chose qu'elle n'avait pas et ne contrôlait point.

Les fonds du trésors FLN étaient bloqués par les banques Suisses pour des raisons commerciales qu'on peut imaginer lors qu'on connait la morale de ces banquiers et l'amour charnelle à l'argent.

A l'époque, "Bouchlagham 1er" était terrorisé par le fait que ces fonds pouvaient tomber entre les mains de ses ennemis mortels; oposition polique à son régime mafieux naissant. D'où assasinats crapuleux multiples et notamment celui du detendeurs de pouvoir exclusif sur ces fonds, soit Khider. (Exclusivité que lui a octroyée officiellement le GPRA dans le cadre de ses fonctions pour des raisons pratiques et de sécurité)

Mme veuve Khider a dû certainemnt se présenter "pieds et mains liés" devant "Bourourou", assassin de son mari, sous la contrainte dans le cadre de sa neutralisation en tant qu' hiritière ligitime de son mari. Les banquiers rapaces Suisses s'appuyaient à l'époque sur cet argument afin de faire Trainer les négociations et engloutir ces fameux fonds.

Fonds restitués à l'Algérie officielle dans des conditions de marchandage demeuré à ce jour une énigme.

Donc il est très hasardeur et néfaste d'omettre quelques précisions sur des sujets aussi importants. Sujet incontournables pour bien comprendre l'imposture Malghacho/Tlemcenienne d'aujourd'hui.

Rabah Benali

avatar
mohand amchtuh

Khider, Abane, Boudiaf, Krim Belkacem.... Tous liquidés par le clan de Oujda. Mais quel malheur a frappé l'Algérie pour quelle tombe aux mains de ces dinosaures, qui ne pensent pas encore lâcher du lest après plus de 50 ans d'indépendance. Quand on voit le sieur Boutef et son clan s'accrocher au pouvoir comme s'accroche un prédateur a sa proie, je dirai que ce clan est comme une malédiction qui nous hante encore et toujours. J'ai envie de dire cassez vous, le peuple on a assez de vous !!!

visualisation: 2 / 5