"Les sentiers de l’honneur" de Messaoud Oulamara

La couverture du livre.
La couverture du livre.

Les éditions Koukou, dirigées par Arezki Aït Larbi viennent de publier "Les sentiers de l'honneur". Des mémoires de Messaoud Oulamara, ancien memvre de l'ALN, arrêté par la suite pendant la guérilla du FFS contre le régime de Ben Bella Boumediene. Témoignage précieux et poignant sur la guerre d'indépendance et les années qui suivirent.

Extrait de la 4e de couverture :

— (…) Aujourd’hui que la guerre contre le colonialisme a commencé, c’est l’heure de l’honneur, il n’y a point d’autre issue que d’entrer dans la bataille. J’ai demandé à m’engager ici mais ils ne veulent pas. Je dois voir Krim Belkacem.

Les paroles de Bennay Ouali m’ont ébranlé. Je le connais, c’est un homme qui ne manque ni de courage, ni d’intelligence, ni de sens des responsabilités. J’ai compris à travers ses propos que les plaies de la «crise berbériste» sont encore à vif.

Ma réponse est sans réserve :

— Tu sais Ouali, personnellement je ne peux rien décider, mais si je rencontre quelqu’un, sache que ta demande parviendra à Krim Belkacem.

Avant de nous quitter, nous nous sommes donné rendez-vous dans deux semaines, soit le 3 novembre 1955. Hasard du calendrier, une semaine après, Krim Belkacem est venu à Mekraz dans le cadre de la préparation du 1er novembre 1955, premier anniversaire du déclenchement de la guerre d’indépendance. Je lui ai relaté ma rencontre fortuite avec Bennay Ouali. Avant la fin de mon propos, il m’a coupé :

— Sois prudent ! Ne le crois pas ! Quand tu le reverras, dis-lui de se tenir tranquille. Le jour où nous aurons besoin de lui, nous l’appellerons !

L'embarras de Bennay Ouali, comme la réaction presque accusatrice de Krim Belkacem m’ont abasourdi. Après l’affaire des collectes parallèles d’Amer At Hemmouda, je suis convaincu qu’il y avait des éléments que j’ignorais…

Bio express

Mémoires d’un militant au long court qui a traversé le mouvement national, du PPA au FFS, en passant par les maquis de l’ALN en Wilaya III (Kabylie). Responsable dans la région de Michelet (Aïn El Hammam), Messaoud Oulamara raconte les sacrifices pour l’indépendance, et entraine le lecteur dans l’intimité des luttes, et parfois des conflits internes. Comme la visite de Messali Hadj dans la région, en 1947, puis la rupture avec le zaïm. Sans occulter les questions sensibles : la «crise anti-berbère» de 1949, la bleuite, les désillusions de l’indépendance… 

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Commentaires (2) | Réagir ?

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Senatus Consult (Ath Yanni)

Même Abane Ramadane a dit aussi selon un certain Medjber que j'ai entendu le 15/11/13 sur BRTV au sujet de l'offiçialisation de Tamazight, qu'il avait donné l'ordre de tuer tous les berberistes membre du PPA qui risquerait de gêner la révolution.

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sarah sadim

Enfin des memoires qui s'impriment, car beaucoup n'ont encore rien compris. Le malheur de ce pays : Il bouffe ses propres enfants et adoptent de étrangers pour le diriger, là est toute la question, et cela bien avant Novembre 1954.